Football. Fin de saison, effectif, stade… Philippe Boutron, le président de l’US Orléans fait le point

Toujours en course pour les playoffs, le club  de football de l’US Orléans est en train de réaliser la meilleure saison de son histoire en Ligue 2. À sa tête, le président Philippe Boutron savoure. Il nous a reçu dans son bureau au stade de La Source, où il a pris le temps de répondre à nos questions.

Philippe Boutron, président de l’US Orléans

Quel regard portez-vous sur la folle saison qu’est en train de vivre votre club ?

C’est pour nous un moment exceptionnel. Si en début de saison on nous avait dit qu’on en serait là, on n’y aurait pas cru. On fait non seulement un très bon parcours en championnat, mais également dans les deux coupes. Le club était assuré de son maintien en Ligue 2 à quasiment dix journées de la fin. Pour nous c’est une grande nouveauté ! Maintenant, on va pouvoir travailler sur l’avenir avec sérénité.

Les playoffs, vous y croyez ?

On est des winners dans l’âme. L’énorme avantage, c’est que l’on n’a plus aucune pression, contrairement à d’autres équipes qui ont un gros budget. Mais on ne s’était pas mis ça dans la tête au départ. Je passe de très bons moments en regardant nos matchs.

Comment expliquez-vous la réussite actuelle ?

Il faut toujours rester prudent dans le sport. Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera pas forcément demain. Le foot n’est pas une science exacte, il ne faut surtout pas s’enflammer. On a vu de nombreux exemples d’autres clubs qui ont fait une très belle saison mais pour qui après ça a été très difficile. L’une des clés de notre réussite est notre recrutement, cohérent. On dispose d’un très bon coach. Il nous a sauvés de la relégation lorsqu’il est arrivé en janvier 2016, puis il nous a permis de faire une bonne saison 2017-2018. Notre équipe est jeune, avec quelques joueurs d’expérience qui nous apportent beaucoup. Mais on a surtout un effectif homogène, avec un banc de qualité. Même avec des absents, on arrive à bien figurer.

“Karim (Ziani) pourrait rester au club dans une fonction sportive et Pierre (Bouby) dans le domaine de la communication”

Quelle est la recette de ce recrutement abouti ?

C’est un travail fait de concert entre le directeur sportif Antar Yahia et Didier Ollé-Nicolle. Compte tenu de nos faibles moyens, on a recours à des prêts. Cela nous permet, avec un budget raisonnable, d’avoir des joueurs de qualité. On a eu des précédents très positifs. C’était le cas pour le très regretté Emiliano Sala et Nicolas Pépé. Ca prouve qu’Orléans est une bonne terre de formation. Et Didier Ollé-Nicolle fait confiance aux jeunes.

On dit pourtant que les relations entre Didier Ollé-Nicolle et Anthar Yahia sont parfois tendues…

C’est un grand classique dans le football. On entend dire la même chose au sujet de Antero Henrique et Thomas Tuchel au PSG et de Andoni Zubizarreta et Rudi Garcia à l’OM. La problématique dans ce genre de chose, c’est qu’un directeur sportif s’inscrit dans la durée, tandis qu’un entraîneur est dans le court terme. C’est logique. Il peut y avoir des divergences, mais vous savez, il n’y a que les bons résultats qui comptent…

Les prolongations de contrat de Pierre Bouby et Karim Ziani ont pu notamment poser problème…

Le projet que l’on a au club est de faire en sorte que, à terme, des joueurs qui ont porté nos couleurs intègrent l’encadrement. Karim pourrait rester au club dans une fonction sportive et Pierre dans le domaine de la communication, dans lequel il excelle. Dès l’année prochaine ? On verra, ça dépendra de leur forme. Ce qui est sûr, c’est que ces deux joueurs ont une perspective dans le club. Et ils ont envie de rester ici.

Le gardien Gauthier Gallon retourne à Nîmes en juillet, Adrien Monfray est en fin de contrat, comment allez-vous gérer l’effectif en fin de saison ?

Adrien n’est pas encore parti, on discute. 80 % de notre effectif sera là la saison prochaine. Après l’objectif sera de recruter des jeunes joueurs.

Et le centre de formation ?

Il va ouvrir officiellement le 1er juillet. On a investi sur ce projet des hommes de qualité, très compétents. Cyril Carrière, le directeur du centre, a déjà fait ses preuves à Tours avec d’excellents résultats. Il y a aussi Mickael Ferreira, que l’on connaît bien dans la région puisqu’il a permis au club de Saint-Pryvé (National 2) de devenir ce qu’il est aujourd’hui. Et puis il y a David Le Moal, l’entraîneur des U19, qui a fait une très bonne saison  avec les jeunes et qui l’an dernier a fait une demi-finale de Coupe Gambardella. Une vingtaine de stagiaires intégreront ce centre de formation que l’on a pu mettre en place rapidement grâce à la mairie d’Orléans.

“On aimerait que le stade atteigne une jauge de 10.000 places”

Y a-t-il eu un imbroglio avec la mairie d’Orléans autour d’une promesse de subvention pour ce centre ?

On avait demandé à la Ville une aide pour le centre, parce qu’on a eu des frais d’établissement suite à l’embauche de personnes en juillet 2018, sans percevoir les aides de la Fédération et de la Ligue de Football professionnelle. Elles nous seront versées que quand le centre de formation fonctionnera réellement. On a à nouveau formulé une demande de subvention, j’ai bon espoir qu’elle soit accordée. Je regrette juste toute la médiatisation qu’il y a eu autour de ça. Le club n’a aucun problème avec la mairie. Je me félicite d’ailleurs de cette collaboration car elle nous a accompagnés ces deux dernières années de façon très importante.

Que pensez-vous de cette association qui a pour ambition d’aider l’USO à monter en Ligue 1 ?

Je n’ai rien à dire là-dessus…

Il y a eu aussi cette proposition d’augmentation du capital a été formulée lors du dernier conseil d’administration (info de France Bleu Orléans)…

Nous sommes en train de réfléchir tous ensemble à l’évolution du club, et ainsi faire en sorte que nous disposions de plus de ressources, afin d’avoir une équipe plus compétitive. C’est une réflexion menée par l’ensemble des actionnaires. Tout se passe bien au sein du CA. Mais la confidentialité devrait être de mise.

Et concernant le stade, vous avez des projets ?

Nous souhaitons l’agrandir et augmenter sa capacité d’accueil. On aimerait atteindre une jauge de 10.000 places. Pour ce qui est de la pelouse, on est en discussion avec la mairie pour la changer. Ils sont en train de chiffrer le projet. À priori, on passera à la pelouse hybride en 2020. C’est une surface qui vieillit mieux.  

 

Yohann Desplat 

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