Deux ans de prison fermes pour un chauffard responsable d’un carambolage sur l’A.10 à Ingré (Loiret) en 2015

Le Tribunal de grande instance d’Orléans a vu ses bancs se remplir ce mardi 12 février pour le procès très attendu de Abdessamad El Yousfi, conducteur présumé du véhicule qui a causé un gigantesque carambolage le 22 novembre 2015 à la bifurcation entre l’A10 et l’A71 à Ingré. L’accident avait fait un mort et au moins 5 blessés graves. Abdessamad El Yousfi, qui était sous contrôle judiciaire et avait interdiction de conduire au moment des faits est accusé d’homicide involontaire avec au moins deux circonstances aggravantes ainsi que des blessures involontaires.

Vue aérienne de la bifurcation entre l’A10 et l’A71 à Ingré

Les faits se sont déroulés le dimanche 22 novembre 2015 en fin d’après-midi sur l’autoroute A10 au niveau de la bifurcation avec l’A71 à Ingré. L’endroit, particulièrement dangereux, a été le théâtre d’un énorme accident impliquant 5 véhicules. L’accusé aurait fait une queue de poisson à un véhicule avec à son bord un père et ses deux fils afin de rejoindre l’A71 au dernier moment. Cette manœuvre brusque a surpris le conducteur doublé qui a perdu le contrôle de son véhicule et est parti en tête à queue provoquant plusieurs chocs entre les différents véhicules. Plusieurs sur-accidents survenus dans les minutes qui ont suivies n’ont fait qu’ajouter à l’ampleur du carambolage qui a coûté la vie à Stéphane Ducombs. Abdessamad El Yousfi, dont le véhicule n’a pas été touché dans l’accident, a pris la fuite malgré une course poursuite entreprise par des témoins du carambolage.

Abdessamad El Yousfi affirme n’avoir aucun souvenir de l’accident

Tribunal de Grande Instance d’Orléans

Abdessamad El Yousfi apparaît comme le coupable “idéal”. Déjà condamné à 3 ans de prison pour trafic de stupéfiants en 2005 et pour excès de vitesse, il était également sous contrôle judiciaire au moment des faits et avait interdiction formelle de conduire. À la barre il confesse utiliser la voiture de son frère occasionnellement en cas d’urgence et explique qu’il devait se déplacer afin de se rendre chez un fournisseur dans le cadre de son travail ce fameux dimanche. Néanmoins, l’accusé affirme à la barre n’avoir aucun souvenir d’un accident et ne peut attester qu’il était le conducteur du véhicule mis en cause ce jour là. Malgré de nombreuses preuves incriminantes telles que la géolocalisation de son téléphone portable au péage situé avant le lieux de l’accident ainsi que le fait que son frère, titulaire de la carte grise du véhicule, a un alibi et qu’il ne peut de toute façon pas conduire de voiture en raison d’un problème au pied, 

Sensibiliser le condamné aux dangers de la route

Le plaidoyer de l’avocat des parties civiles s’appuie sur des écoutes téléphoniques où Abdessamad El Yousfi sous entend se rappeler l’accident et dit à un ami que « c’est une longue histoire je te raconterai peut-être un jour » afin d’affirmer qu’il n’y a pas de doutes à avoir quant à l’identité du chauffard. Parallèlement, la défense évoque la subjectivité des preuves incriminant l’accusé. Après un long délibéré, Abdessamad est déclaré coupable et est condamné à 3 ans de prison dont 2 ans ferme et 1 an avec sursis, ainsi que 2 ans de mise à l’épreuve et la suppression de son permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant 3 ans. Un jugement qui semble convenir à la famille de la victime dont la priorité était que l’accusé soit sensibilisé aux dangers de la route au cours de sa détention.

ZF

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