Grand débat national du Parti Socialiste: des ateliers pour recueillir la parole des Orléanais

À l’image des 92 communes, associations ou partis qui ont déjà, ou vont, participer au grand débat national en région Centre, le Parti socialiste a organisé sa réunion locale citoyenne le lundi 4 mars à Orléans. Contrairement aux débats classiques, le parti socialiste avait opté pour une organisation sous forme d’ateliers pour chaque thématique : démocratie et citoyenneté, fiscalité et dépenses publiques, transition écologique et organisation de l’État et des services publics. La rencontre était ouverte à tous, adhérents au parti ou non, et avait pour vocation de laisser la parole aux citoyens si bien qu’aucun élu présent au débat n’a animé d’ateliers ni exprimé son opinion excepté Bertrand Hauchecorne, maire de Mareau-aux-Prés.

Le débat était organisé en quatre ateliers portant chacun sur une thématique définie par le gouvernement

Les grands débats nationaux semblent se multiplier et faire toujours remonter les mêmes idées. Pourtant, le parti socialiste a tout de même réussi à rassembler une petite cinquantaine de personnes pour parler politique et réformes ce lundi 4 mars. Le format de la réunion était quelque peu différent de tout les débats organisés précédemment, puisque chaque thématique possédait son propre atelier. Une table, une quinzaine de chaises, une grande feuille pour réunir les idées et des animateurs pour la plupart membre d’associations ou de syndicats. Les participants se sont donc répartis librement autour des quatre ateliers. “L’objectif de ce format est de favoriser la parole de tous”, comme le dit Sarah Durocher, membre du bureau national du planning familial et animatrice de l’atelier démocratie et citoyenneté. « Nous n’avons pas tous le même vocabulaire, la même aisance à s ‘exprimer devant une trentaine de personnes et ces petits groupes permettent de libérer la parole de tous et surtout de ceux qui seraient resté à l’écart dans un grand débat classique. » Ainsi, chacun a l’opportunité de donner son avis et de participer dans une ambiance moins conventionnelle avant de remettre en commun les propositions de chaque groupe pour les quatre thèmes.

Le mandat impératif

Des pancartes étaient également à disposition de tous afin de s’exprimer sur n’importe quel thème ou sujet libre

Ce format libère la parole mais il n’est possible de discuter que d’un seul thème avant la mise en commun des propositions. Concernant le stand démocratie et citoyenneté, la proposition visant à comptabiliser le vote blanc ressort de nouveau mais cette fois, les participants ont des propositions de mise en place de cette réforme contrairement à la plupart des grands débats. Parmi elles, la reconduite d’un nouveau scrutin ou encore la légalisation et l’instauration du mandat impératif où les élus ne voteraient pas en leur âme et conscience au sein des institutions mais selon l’avis de la majorité du peuple qui l’a élu. La majorité des prises de parole sont surtout en faveur de la mise en place de nouveaux modes de scrutins inspirés notamment du jugement majoritaire développé par les chercheurs du CNRS ou encore du vote alternatif. Toutes ces propositions témoignent d’une volonté massive des citoyens de prendre part aux processus décisionnels en développant leur intégration via le vote ou la démocratie participative.

Un quota de 25-30 ans aux élections

Parallèlement, on note une représentation des jeunes un peu plus massive qu’aux autres débats, ce qui oriente les discussions vers la désertion des institutions et le manque de prise en compte de la parole des jeunes qui souhaitent s’investir en politique, notamment dans les lycées. Ainsi, certains proposent un quotas comprenant les moins de 25-30 ans aux élections, la mise en place d’un budget de projet lycéen afin de responsabiliser les adolescents ou encore une meilleure formation et politisation. Cependant, la question se pose toujours de l’affirmation des jeunes en politique face aux anciens avec de l’expérience comme le témoigne la prise de parole d’une participante qui affirme que « pour qu’ils puissent s’exprimer il faudrait que les vieux se taisent ».

Zoé Falliero

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