Saisissante humanité avec le sculpteur Marc Petit à Orléans

Né le 27 juin 1961 à Saint-Céré  dans le Lot, le sculpteur Marc Petit, l’un des plus grands sculpteurs de ce temps, vit et travaille aujourd’hui à Bosnie-l’Aiguille en Hautre Vienne et Le Musée Marc Petit a ouvert ses portes en 2008 dans les murs du Lazaret Ollandini,  à Ajaccio. Cet artiste ne devrait pas tarder à créer l’événement à Orléans puisque du 11 au 26 mai prochains il sera, à l’invitation de Benoit Gayet, l’invité d’honneur du Salon des Artistes Orléanais en la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier. Un bel événement en cachant un autre, une exposition d’œuvres monumentales de cet artiste se tiendra par ailleurs du 4 juillet au 25 août prochains au Campo Santo.

Collection particulière Marc Petit

“Et parfois oui, la matière pleure”

De trés belles lignes de  Claudie Gallay publiées dans “Le Chemin se fait en marchant”, aux éditions de l’Abbaye d’Auberive en 2013, évoquent avec  une prenante justesse l’intensité de l’œuvre de Marc Petit: Ses sculptures parlent de tout ce que le temps fait au corps, cette façon qu’il a de le tordre, de le courber, de l’appauvrir. Il faut voir les sculptures de Marc Petit, il faut les toucher car elles nous parlent de nous, de nos blessures, celles qui se voient et toutes les autres, elles parlent de la tendresse et de la douceur. Et parfois, oui, la matière pleure. »

Joint par téléphone, Marc Petit parle volontiers de sa décision de devenir sculpteur, suite à une révélation, celle d’avoir tout simplement à l’âge de quatorze ans gratté un petit caillou ramassé en chemin. Vocation faisant, ses études, il les interrompt en classe de Seconde  pour aller suivre un stage de sculpture, “apprendre les outils”. René Fournier va dès lors lui apprendre les bases du modelage, lui transmettre l’enseignement de Marcel Gimond. Une autre rencontre sera déterminante, celle de Jean Lorquin, Grand Prix de Rome. “On a sympathisé, il a accepté de me corriger, tout ce que je fais aujourd’hui, je le lui dois encore” affirme Mac Petit .

“La beauté de la vie, ce n’est pas le joli de la vie”

Le Clown Collection particulière Marc Petit

Marc Petit, encore: “Ce qui m’anime, c’est une véritable recherche de la vie mais la beauté de la vie ce n’est pas le joli de la vie. Si l’on veut atteindre l’espoir de la beauté il ne faut surtout pas s’aventurer dans le joli. En réalité, je ne suis pas inspiré et je ne comprends rien à la sculpture. Il y a surtout à gagner, tout l’intérêt réside dans cette sculpture que je ferai demain et qui sera mon problème. Oui, ce qui m’anime est la curiosité, la recherche de la beauté et de la forme. Dans une oeuvre, il faut par exemple que le genou dise la sculpture entière. C’est par hasard que je varie les formes allant de dix centimètres à quatre mètres de haut. Chacune me pose question, et au petit format il faut trouver de la grandeur. Chaque fois que je me retrouve dans l’inconnu, comme dans ce Campo Santo que j’ai visité il y a six mois, cela me permet d’avancer dans mon travail. Il y a une problématique à mesurer, il y a toujours de l’énergie à offrir, avec le temps je sais que toute contrainte apporte des solutions.”

Emplies d’âme,  les œuvres de Marc Petit, ces être saisissants, ces présences qui nous ressemblent dans nos questions, nos effrois, nos souffrances, nos espérances où nos compassions sont une leçon d’humanité. Regardons bien ces passants qui nous contemplent où s’élancent vers nous avec la confiance généreuse ou meurtrie de l’élan. Au bout d’un tout petit temps, une fois remis de la rencontre,  nous vient alors l’envie de poser la tête sur l’épaule de ces autres, si semblables,  pour qu’ils ne soient plus si seuls.

Jean-Dominique Burtin.

En savoir plus: www.marc.petit-com

La Famille Collection particulière Marc Petit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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