Emploi : “la marque employeur” pour faciliter le recrutement

Face aux difficultés pour attirer leurs collaborateurs, les entreprises doivent aujourd’hui être en capacité de faire venir à elle les compétences. Présence sur Internet et les réseaux, valorisation des expériences salariés et candidats et corecrutement sont les maîtres-mots.    

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Parmi les conférences proposées lors du colloque du numérique organisé par la CCI 41 le 19 mars dernier au Jeu de Paume, celle sur « la marque employeur pour attirer les talents » a captivé l’attention d’une partie de 400 participants. 

Au pupitre deux spécialistes de ce que l’on nomme le inbound recruiting : Chérifa Amri en charge du sujet chez Worldline Blois et Frédéric Mischler du cabinet Humaineo. Le duo est parti du constat que deux PME-ETI sur 3 peinent à recruter et que beaucoup publient des annonces sur le web peu attractives. Qualifié de « post & pray » (1), ce marketing Rh sans saveur a peu d’impact. Pas étonnant  que 1/3 des Cdi ne terminent pas l’année et que 22 % des départs aient lieu pendant les 45 premiers jours.

La solution passe par ce les intervenants nomment une stratégie de recrutement entrant (inbound recruiting) reposant sur 4 éléments : les valeurs, le vécu des collaborateurs, l’image/eréputation et l’expérience candidat.  En clair, il s’agit de susciter l’envie en présentant tous ces aspects de façon dynamique sur les supports de communication de l’entreprise en particulier le web. Les candidats potentiels, qui sont en poste et pas forcément en phase de recherche et de consultation d’annonces, peuvent alors se projeter dans leur futur emploi.

Pour mettre en avant l’expérience et le bien-être au travail, chez  Worldline, par exemple, on valorise le mentorat et on fait en sorte de connecter les générations. « Ces programmes visent à faire comprendre aux jeunes qu’ils ont toute leur place chez nous et que leurs compétences de natives digital sont toutes aussi importantes que celles des seniors «  mettait ainsi en avant  Chérifa Amri. Les résultats sont là puisque l’entreprise est dans le top 20 français de sa strate sur le site de notation choosemycompany.com.

Yvan Saumet président de la CCI 41

Autre évolution : le recrutement est devenu de plus en plus une affaire collective ce que les anglo-saxons nomment employee advocacy (2), il s’agit pour les collaborateurs de publier ou poster  des éléments qui valorisent leur entreprise et illustrent le sentiment d’appartenance. Et ces interactions positives ont  globalement un impact bien supérieur aux annonces traditionnelles. Chez Worldline, un recrutement généré grâce au co recrutement donne lieu à une prime de 1500 €.     

Dans une société de concurrence, les entreprises doivent surtout savoir se rendre plus accessibles. « Elles doivent être moins sûres d’elles-mêmes et avoir une posture moins haute. Simplicité, authenticité, transparence et humanité sont les points clefs pour séduire des candidats qui ont l’embarras du choix » conclut Frédéric Mischler.

CCI 41, bientôt une cellule pour sourcer les cadres 

En Loir-et-Cher, département particulièrement concerné par la difficulté pour attirer cadres et ingénieurs dans l’industrie ou l’informatique, les acteurs économiques mettent en place des stratégies et des moyens. C’est ainsi qu’Yvan Saumet président de la CCI a annoncé la création en avril prochain d’une cellule dédiée pour accompagner les entreprises.

« Ce service s’inspire d’une idée qui vient de la Meuse, un département qui comme le nôtre souffre d’un certain manque d’attractivité malgré ses atouts. Un collaborateur dédié sera ainsi missionné durant 18 moins pour sourcer les talents mais aussi agir pour que leurs conjoints trouvent eux-aussi un emploi » a précisé le Président.  

Jean-Luc Vezon

  1. Publier et prier
  2. Littéralement salarié avocat.

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