Orléans : La galerie Le Garage en sommeil ?

Si l’on se réfère à la carte de vœux de Michel Dubois, la galerie Le Garage s’offre une année 2019 « (ré)créative ». Pas vraiment en sommeil, donc. La curiosité m’invite à percer le mystère de cette « parenthèse » annoncée.

Classement cl BAD

On dirait un coffre-fort

Rendez-vous est pris au 9 rue de Bourgogne, repère orléanais de la vie artistique. La porte s’ouvre sur Michel Dubois, maître des lieux. Le calme règne, contraste éloquent avec le brouhaha des soirs de vernissage qui résonnent encore dans la mémoire des afficionados. Je me dirige vers l’atelier où, il n’y a pas si longtemps, des œuvres de Maurice Dubois, le père, étaient exposées dans le sillage d’André Mailfert. Aujourd’hui, quatre gros blocs occupent presque tout l’espace. Je vois des empilements de posters qui s’ajoutent au flot de papier, des rouleaux qui dépassent de casiers numérotés, saisissante impression d’abondance. On dirait un coffre-fort !

Un travail de fourmi

Le bouillonnant galeriste m’annonce qu’il s’est attelé à une tâche colossale, vieille résolution cent fois repoussée : répertorier les affiches produites au cours de sa vie professionnelle car, m’explique-t-il, il a réussi à en conserver une partie même si beaucoup ont disparu au moment de la fermeture de l’entreprise Dubois Imageries. Cette collection, hébergée amicalement depuis les années 2000 chez un entrepreneur orléanais a donc, par petits bouts et à la force du poignet, migré rue de Bourgogne.

« Ce n’était pas le plus difficile, commente Michel Dubois, même si le transport des meubles qui pesaient une tonne a mobilisé les copains toute une journée. Maintenant, le travail de fourmi consiste en un labeur de récolement, digne d’un conservateur ». Ainsi, chaque jour depuis plus d’un mois, l’homme de l’art manipule, compte, photographie, répertorie, annote, saisit et classe les exemplaires sérigraphiés. Le geste professionnel et aérien, presque théâtral, avec lequel il déplace ses affiches témoigne de longues années de pratique. Admiration.

Une qualité que seule permet la sérigraphie

Il poursuit avec enthousiasme : « Aujourd’hui, j’ai recensé plus de 400 affiches. J’ai redécouvert des travaux qui datent de mes débuts, dans les années 1970. D’ailleurs, les lettres étaient encore dessinées à la main ! Comment imaginer cela en 2019 ? Je ne saurais plus le faire ». Me voilà entraînée dans un tourbillon de publicités pour la grande distribution, les galeries d’art, les musées…, toutes d’une qualité époustouflante que seule permet la sérigraphie et ses passages d’encre multiples.

Pas sûr qu’il en reste là

Je comprends qu’il serait prématuré de parler à Michel Dubois de future programmation. « Les archives, c’est un puits sans fond, ajoute-t-il, un dossier en appelle un autre et ainsi de suite ». Il m’indique cependant que la partie « garage » sera bien mise, comme tous les ans, à disposition de la manifestation « Parcours et jardins » quelques jours au mois de mai. Finalement, je tiens l’explication de la « parenthèse (ré)créative » et laisse à regret le maître sérigraphe poursuivre son aventure avec ses chères réalisations.

Pas sûr qu’il en reste là.

BAD

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