Murray Head, une grande voix à cœur ouvert

Auteur compositeur interprète, musicien et acteur britannique dont le parcours magnifiquement singulier,  personnel et mené sans interruption , va de l’album “Nugel Lived” (1972) à “My back pages” (2012),  Murray Head est né à Londres le 5 mars 1946.  C’est donc trois jours après son anniversaire que l’auteur du célèbre “Say it Ain’t so Joe”, le compositeurs de musiques de films dont celui de Molinaro “Pour cent briques t’as plus rien”, l’acteur de cinéma et l’interprète de comédies musicales, l’auteur comme l’interprète de titres inoubliables tels que One night in Bangok, Los Angeles , Comme des enfants qui, Mademoiselle  Never even thought,  se produira le 8 mars en concert à l’espace Madeleine Sologne de La Ferté Saint-Aubin. 
 
Place  à un musicien qui conjugue la ballade,  le feu de  la romance, la générosité et la révolte, avec une voie filée sertie de délicates et cristallines mélodies . Elles sont pétries de mélancolie, d’énergie et d’une intensité charmantes et désarmantes. Tout fleure ici la Grande Bretagne, la Californie, l’Irlande, la France pour une fragrance musicale des plus rares à la fois sonore, chantante et intimiste. Belle première partie par ailleurs avec Manu Lorcat.
 

“Le concert live est un bastion de tactilité”

Sur scène  Murray Head sera entouré d’un combo de musiciens complices et triés sur le volet, à savoir Phil Palmer (guitare), Geoffrey Richardson (multi instrumentiste), Jennifer Maidman (basse et clavier), Harry Fausing Smith (sax et violon), Ally MCDougal (batterie).
En première partie de concert se produira Manu Lorcat, auteur compositeur interprète qui, il y a un peu plus d’un an enflammait la salle de La Ferté Saint-Aubin avec du rock’n roll pur et d’une tendresse rugueuse et généreuse à souhait pour fêter la sortie de son album “Décollement de routine”. Cet artiste, qui a  du reste rencontré il y a peu Murray Head,  devrait interpréter avec lui lors de ce concert une chanson à deux voix.
 
Joint ce mardi par téléphone, Murray Head parle volontiers et avec une festive humilité de sa manière de vivre ses concerts: “Ce qui est le plus important est de se livrer. Le concert est une vraie rencontre avec des personnes pour qui j’éprouve un grand respect,   parce qu’ils ont fait l’effort de venir.  Le “live”  est le dernier bastion de tactilité  qui nous reste et c’est une chance de promouvoir la spontanéité. Je suis en fait un hybride, parle français, anglais, et j’ai en vie de prendre la parole entre les titres.
La France est un pays littéraire et je tiens à expliquer aux gens mon l’émotion, à les aider  à visualiser la chanson, la mélodie et j’aime qu’ils sortent de la salle avec la banane. A la fin du concert,  lorsque certains viennent me voir, j’apprends  encore des choses. Quelqu’un m’a dit un jour qu’il avait passé des moments très durs mais que grâce à mes chansons il avait tenu… On ne peut pas plus espérer de la vie que d’avoir pu aider quelqu’un à franchir le pire, c’est le plus beau compliment et je ne peux l’oublier. Tout cela me force à continuer jusqu’à la mort.”

“Pour un échange et un dialogue perpétuel”

Pudique et modeste, Murray Head n’aime pas revenir sur une  belle carrière ininterrompue mais tient à préciser diverses choses qui lui tiennent à cœur: “On a jamais pensé à l’argent, on voulait apporter des réflexions sur le monde et surtout qu’il n’y ait pas de barrière avec le public. Il s’agissait de protest songs et si, une fois encore, quelqu’un venait me dire que dans une chanson j’avais expliqué tout ce qu’il avait vécu et qu’il s’agissait  ainsi d’une vérité partagée, je ne pouvais qu’être radieux.”
Quant aux musiciens qui l’accompagnent ? Ils sont tous plus grands que moi. Avec la bassiste nous avons joué à Montréal avec Boy George et ce  fut pour moi une belle rencontre. Quant au batteur il est incroyable,  et le public est debout après un solo de lui.  Depuis quarante-cinq ou trente ans nous jouons ensemble parce que je ne suis pas tout à fait comme les autres et que je fais partie d’eux. Il ne s’agit pas pour moi de m’imposer, ils connaissent les accords et c’est tout.
Entre nous, c’est un dialogue, un échange perpétuel guidé par le public et le lieu. Même la ville est sa vie que je tiens à découvrir avant le concert sont l’un des ingrédients de ce que l’on fait le soir. Ce qui est important c’est la liberté, que le lien ne se rompe pas entre le public et nous. Avant tout, il faut que l’énergie sauvage et commune monte sur scène”.
 
Jean-Dominique Burtin
Vendredi 8 mars, 20 heures,
Espace Madeleine Sologne, La Ferté Saint-Aubin.

Places: 30 euros. Réservations: www.ontheroadagain.eu et réseau Auchan, Leclerc, Cultura et Cora.

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