Châteauroux : 254 logements bientôt détruits quartier Saint-Jean

Dans le cadre du nouveau plan de rénovation urbaine, le quartier Saint-Jean, à Châteauroux, classé d’intérêt national, verra, d’ici 2027, disparaître en tout 586 logements en tout et s’installer une nouvelle configuration. Les premiers tomberont d’ici 2022.

L’emprise au sol de l’immeuble Iéna détruit; derrière Sainte-Hélène et à gauche Westphalie.

Quartier Saint-Jean, à Châteauroux, c’est un peu la bérézina. Iéna (136 logements) vient de tomber, Westphalie (83 logements) et Sainte-Hélène (171 logements) prendront bientôt le relai. Ici, les immeubles portent le nom de lieux clés de la vie de Napoléon. Et comme la puissance impériale française, arrive un moment où leur fin est annoncée. En effet, leur propriétaire, le bailleur social Scalis, a décidé d’en détruire une importante partie. La raison : le nombre de logements de ce quartier sensible est aujourd’hui trop important au vue des demandes en baisse. Le type et la localisation de ces habitations correspondent de moins en moins à la recherche des futures locataires. Ainsi, compte tenu de ses éléments, un large plan de rénovation urbaine a été annoncé ici dans le cadre du NPRU, soutenu par les pouvoirs publiques. Saint-Jean fait parti des sept quartiers de la région Centre – Val de Loire a bénéficié de la classification d’intérêt national (les autres se situant à Tours, Bourges, Chartres, Dreux et deux à Orléans). Le plan devrait s’échelonner jusqu’en 2027.

Rencontre entre Scalis, le maire et les habitants

Un soir, rendez-vous est donné salle Edith Piaf, en plein cœur du quartier. Les membres de la direction de Scalis, accompagnés du maire de Châteauroux Gil Avérous, sont venus présenter aux habitants les rénovations qui les attendent pour les prochaines années. L’histoire du quartier Saint-Jean a débuté dans les années 60, lorsque la municipalité décide de s’intéresser à plusieurs hectares de terres constructibles au sud de la commune, rapidement classé en ZUP, zone à urbaniser en priorité. De 1965 à 1974, le quartier sort de terre, 1946 logements locatifs sociaux, rapidement complété par les 1683 appartements du quartier Saint-Jacques attenant, tous deux aujourd’hui désigné comme un seul et même quartier. En 2000, premier tournant pour Saint-Jean, 241 logements sont démolis.

Ville de Chateauroux – Quartier Saint-Jean – Vue aérienne

Quatre ans plus tard débutera le premier plan de rénovation urbaine, PRU avec 340 démolitions à la clé et 67 constructions neuve sur site. Les tours Bertrand et Pyramides, d’une quinzaine d’étages, les barres Austerlitz et Brienne sont démolies. Malgré des travaux d’aménagement, Saint-Jean reste un quartier dont la population est fragile. Ici, le taux de pauvreté est de plus de 53 % (chiffres Insee 2014). Alors redonner un visage plus ouvert et surtout ouvrir à  plus de mixité sociale est un enjeu de taille. « Le principe sera d’aérer le quartier. On va reconstruire étape par étape » précise Alain Chevolleau, directeur général de Scalis. L’espace ainsi libéré par la destruction de ces deux barres, et celle de l’immeuble Iéna, achevé il y a quelques mois, pourraient être utilisé pour construire du logement individuel, pavillons avec jardinet. Des réflexions sont d’ores et déjà abordées avec la municipalité pour envisager la suite. « On va reconstruire l’équivalent de la moitié des logements détruits, annonce Alain Chevolleau. Un tiers se situera dans le quartier, un second tiers dans le centre-ville pour lequel nous avons une forte demande, peut-être en reprenant et en réhabilitant des bâtiments abandonnés, et le dernier tiers se
situera ailleurs. »

L’immeuble Sainte-Hélène sera le premier détruit d’ic fin 2021

Parmi les habitants présents pour découvrir les projets de Scalis, l’annonce de cette nouvelle démolition n’est pas forcément facile à accepter, à l’image de Sandra et sa maman. « Sentimentalement, ça fait bizarre. Après, si le quartier est transformé pour du mieux, c’est bien. Mais, telle qu’il est là, c’est déjà bien… », laisse planer la jeune femme. Pour sa maman, la nouvelle est difficile à digérer. Elles devront bientôt quitter Sainte-Hélène alors que toutes les deux ont déjà dû déménager deux fois de logements situés dans des immeubles précédemment détruits. Pour autant les deux femmes y tiennent, leur demande de relogement sera pour le quartier, et rien d’autre. Lors de la réunion, avec l’ensemble des participants, elles ont reçu les premières informations sur les conditions de leur relogement. Entretien individuel, proposition de logements et
visite, prise en charge du déménagement… le bailleur promet un accompagnement personnalisé pour que tout se passe au mieux pour la centaine de personnes concernées.

Les travaux de ces démolitions des immeubles Westphalie et Sainte-Hélène devront s’échelonner jusqu’en 2022 pour un budget de 30 millions d’euros. En parallèle, auront également des rénovations d’ensemble, Craonne, Westphalie-Louvet et Descartes. Accolé à Saint-Jean, l’ensemble Saint-Jacques, bénéficiera également de fonds pour des réhabilitations. Le quartier n’en aura pas encore fini avec les travaux. Le bailleur social Scalis prévoit encore de démanteler 332 appartements d’ici 2027 selon les projets définis par le NPRU. Les noms des immeubles concernés par ses démolitions ne devraient pas être annoncés avant plusieurs mois, voire années, les responsables préférant se concentrer sur le chantier en cours.

Morgane Thimel.

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