Mariage d’amour ou de raison à la Halle aux Grains de Blois

Cette année, le théâtre classique est à l’honneur sur la scène de la Halle aux Grains. Ainsi, trois soirs de suite, du 2 au 4 avril, les spectateurs ont pu découvrir ou redécouvrir la pièce de Marivaux, Le jeu de l’amour et du hasard. Interprétée par de jeunes comédiens, la pièce a été mise en scène par Benoit Lambert, dans une forme moderne tout en restant classique.

Un décor foisonnant

Dans un décor de campagne d’un côté et de cabinet de curiosités avec foisonnement de tables recouvertes d’objets, d’animaux empaillés ou de bouteilles de l’autre, les spectateurs ont assisté au chassé-croisé amoureux de deux jeunes couples, sous l’œil complice et amusé du père et du frère de Sylvia, la jeune marquise. Cette pièce écrite en 1730 est étonnamment moderne, avec des dialogues libres entre les personnages et une liberté de parole des femmes.

Le choix du mariage d’amour

En effet, même si Orgon a choisi un époux à sa fille, il lui laisse le choix de ne pas l’épouser s’il ne lui plait pas. C’est presque un père moderne qui veut avant tout le bonheur de sa fille. Finalement, il s’agit de faire un mariage d’amour, et pas seulement un mariage d’intérêts, car le mérite vaut bien la naissance.

Ainsi, pour découvrir son promis ou sa promise, chacun va décider de se travestir et de prendre la place de son valet. Sylvia devient Lisette, Dorante prend la place d’Arlequin en devenant Bourguignon, et inversement. Pendant plus d’une heure et demi, les quiproquos s’enchaînent entraînant les personnages à se poser des questions sur leurs désirs amoureux et leurs choix de vie.

Des questions actuelles

De nombreuses questions se posent, restant très actuelles pour certaines : quelle est la place de chaque individu dans la société ? Les femmes peuvent-elles décider de leur destin ou exprimer leurs sentiments ? Un valet peut-il parler comme son maître ? Peut-on aimer et épouser quelqu’un qui n’est pas de sa classe sociale et s’élever dans la société ? La raison doit-elle être supérieure à l’amour et la passion ?

Marivaux défend ainsi le mariage d’amour, au-delà de la condition des époux et de la raison. La vraie difficulté est peut-être surtout de dévoiler sa vraie identité à celui ou celle qu’on aime. Pourtant, la morale de l’histoire est sans doute que finalement l’amour peut tout.

EVE

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