Européennes : les socialistes veulent remonter la vague

Malgré de mauvais sondages, le PS engagé sur la liste conduite par Raphael Glucksmann croit encore à un sursaut électoral.

Éric Andrieu et Karine Gloanec-Maurin, deux députés socialistes européens sortants.

 

Les temps sont durs pour la liste « Envie d’Europe écologique et sociale » conduite par Raphaël Glucksmann de Place Publique et rassemblant des socialistes, des Radicaux de gauche et de Nouvelle Donne. Les derniers sondages créditent cette liste de moins de 5% des suffrages, ce qui se traduirait par l’absence d’élus. Le Parti Socialiste ne veut pas se résoudre à ce scénario catastrophe et accélère pour cela la campagne du 26 mai. Carole Canette, la première secrétaire départementale du Loiret, avait donc invité lundi 6 mai sur le terrain, à Saint Jean-de-la-Ruelle et Orléans, deux députés socialistes européens sortants, Éric Andrieu et Karine Gloanec-Maurin. Et tous les deux affichent un optimisme mesuré : « On atteindra les 10% et même plus, prédit Éric Andrieu, premiers des socialistes sur la liste Glucksmann et héraut de la lutte contre le glyphosate. La campagne ne fait que commencer et nous avons de bons arguments à faire valoir ! »

L’Europe présente sur le terrain

De son côté, la régionale Karine Gloanec-Maurin ne se nourrit guère d’espoir : bien que considérée, y compris par ses opposants, comme une « bonne députée européenne » elle a peu de chances de retrouver un siège à Strasbourg : sa 14ème place lui interdit en effet toute chance de réélection.

Éric Andrieu.

« Contrairement à ce que dit la majorité, nous sommes profondément européens », revendiquent les deux députés, qui sont venus montrer sur le terrain « tout ce que l’Europe peut apporter ». À l’invitation de Christophe Chaillou, maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle, ils ont ainsi découvert les travaux de réhabilitation de la copropriété de la Prairie, pour lesquels l’Europe a apporté 800.000 euros. C’est encore vrai avec le soutien à une « auto-école sociale » financée par le fond social européen. À Orléans, c’est le Frac, lui aussi visité par la délégation, qui a bénéficié des subsides européens.

Faute d’avoir pu se rassembler (« pour des problèmes d’égos personnels très aigus ») avec les listes Hamon et Jadot, le PS part donc seul ou presque à la bataille puisque, localement, Place Publique ou Nouvelle Donne n’existent pas et le PRG, représenté par Hervé Mesnager, à peine. Pour autant, la Liste « Envie d’Europe » ne veut pas laisser le champ libre aux autres listes : « nous avons 118 propositions qui vont dans le sens d’un renforcement, d’une consolidation de l’Europe ».

Le défi des socialistes

Pour cela, les socialistes plaident pour un budget européen réévalué grâce à la mobilisation de nouvelles ressources comme une taxe sur les transactions financières, l’imposition des Gafa ou la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale.  Face à « l’échec des néo-libéraux européens », la liste n’hésite pas à parler de « souveraineté européenne », premier pas vers le fédéralisme. Un gros mot pour les souverainistes de tous poils. Cette nouvelle Europe, les socialistes veulent la construire avec leurs camarades européens : « le Parlement fonctionne d’abord par des rapports de forces, nous sommes les seuls à gauche à pouvoir constituer un contre-pouvoir avec l’ensemble des socio-démocrates européens réunis dans un seul groupe parlementaire ». Mais il ne faudrait pas pour cela que la France soit le seul pays à n’envoyer aucun député socialiste à Strasbourg. C’est aujourd’hui le principal défi des socialistes sur le terrain !

J-J.T.

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