Tourisme : les HistoPad racontent la vie des châteaux

Après Chambord et en attendant Chinon, Amboise et Loches invitent les touristes à découvrir la vie de château autrement. Munis de tablettes nommées HistoPad, ceux-ci peuvent visiter ces lieux emblématiques de notre région en appréciant le réel tout en se projetant dans le passé. Bluffant.

« Nous avions déjà ces tablettes depuis trois ans pour notre seul usage. Désormais, le public pourra mieux nous suivre dans la visite qu’avec nos précédents albums de photo. Même si notre version est plus complète », explique notre guide, au tout début de notre visite à Amboise, avec un sourire entendu. Certes, au premier regard, cela peut sembler étrange de voir tout un groupe de touristes se promener d’une pièce à l’autre, de couloir en couloir, monter ou descendre les escaliers le nez collé sur une tablette. Aurait-on voulu ainsi les priver de leur téléphone mobile ? Ou leur retirer toute empathie avec le lieu ? Que nenni, bien au contraire. Et il semble que le président Emmanuel Macron lui-même, lors de sa visite à Chambord, ne s’y soit pas trompé.

« Cela remplace avantageusement l’audiophone. Et apporte un plus indéniable pour la compréhension du lieu, de son histoire, et de la vie ses précédents occupants, voilà quelques centaines d’année ». Certes. Arrêtons de nous référer à notre propre culture, qui a déjà intégré, en partie, le mode de vie du Moyen-Age, pour Loches, ou de la Renaissance, pour Amboise, et pensons aux futurs visiteurs aux cultures différentes. Comment leur faire matérialiser nos modes de vie d’antan ? Ces HistoPads, s’appuyant sur la technologie 3D, semblent effectivement des outils attractifs, en constante évolution, mêlant précisions historiques et fonctionnement ludique, pour s’adapter à tout public.

Pointer l’histoire d’un doigt

Allez, on  y va. Accompagné ou non d’un guide, seul ou en groupe, notre HistoPad autour du cou, nous nous laissons guider, selon un trajet précis, suivant les indications de l’écran. Première pièce. Ne pas oublier de présenter notre écran devant la table située à l’entrée, pour activer la tablette. On peut être trois en même temps. Pas de précipitation. Surprise.

D’un seul clic, alors que les murs de pierre du château de Loches nous semblent bien austères, l’image sur l’écran est beaucoup plus riche, plus meublée, minutieusement reconstituée. Cela se nomme « la réalité augmentée », soyons précis, et toujours pour des plans à 360°. Et il en sera ainsi pour tout le circuit du site, intérieur comme extérieur. Imaginez-donc. Dans cette cour verdoyante, au milieu des murs de pierre, se déroulait voilà quelques siècles une bataille mémorable. Que vous pouvez découvrir sur votre écran. « Il nous a fallut beaucoup de recherche pour reconstituer cette scène. Et la refaire plusieurs fois, par exemple pour un simple détail vestimentaire, relevé par notre conseil d’experts ». Ainsi en était-il de la croix des chevaliers, qui n’apparut que quelques dizaines d’année après la bataille reproduite. « 10 vues immersives sont développées au Donjon de Loches », précise le guide. Actuellement, l’HistoPad y est proposé en 6 langues (Français, anglais, espagnol, italien, allemand et néerlandais), et son usage est inclus dans le prix d’entrée.

À Amboise, où le château est fier de se déclarer « plus beau panorama du Val de Loire », grâce à son balcon exceptionnel, l’Histopad est en place depuis le 1er février, et son logiciel intégré plus élaboré que celui de Loches, à la mesure du lieu et de son potentiel touristique. Lui aussi compris dans le prix, il est déjà disponible en 12 langues. On ne célèbre pas pour rien cette année les 500 ans de la Renaissance et du décès de Léonard de Vinci. Car c’est ici qu’il vécut longtemps, et qu’il a son tombeau. Les touristes y sont attendus nombreux. Il faut que l’outil fourni soit à la hauteur des attentes. Et c’est le cas. D’une pièce à l’autre, de couloirs en galeries, de chambres en pièces de service, l’HistoPad nous fait reculer dans le temps, nous montrant toujours ce qu’il y avait précédemment dans ces pièces, mais nous racontent aussi l’histoire des personnages peints sur les tableaux. Et si, vous pointez bien, si vous appuyez savamment , en touchant l’écran, sur le petit rond rouge qui apparait sur une fenêtre de la pièce, vous pourrez même découvrir ce qu’il y avait derrière… voilà 500 ans. Un banquet, par exemple, ou une vue sur la Loire très différente de celle actuelle.

Une technique évolutive

« Au fil du temps, et des usages, ces tablettes seront enrichies, quand nos recherches permanentes nous apporterons des certitudes sur d’autres mobiliers, d’autres histoires que nous pourrons intégrer », précisent les créateurs et développeurs du concept au sein de la société Histovery, en présence, ce jour-là, de Jean-Gérard Paumier, Président du conseil départemental d’Indre et Loire et de Pierre-Alain Roiron, président du Conseil régional du Tourisme, très impliqués dans le développement de cette technologie apte à favoriser l’intérêt touristique. Cette évolution se fera aussi, bien entendu, avec les retours des touristes, premiers destinataires de cet outil, parfois très ludique. A Loches comme à Amboise, en fin de parcours, on est invité à répondre sur le pad à quelques questions et à donner notre avis sur la visite. Et même à se faire un « selfie » en choisissant un des personnages intégrés dans la tablette (prisonnier, chevalier, courtisan, etc). Promesse nous est donnée que nous recevrons la photo dans notre boite mail…si nous laissons notre adresse. Quelle image ont choisi les élus présents ? Mystère. Cela ne regarde qu’eux, après tout.

Mais, gageons que toutes les images et connaissances acquises par les visiteurs méritaient bien un petit souvenir très enfantin. D’autant que c’est réellement un outil destiné aux familles…

Jean-Luc Bouland.

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