Soirées Performances: deuxième semaine

Comme chaque soir, deux performances étaient proposées en ce mardi à un public avide de découverte toujours plus nombreux à la Scène Nationale d’Orléans.

Le piano araignée

Ce fut tout d’abord le très étonnant “Ersilia” d’Alvise Sinivia: seul en scène il danse dans un entrelacs de fils reliés à cinq tables de pianos démembrés excitant les cordes de ceux-ci dans des sonorités pour le moins inattendues. Ce que l’on croit au début aléatoire se révèle sur le fil de cette danse où la main frole et frotte cette toile sonore, une composition musicale subtile faisant du corps du danseur l’instrument vibrant d’une musique qui sourd dans l’espace scénique. Un dispositif à l’expressivité intense qui ouvre sur un univers sonore qui surprend le spectateur mais qui peine néanmoins à restituer ce qui inspire le titre de la performance: le livre d’Italo Calvino, Les Villes invisibles, “où dans la ville d’Ersilia, les habitants tendent des fils d’une maison à l’autre pour signifier leurs relations. Quand la ville est devenue impraticable du fait de la densité des fils, les habitant l’abandonnent et vont plus loin en construire une autre. Ainsi la région d’ERSILIE est peuplée de ces villes “fantômes”. (Cf dossier de presse)

Le corps désarticulé

©Pierre_Andreotti

Matthieu Barbin propose quant à lui, dans sa performance “Totemic studies, petits portraits”, une chorégraphie fascinante de son corps dont la désarticulation conduit à une sorte de démembrement symbolique sous la forme d’un anti-corps formé de prothèses que le danseur gonfle au fil du spectacle.

La performance prend la tournure d’un cri gestuel de souffrance qui mêle farce et désespérance, ce corps parlé se fait porteur d’une vision apocalyptique du monde, qui interpelle physiquement le spectateur jusqu’à une posture de dérision de sa propre représentation dans cet aller-retour entre son corps et l’objet assigné comme “totem”.

Une performance d’une grande sensibilité au delà d’une provocation à la réflexion sur le rapport à ce corps “augmenté” de notre monde contemporain.

GP

Du mardi 5 au samedi 16 mars 2019.
Musique, danse, théâtre, arts visuels…
Au programme : 11 performances et 1 installation musicale.

Les Chauves-souris du volcan // Sophie Perez, Xavier Boussiron
Spokaoke // Jonathan Drillet, Marlène Saldana
Romances Inciertos, un autre Orlando // François Chaignaud
Hymen Hymne // Nina Santès
Contes Immoraux – Partie 1 – Maison Mère // Phia Ménard
Ersilia // Alvise Sinivia
Totemic studies, petits portraits // Matthieu Barbin
Put your heart under your feet… and walk ! // Steven Cohen
Les Rois de la piste // Thomas Lebrun
Solo // Marie-Pascale Dubé
Four For // Halory Goerger
Nipi – installation musicale // Philippe Le Goff

Billetterie
– en ligne www.scenenationaledorleans.fr
– au guichet de la Scène nationale d’Orléans du mardi au samedi de 13h à 19h

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