Argenton-sur-Creuse : arrêter des trains pour avoir plus d’arrêts

Vendredi, en cours d’après midi, une centaine de personnes ont arrêté un train à destination de Paris en gare d’Argenton-sur-Creuse. La raison : demander le retour d’arrêts plus réguliers dans leur commune.

Une centaine de manifestants était présent au total

Dès 15 h 45, vendredi après-midi, le hall de la gare d’Argenton-sur-Creuse était étonnamment plein. Quelques voyageurs se frayent un chemin pour aller attraper un TER encore à quai, mais ici, la grande majorité des personnes présentes viennent manifester pour demander à ce que soit rétablis des arrêts dans leur commune. Depuis plusieurs mois, ils sont engagés dans ce combat. Après avoir déjà arrêté un train quelques semaines auparavant, ils ont décidé, le samedi précédent, de passer à la vitesse supérieure et de provoquer un arrêt imprévu chaque semaine.

Le train est restée à quai une dizaine de minutes

Arrivée du train vers 16h15, avec quelques minutes de retard. Et immédiatement, après avoir été retenu quelques instants par les forces de l’ordre dans l’enceinte de la gare pour des raisons de sécurité, l’ensemble des manifestants remontent les wagons en direction de la locomotive. Ils sont une centaine et à l’aide d’un microphone, ils interpellent les voyageurs : « Des trains et des arrêts » réclame le groupe. Juste le temps de prendre une photo en tête, à peine 10 minutes, le train repart déjà et pourra probablement rattraper son retard entre Orléans et Paris. Mais le geste, symbolique, a son importance.

Quelques jours plus tôt, après avoir déposé en préfecture la liste des trains qu’ils comptent bloquer, le comité a pu, à nouveau, obtenir un rendez-vous avec François Philizot, délégué interministériel en charge des transports, pour le 21 février. Cette fois, le courrier laisse entrevoir la possibilité d’un retour du train de 22 h. Au départ de Paris à 19 h 38, il marquerait à nouveau l’arrêt dans la commune indrienne et permettrait alors à des locaux de passer une journée de travail ou autre dans la capitale.

Martine Irzenski, présidente du comité de défense, voyage très régulièrement vers Paris

Une bonne nouvelle pour l’ensemble des manifestants, mais tous restent sur leurs gardes. « C’est une première victoire, mais ça ne suffit pas, annonce Martine Irzenski, présidente du comité de défense de la gare SNCF d’Argenton-sur-Creuse. Il faut essayer d’arriver à décrocher un engagement à long terme pour ce trajet et aussi obtenir un Paris-Argenton-Paris sur une journée et un bilan sur la déserte Argenton-sur-Creuse. »

Aujourd’hui, quotidiennement quatre trains circulent entre Paris et Argenton, deux dans un sens (A-P : 6 h 59 et 9 h 58) et deux dans l’autre (P-A : 12 h 37 et 17 h 37). Ce que demandent précisément les manifestants : deux trains supplémentaires quotidiennement dans chaque sens. Il s’agirait d’avoir, à destination de Paris, un arrêt aux alentours de 6 h et un entre 19 h et 18 h, et à destination de la province, un le matin entre 8 h et 10 h et le second vers 19 h (demande en passe d’être satisfaite). L’ensemble de ces trains circulent aujourd’hui déjà sur la ligne POLT, mais ne marque pas l’arrêt dans la commune. Le comité met en avant la gêne dérisoire selon eux, à peine quelques minutes supplémentaires sur le trajet complet, pour leur apporter un vrai service public. A cela, la SNCF répond qu’elle ne peut trop s’engager auprès d’une commune au risque d’avoir des demandes similaires de toutes les villes de taille moyenne et de ne pouvoir toutes les satisfaire. Mais le combat des Argentonnais ne s’arrête pas là et ils ont désormais l’œil sur les horaires des lignes TER, trains financés par la région, pour une meilleure déserte à destination de Limoges. Le bras de fer risque de durer encore quelques temps et les trains continueront d’être arrêtés en gare d’Argenton.

Morgane Thimel

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