Parents 1 et 2 : quelle histoire !

Suis-je parent 1 ou 2 ? Que vont choisir mes enfants ? Ils vont avoir du mal à se décider. Quel cas de conscience pour eux ! Sur proposition de la députée LREM du Nord Valérie Petit, dans le cadre de la loi « pour une école de confiance » les députés ont adopté ce mardi un amendement consacrant l’homoparentalité dans les formulaires scolaires. Ceux-ci devront porter les mentions « parent 1 et parent 2 » et non plus « père et mère ». Un changement administratif qui renvoie chacun à sa conception de la société. 

Cet amendement adopté contre l’avis du gouvernement et de la rapporteuse du texte examiné, Anne-Christine Lang lesquels estimaient  que ce changement ne relevait pas du domaine législatif  fait depuis vivement réagir les associations de parents d’élèves et les mouvements conservateurs.

L’évolution des situations familiales prise en compte

Le texte « vise à ancrer dans la législation la diversité familiale des enfants dans les formulaires administratifs soumis à l’école », a justifié  Valérie Petit. Un argument que reprend la FCPE, première fédération de parents d’élèves, elle se félicite du vote des députés. « C’est une très bonne chose, ça tient compte de l’évolution des situations familiales », a déclaré Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE. « Ça rentre en résonance avec la loi votée sur la lutte contre le harcèlement, car souvent les situations de harcèlement d’enfants visent des enfants ne rentrant pas dans les cases », a-t-il ajouté.

L’Association des familles homoparentales (AFDH) est plus réservée. « Dans un premier temps, on a salué l’amendement parce que, techniquement, ça permet à nos familles de pouvoir être incluses dans des formulaires qui jusque-là ne le permettaient pas », a déclaré Alexandre Urwicz, président de l’AFDH avant de craindre que cette formulation ne crée « une hiérarchie parentale. Qui est le parent numéro 1 et qui est le parent numéro 2 ? » Finalement, il s’est prononcé pour des formulaires « inclusifs » avec des cases à cocher : « père », « mère », « représentant légal ».

Les mouvements conservateurs vent debout

Les associations conservatrices sont, pour leur part vent debout. Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous qualifie ce texte d’« absolument déshumanisant. Les enfants ont besoin de repères. Aujourd’hui, on pleure l’absence de repères et, typiquement, cet amendement va dans ce sens de repères fondamentaux qu’on fait disparaître », déplore-t-elle.

Tugdual Derville, directeur d’Alliance Vita, association anti-avortement et anti mariage pour tous, a même appelé à la « désobéissance civile. Voilà qu’on vole aux familles et aux enfants deux mots précieux de la langue française, père et mère, qui sont surtout deux précieux repères pour l’immense majorité de nos concitoyens. Nous inviterons, le moment venu, les parents à refuser de s’inscrire dans des cases qui prétendent effacer leur identité dans l’indifférenciation sexuelle », a-t-il fulminé dans un communiqué.

Vers un choix multiple

Les psychanalystes ne sont guère plus enthousiastes. Ils voient dans cette démarche le début d’un processus qui vise à neutraliser la différence des sexes. Or celle-ci est importante pour un enfant, le petit garçon a besoin de nommer son appartenance à la masculinité et la petite-fille la sienne à la féminité. Certains vont même jusqu’à dire que la négation des genres au nom de l’égalitarisme finira par déconstruire notre société. Alors pourquoi ne pas laisser la place à un choix multiple. Proposer « parents » mot sous lequel chacun écrira ce qui convient à sa situation ?

Françoise Cariès.

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