Performances à Orléans, “Les Rois de la piste” sont des “As” décoiffants !

Rappels à n’en plus finir et ovation.  A quelques heures de la clôture de la neuvième édition des soirées “Performances” proposées avec passion et succès depuis le 5 mars par la Scène Nationale d’Orléans, le spectacle “Les Rois de la piste”, de Thomas Lebrun, chorégraphe du Centre chorégraphique national de Tours, donné ce vendredi,  est follement  réjouissant et s’annonce déjà comme un presque bouquet final de la manifestation qui connaîtra toutefois son crescendo et point d’orgue,  ce samedi soir , avec “Four For”, de Halory Goerger.
 

©Frédéric_Iovino.

Thomas Lebrun emballe et stupéfie, tragi-follement

Pour revenir sur “Les Rois de la piste”, ballet pour cinq incroyables interprètes jouant du transgenre et de l’amour à qui mieux-mieux, tranformant par ailleurs la scène de la salle Touchard du Théâtre d’Orléans en discothèque craquante de haut vol sur fond de musiques où l’on vibre sur Cher, Gloria Gaynor, Corona, Miss Fitz, Snap, ou C+C Music Factory, on ne peut que s’enthousiasmer. Sur un carré de lumière façon néon, évolue à n’en plus finir, une croustillante galerie de portraits de danseurs sculptés par la lumière. Vitesse Grand V se succèdent ainsi l’hymne à une soirée gachée, à la drague, à la frime, à la séduction, à la provocation, ou au charme renversant d’une amoureuse qui officie de la main en évental sur les vapeurs de rose qui lui montent aux joues.
 

©Frédéric_Iovino.


 Place encore ici au désir , aux rocambolesques effleurements suivis d’effets. Bref, conjuguant sur un tempo d’enfer et avec une ensorcelante maîtrise l’humour et la sensualité, la pudeur et l’abandon et cette jolie façon qui consiste a affirmer que les apprentis machos sont des benêts désemparés, Thomas Lebrun, qui aime aussi Schubert, celui du quatuor La jeune fille et la mort , nous captive.
 
Car dans cet ébouriffant spectacle , il s’agit aussi de l’œuvre d’un chorégraphe qui pratique, avec un minimalisme envoûtant, une palpitation réglée au millimètre. Il a l’art totalement fou de mettre en noir et gris la belle danse, cette ronde de Matisse.
 
Celle où les artistes livrent leur nudité.
 

Marie-Pascale Dubé, un rouge- gorge autour de Inuit…

© Jeff_Humbert


En poursuite de soirée, voici cette fois le “Solo”, de Marie-Pascale Dubé présenté cette fois dans l’intimiste salle Vitez. Voici une étourdissante performance vocale inspirée des chants de gorge Inuit. Sur la scène, voici que s’élève et s’avance côté cour, un prenant filet de voix serti d’une robe rouge et qui prend place au cœur d’un espace dépouillé, animé de lumière entre chien et loup. Tout est ici très beau, audacieux et troublant. Voici une présence saisissant.
 
Dans ce chant, tour de voix à chaque concert renouvelé, voici les dialogue à la fois rauques et enchanteurs, d’une gravité prenante et parfois effrayante d’intensité, ceux qui émanent du corps d’une seule et même belle personne appelant à s’inspirer et à respirer de l’humain. Ce vendredi, Marie-Pascale Dubé fut, elle aussi, une artiste extrêmement choyée par le public orléanais.
 
Jean-Dominique Burtin.
 

Clôture des soirées Performances:

 
Samedi 16 mars, à 20 heures, salle Barrault avec “Four For”, de Halory Georger. 
 

 

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