Bourges: le PdB transformé, toujours jeune à 43 Printemps 

Le Printemps de Bourges poursuit sa mue et se transforme au fil des éditions. L’édition 2019 restera marquée du sceau de festival de toutes les musiques, de l’émergence et de la création. Il s’impose désormais comme le premier rendez-vous inspiré et inspirant des musiques actuelles, ouvrant la saison des festivals. Il se réinvente tous les ans, (même après le départ de Daniel Colling en 2016, le créateur emblématique) avec une intention artistique originale et la volonté de se décliner généreusement dans tous les formats possibles.

 

Confettis et portables pour immortaliser le concert.

Avec plus de 200.000 festivaliers dans ses salles et les rues de la ville, le Printemps de Bourges version 43 est à ranger dans la catégorie des cuvées exceptionnelles. Certes, le soleil largement présent a fait bouger les corps mais la multiplicité des concerts, expositions, rencontres, dont la plupart en accès libre dans le cadre du Printemps dans la Ville a parfaitement participé au mouvement général.

 

Les créations à l’honneur


Les scènes ouvertes ont trouvé leur public.

Le parti pris de mettre en avant les créations s’est particulièrement avéré positif, un succès avec en premier lieu la grande et belle émotion lors du spectacle « Jacques, Joseph, Victor dort », en hommage à Jacques Higelin. Mais aussi avec la recréation « L’homme à tête de chou » du chorégraphe Jean-Claude Gallotta en hommage aux deux monstres sacrés Gainsbourg et Bashung, l’expérience futuriste en son spatialisé du français Molécule, Acousmatic 360°” ou encore « Je garde le chien… et l’Orchestre » de Claire Diterzi et du chef d’orchestre Benjamin Pionnier.

Cette édition 2019 aura été celle de la prise de pouvoir d’une nouvelle génération de talents plus que jamais à l’honneur et largement plébiscitée par le public ! Les organisateurs ont d’ailleurs mis en avant « les prestations remarquées de Clara Luciani, Flavien Berger, Voyou ou Aloïse Sauvage ( des anciens iNOUïS), mais aussi celles de Jeanne Added, Michelle Blades ou Cléa Vincent… » Une émergence toute puissante puisque 70% des artistes de la programmation officielle n’avaient à leur compteur qu’un premier album tout au plus, le plus souvent aucun !

 

Aya Nakamura et Gims en maîtres du dimanche

Aya Nakamura a enflammé le dimanche au W.jpeg

Gims en maître sur la scène du W.

Éclectique, exigent, pointu, curieux, insolent, engagé et populaire, plus que jamais, le Printemps de Bourges « veut continuer d’incarner le festival où toutes les musiques, tous les créateurs et tous les publics se croisent pour imaginer le futur de la musique et donc de notre société » assurent ses concepteurs. La dernière paire de concerts payants de dimanche, Aya Nakamura et Gims, est venue parfaire ces souhaits de polyvalence. Entre jeans et jupes à fleurs, entre chemisiers et tee-shirts mélangés, les quadras, les quinquas qui accompagnent la marmaille à peine sortie des rangs du CP. On avait là les âges moyens plutôt que le moyen âge, ceux de la case pré-pubère aussi, et celle des premiers sous-tifs et des boutons d’acné également. Et tout ce petit monde, maman, Thelma, et Louise, de reprendre les paroles de DjaDja en chœur. Voix juvéniles et féminines d’un W qui déborde de ses bâches. Dire que le public est conquis en devient un pléonasme : il n’est pas venu pour l’être mais parce qu’il l’est avant de venir, quoiqu’il se passe sur scène. C’est cuit d’avance ! Même avant d’allumer le gaz…


Le PdB est entré dans une démarche éco-responsable.jpeg

Gims, l’ex-maître, ses danseuses autour de lui, et ses lunettes sur le nez pouvaient envoyer les confettis, les classiques Sapé comme jamais, Bella, et tout ce qui pouvait faire exploser la grande structure temporaire du Printemps. Le soleil était présent, les minettes itou, et la classe biberon de spectateurs aussi, une forêt de téléphones portables (mode vidéo) portée à bout de doigts. Certaines mauvaises langues diront que ce n’est pas du très haut niveau mais tout dépend de l’étalonnage… Ça dépasse largement celui de Heuss dans En Esprit .

 

SILLY BOY BLUE,  DI#SE et CALLING MARIAN, les primés des iNOUÏs

L’édition 2019 est terminée, vive l’édition 2020.

Depuis 2012, les « meilleurs » artistes ou groupes de la scène iNOUÏ sont récompensés par les prix du Printemps de Bourges Crédit Mutuel et le prix du jury. Ces prix sont remis par un jury de professionnels présidé cette année par Sandra N’Kaké.  Pour cette édition, ce ne sont pas deux mais trois artistes qui sont récompensés, tant il a été difficile de départager cette sélection « dont le talent et la créativité ont été unanimement reconnus par le public et la profession ». Pour le prix du PdB, c’est la musique pop aux reflets freak/folk de Silly Boy Blue (ex Pégase) qui a éveillé l’intérêt du jury. Quant au deuxième prix il est partagé entre DI#SE et Calling Marian. Des prix qui offrent l’opportunité aux lauréats d’être programmés cet été sur les scènes de 7 festivals français et internationaux (Le Week-end des Curiosités, Fnac Live, Musicalarue, Festi’Neuch, MaMA Festival, Festival d’Eté de Québec, Les Nuits Botaniques). De plus, ils embarqueront à l’automne pour la tournée des iNOUïS qui se déroulera cette année du 8 au 12 octobre 2019 à Nancy, Montpellier, La Rochelle, Limoges et Rennes.

Fabrice Simoes

 

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