Grand débat : fiscalité et vivre ensemble à Saint Jean de la Ruelle

Dans le cadre du grand débat national, les habitants de St Jean de la Ruelle étaient invités à faire des propositions ce samedi 9 janvier à l’auditorium de la Maison de la musique. Deux heures de débats contrastés, dans la sérénité, mais sans révéler de proposition majeure.

En ce samedi matin, après avoir annoté, ou pas, le cahier de doléances installé à l’entrée de l’auditorium de la Maison de la Musique, quelques dizaines de stéoruellans se retrouvaient autour du modérateur mandaté par la préfecture pour participer au grand débat national, commencé voilà quelques semaines. L’annonce avait été faite notamment dans le bulletin municipal, et la salle était presque pleine pour ces échanges informels, destinés à contribuer à faire évoluer la politique nationale. Quatre thèmes étaient fixés (Fiscalité, service public, environnement, démocratie) mais sans un format rigide pour cette réunion, le modérateur laissant la parole à tous sans schéma déterminé, à charge à la personne mandatée pour retranscrire les propos bruts de tout remettre dans l’ordre ensuite.

Un constat s’imposait d’entrée de jeu, l’écrasante majorité des participants avaient plus de 50 ans, à l’exception de quelques quarantenaires, et de deux trentenaires… Et la réunion qui était sensées servir à collecter des propositions de réforme servit surtout, ce qui n’est pas critiquable pour autant, à additionner les protestations contre des usages ou services existants plutôt qu’à suggérer des réformes précises et argumenter. On était plus dans le « Ce n’est pas normal qu’il y ait ceci » plutôt que dans le « Ce serait bien qu’il y ait ».

Ainsi, si un consensus semblait se dégager pour la prise en compte des votes blancs dans les scrutins électoraux, comme pour une réforme de la fiscalité, les divergences apparaissaient vite dans les formules pour modifier cette dernière. Faire payer tout le monde ? Rétablir l’ISF ? Créer un impôt unique, et supprimer toutes les taxes ? Chacun avait sa formule, souvent basée sur sa propre situation et les inconvénients constatés.

Mieux vivre, et moins taxés

Au gré des interventions, on pouvait aussi entendre une volonté de remise en cause du fonctionnement de la Sécurité sociale « qui ne devrait plus rembourser les maladies générées par des erreurs personnelles, tel le cancer des fumeurs », un souhait de supprimer le Conseil économique social et environnemental (CESE), « aux conclusions inutiles car jamais appliquées », voire une remise en cause des politiques et des fonctionnaires « qui ne créent pas de richesse, mais dépensent celle des autres ».

Cette vision du monde souvent radicale pour certains était toutefois compensée par d’autres interventions mettant en lumière que « la France n’est pas un pays riche » et soulignant « que jamais une personne ne vaut mille fois plus qu’une autre », pour mettre en lumière des disparités de revenus qui concernent aussi les sportifs. « Il faut rendre l’évasion fiscale illégale », demandaient certains, tandis que d’autres remettaient cause l’efficacité de la cour des comptes, « dont les avis ne sont jamais suivis ». Et certaines surent mettre le doigt sur un domaine souvent absent de ce genre de débats, la situation du monde carcéral, ou celui de l’accueil des personnes âgées dans les Ehpad.

En ce qui concerne la transition écologique, si tout le monde se mettait d’accord pour noter son importance, d’autres se demandaient « pourquoi faudrait-il que la France soit la première à commencer, si les autres pays ne suivent pas ».

Une autre suggestion était faite, déjà entendue dans d’autres réunions de ce type, était celle de l’éducation à la citoyenneté, pour apprendre à mieux vivre ensemble. Et chacun s’accordait à dire que « des réunions comme cela, il en faudrait plus souvent, cela permet de confronter les idées ». Des propos bien notés par les élus locaux présents dans la salle, épargnés d’entrée de jeu par les participants comme de mauvais politiques. Personne n’évoqua, sinon très brièvement, les revendications majeures des gilets jaunes, le vote à la proportionnelle et les référendums. Mais toute la salle était unanime à attendre avec impatience le résultat de ce Grand débat, avec plus ou moins de conviction sur sa finalité.

Jean-Luc Bouland.

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