Au CCC OD de Tours: Alicja Kwade et le labyrinthe de l’espace-temps

 

 


Après le « Cactus Painting », aka le tableau de cactus, c’est une exposition d’un tout autre genre qui est proposée dans la Nef du CCC OD (le Centre de Création Contemporaine Olivier Debré) en cette année 2019. Moins piquante, mais tout aussi monumentale, « The resting thought », l’exposition de l’artiste polonaise Alicja Kwade, glorifie l’espace de la Nef, la pièce où elle prend corps, autant qu’elle bouscule la représentation de son espace et donc nos repères…

L’espace et le temps, voici deux notions simples et complexes de la vie qu’explore Alicja Kwade à travers ses oeuvres. L’artiste polonaise, à la réputation montante à l’international, en dresse une nouvelle perception au CCC OD.

Avec « The resting thought », Alicja Kwade propose ainsi un parcours sous forme de labyrinthe, une invitation à prendre son temps et de se perdre dans l’espace. « La pensée au repos », le nom de l’exposition en français, nécessite en effet de « marquer un temps d’arrêt » pour reprendre les propos de l’artiste, afin d’en apprécier pleinement ses éléments.

Si au premier regard, c’est l’architecture en elle-même qui interpelle, avec cette Nef dont les dimensions sont pleinement exploitées, il faut prendre le temps de passer quelques minutes entre les éléments installés pour comprendre la complexité de l’œuvre.

Les repères spatiaux ne sont plus évidents

Dans cette exposition qui reprend des éléments de plusieurs expositions précédentes de l’artiste, les parois du labyrinthe qui font échos aux baies vitrées du bâtiment, sont parfois creuses, parfois vitrées, parfois des miroirs… de quoi perturber les sens et les repères par un subtil jeu de placement d’objets qui vient troubler un peu plus l’esprit… Ce tronc est-il double ou est-ce son reflet à travers la paroi ?

Au bout de quelques minutes les repères spatiaux ne sont plus si évidents que cela, tandis qu’au dessus de nos têtes tourne un grand pendule constitué d’une horloge, symbole du temps qui passe avec ce tic tac qui résonne dans la pièce et d’une pierre, symbole de la matière… Car au-delà de l’espace et du temps, Alicja Kwade ajoute une troisième notion à son exposition, celle de la matière, brut forcément, faite de béton, de bois, de verre ou de bronze. Constituée de torsions naturelles ou travaillées par la main de l’artiste. Des torsions des matières qui amènent à une distorsion des sens dans ce jeu d’interprétation et de perturbation grandeur nature.

« The resting thought » d’Alicja Kwade, à voir jusqu’au 1er septembre au CCC OD.

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