Les niveaux de glyphosate bientôt testés chez des Indriens

Dans la foulée de la campagne nationale, un collectif indrien organise un test, à grande échelle, du taux de glyphosate dans les urines. Les prélèvements des volontaires auront lieu le 10 avril.

Les membres du collectif Campagne Glypho 36

40 Indriens s’apprêtent à uriner dans un gobelet pour la bonne cause, et tout ceux qui sont prêts à en faire autant sont invités à se rapprocher du collectif Campagne glyphosate 36, constitué des associations Vigilance OGM 36, Indre Nature, Bihanat, Neuvy Ecobio, le GDAB 36 (groupement d’agriculteurs biologiques) et le syndicat Confédération paysanne 36.

Depuis quelques semaines, grâce à l’investissement de ces bénévoles, l’Indre a rejoint la liste des départements où des citoyens ont décidé de suivre l’initiative d’Ariégeois débuté en 2017. A Foix, un groupe de faucheurs volontaires, alors poursuivi en justice, avait décidé de verser à son dossier de défense une série d’analyse prouvant que chacun, malgré des modes de vie très variés, disposait de quantité de glyphosate dans ses urines. Il en appelait à une décision de la cour de justice européenne pour statuer sur le préjudice subi. Face à ses éléments, les juges avaient décidé de faire remonter ces pièces au Luxembourg, assortis d’une série de questions préjudicielles qu’ils souhaitaient posées à la cour. L’audience est planifiée pour la mi-mars et le verdict des juges européens est attendu pour l’automne. En parallèle, ce travail de dénonciation se poursuit et se décline désormais dans une cinquantaine d’autres départements, tous souhaitant participer à une initiative citoyenne importante et dénoncer un manque de transparence et de prise de conscience des pouvoirs publiques.

Echantillon au petit matin, à jeun

Dans l’Indre, une quarantaine de personnes a, pour le moment, donc accepté de suivre l’initiative portée par le collectif et de participer au prélèvement prévu les 10 et/ou 11 avril, à l’Odakim, commune du Poinçonnet, au petit matin. En effet, l’analyse doit être faite à partir des premières urines au réveil, après une nuit complète à jeun (sans manger, ni boire, mais aussi fumer) et surtout la procédure doit être réalisée devant huissier pour que la provenance des échantillons, puis leur analyse et les résultats soient inattaquables. En complément, chaque volontaire devra remplir un questionnaire sur son mode de vie.

Hommes et femmes, actifs, jeunes ou retraites, ces volontaires viennent de partout dans le département, des villes ou des zones rurales. « Il est important de noter que chacun accepte de financer lui-même son analyse, soit 85 euros, précise Agnès Renauldon, co-présidente de l’association Vigilance OGM 36. Pour accompagner notre opération, et notamment prendre en charge de potentiels frais de justice et les huissiers, une cagnotte participative sur Internet a été mise en place. A l’issu de ces analyses, la grande majorité des personnes envisagent déjà de porter plainte s’il s’avère qu’elles présentent des taux élevés de glyphosate. » Les plaintes de toute la France devraient être toutes centralisées à Paris pour faire l’objet d’une procédure commune. « On ne souhaite pas porter plainte contre les utilisateurs, les agriculteurs qui sont eux-mêmes des victimes de ce système, mais contre les organismes de certification et d’homologation, les politiques qui ont accepté l’utilisation et bien sûr les firmes productrices du produit. » En France, déjà 300 personnes ont fait cette analyse et plus de 80 % d’entres elles ont porté plainte à la vue des résultats. Des chiffres plus alarmant que ceux qu’ont pu donné des études conduites il y a une dizaine d’années. Désormais, ces militants craignent que de nouveaux modes de consommation involontaire de glyphosate soient apparus. « On s’inquiète de l’eau ou des produits transformés. Tous contiennent, par exemple, de la lécithine de soja qui empêche que l’eau et les graisses se séparent. Et, en grande majorité, la lécithine provient du soja américain qui est lui directement traité au glyphosate… » dénonce Nicolas Calame, porte-parole de la Confédération paysanne.

Dans l’Indre, la date limite des inscriptions pour participer à ce vaste test est fixée au 4 mars. Une première réunion d’information aura lieu le 11 mars.

Morgane Thimel.

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