“Germaine Tillion et l’Algérie”, une exposition et des rencontres à Orléans

Nouvel événement proposé par Magcentre et l’ASLA (Association de Solidarité Loiret-Algérie) en ce mois de mars, la présentation à la médiathèque d’Orléans de l’exposition de photos de Germaine Tillion réunies par Christian Phéline et l’association Germaine Tillion sera l’occasion de découvrir un aspect moins connu de la vie de cette personnalité de la Résistance. Entrée au Panthéon en 2015, Germaine Tillion, disparue il y a juste dix ans, n’a cessé d’entretenir tout au long de sa vie des liens étroits avec l’Algérie.

Germaine Tillion à l’entrée d’un grotte Aurès 1935 © Association Germaine Tillion

En 1935, à 28 ans, ethnologue de formation, Germaine Tillion part en mission dans les Aurès. Elle apprend le berbère, parcourt à cheval cette région et rapporte de ces missions des objets, documents et photos qui vont nourrir ses études ethnographiques. Ses premières publications sont saluées par Marcel Mauss et Louis Massignon , et constituaient les travaux préparatoires d’une thèse dont le manuscrit a été perdu pendant sa captivité à Ravensbrück, camp où elle fut déportée, comme résistante, par les nazis en 1942.

Germaine Tillion avait conservé quelques 1500 négatifs de photos, qui n’ont commencé à être connus que par un ouvrage paru à la fin de sa vie en 2001. En 2018 une très importante exposition de ses photos (et de celles de Thérèse Rivière qui faisait partie de la même mission) a été présentée à Montpellier. Ces photos présentent un visage remarquable des Aurès de 1935 à 1939.

Aurès 1935 © Association Germaine Tillion

En présentant à Orléans une sélection des photos de Germaine Tillion, c’est aussi le rôle de passeur entre les deux rives de la Méditerranée qu’elle a pu avoir tout au long de sa vie qui est mis en lumière.

Germaine Tillion a contribué à donner un nouvel élan à la connaissance de la littérature orale arabo-berbère, attachée à la bonne connaissance des cultures et au respect des droits humains, comme à ceux de la femme. Germaine Tillion est aussi à l’origine dans les années cinquante, de la création des Centres Sociaux en Algérie pour aider les plus démunis.

En plus de la dénonciation de la torture , elle a, par son engagement, contribué à sauver de nombreuses vies de la peine capitale.

Gérard Poitou

>L’exposition photos

L’exposition réunissant trente six tirages se déroulera du 1° mars 2019 au 29 mars dans la salle d’exposition de la Médiathèque d’Orléans place Gambetta

-2 visites guidées: le 2 mars à 11h (Christian Phéline)

-le 21 mars à 15h (Marie Rameau,responsable de l’exposition à l’Association Germaine Tillion).

Des visites scolaires pourront également être programmées avec la Médiathèque

>Les trois conférences-rencontres :

A l’auditorium Marcel Reggui:

-samedi 2 mars à 15h : présentation des photos par Christian Phéline,Commissaire de l’exposition de Montpellier.

-jeudi 21 mars à 18 h, avec Tassadit Yacine,spécialiste de littérature berbère: la contribution de Germaine Tillion à la connaissance du monde arabo-berbère algérien.

A la salle Dupanloup :

-Une Table Ronde est prévue le jeudi 14 Mars à 18h au Centre de Recherche Universitaire, rue Dupanloup, autour de l’implication politique de Germaine Tillion dans le conflit algérien.

Cette table ronde d’historiens abordera l’action culturelle et politique de Germaine Tillion en faveur de l’Algérie (son rôle au cabinet du Gouverneur Général de l’Algérie, la création des Centres Sociaux, sa rencontre avec Ali la Pointe, ses missions d’enquête contre la torture, ses recours en grâce…)

Un événement soutenu par la ville d’Orléans et la Région Centre Val de Loire

 

Originally posted 2019-02-25 15:48:53. Republished by Blog Post Promoter

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