Carte postale et bon temps de Londres

 
Deux heures trente en Eurostar. Départ de la gare du Nord Paris ce vendredi arrivée à Londres Saint-Pancras après une vitesse de croisière de 265 km/h dont une jolie vingtaine de minutes sous la Manche à soixante-quinze mètres de profondeur. Le retour est prévu le dimanche et ce laps de temps ne permettra pas de visiter la grande exposition Bonnard à la Tate Gallery , ni d’embarquer sur un bateau mouche ou de pousser jusqu’à Abbey Road. Tout est pourtant réuni pour faire exploser les records du podomètre et s’offrir une jolie promenade  dans la cité londonienne. Exit pour quelques heures le Brexit sauf dans l’Evening Standard où une caricature d’Adams montre Theresa May au piano et s’exclamant: “I’m playing all the wrong notes… and not necessarily in the right order”.
 

Arrivée à Saint-Pancras Photos copyright JDB.

Visite de nuit et charme bucolique

A ne pas manquer, pour cette brève escale  le Londres de nuit à bord d’un bus à ciel ouvert de Guet your guide (penser à réserver sur internet) qui, durant une heure quarante-cinq,  permet de faire le tour des principaux  monuments de la capitale scintillante . Superbe est la traversée sur London Bridge qui offre une belle vue sur Tower Bridge, la grande roue rougeoyante London Eye,  et les gratte-ciel de la city .
 
Cela dit, bucolique est la promenade dans le vaste Hyde Park non loin de l’agréable Park Grand Hotel London Paddignton, de Queens Gardens. A voir ici le grand anneau d’eau en hommage à la princesse Diana,fluide mémorial, ainsi que ces écureuils bondissant ici et là  alors que cygnes et mouettes se disputent les faveurs des passants sous les magnolias, et prunus en fleur.

Le nez en l’art sur Oxford Street

Atelier d’artiste à Portobello. Photos copyright JDB.


A emprunter aussi cette grande avenue, Oxford Street,  aux innombrables magasins réjouissant les amateurs d’art et de mode. Pour la petite histoire l’artère est longue de 2,5 km, forte de trois cent magasins dont le fameux  Debenhams. Mais aussi ce Selfridges ouvert à l’art contemporain et qui accueille notamment “I and I”, une création de 2014 de Paola Pivi représentant deux ours polaires, l’un vert, l’autre mauve, tous deux couverts de plumes, œuvre qui avait été créée pour l’ouverture de la galerie Perrotin à New York.
 
 
Muni du pass Visitor Oyster Card (à commander via internet avant son départ),  on ne peut que se déplacer aisément tout autant dans le London underground premier métro ouvert dans le monde en 1863,  que dans les bus rouges à étage dont l’incessant ballet ainsi que celui des taxis fais tourner bien des têtes.

Quelques coups de cœur

Parmi les différents coups de coeur de ce bref séjour,  on retiendra la découverte du fameux Palace Theatre sur Shaftesbury Avenue qui célèbre théâtralement  Harry Potter, la jolie sculpture représentant une ballerine,  la “Young dancer”de Enzo Plazzotta gracieusement implantée bien évidemment  près du Royal Opera House,  à Covent Garden. Séduisant est aussi le fourmillant marché d’alimentation Borough Market,  et ce joli quartier de Portobello dont les façades des maisons sont peintes de manières éclatantes, contrastant avec les façades de briques où celles  à ton  pastel style meringue et chantilly de jolis quartiers.
 
Dans l’atelier de l’un des graphistes figure une œuvre intitulée Usual Suspects “où figurent côte à côte Picasso, Basquiat, Dali, Warhol, Keith Haring. Coup de cœur également pour la printanière Maddox Gallery Westbourne Grove qui affiche une belle  huile sur toile de The Connors Brothers à l’invitation charmante: “Tell me beautiful untrue things”.

Vertigineuse vue du Shard

Exceptionnelle est enfin , juste avant d’aller déguster un fish and chips chez Moor and Hitsch (96, Queensway) , la possibilité d’atteindre le sommet, à bord d’un ascenseur filant à six mètres par seconde,  l’ascension de The Shard , tour de 310 mètres de haut de l’architecte Renzo Piano .
 
Située à quelques minutes seulement du London Bridge, elle offre une vue panoramique à 360° sur Londres. Ceux qui n’ont pas le vertige peuvent ainsi admirer cette immense  traîne royale cousue de monuments dont Big Ben, la Tour de Londres,  le Talkie-Walkie de Rafael Vinoly sur Fenfurch Street ou le navire HMS Belfast sur la Tamise. 
 
Jean-Dominique Burtin 
 
 

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