Orléans Jeanne d’Arc: et vive l’amitié entre les peuples!

Fallait-il confier le discours à une Ecossaise avec un tel ciel menaçant sur les fêtes? En fait Mme Evelyn Hood, est une vieille dame So charmante qui a tout fait pour que que l’averse attende la fin des allocutions. Et elle a réussi. Pourquoi l’Ecosse s’est-elle fait ce 8 mai internationaliste la porte-parole des onze délégations?

Déjà en raison de la “old alliance”, à l’époque johannique où les Ecossais contribuèrent à la libration de la ville. D’ailleurs parmi eux figurait un certain Thomas Blair, un écuyer commandant une compagnie de 20 hommes et 29 archers qui participa dès le début à la prise d’Orléans. Est-ce la raison pour laquelle il y a deux ans, Olivier Carré avait envisagé d’inviter Tony Blair? Un descendant? La seconde raison qui plaidait en faveur d’Edith Hood, c’est que le jumelage avec Dundee fut le premier des treize jumelages. Dès 1946, Orléans et Dundee au sortir de la guerre se lièrent d’amitié, vinrent ensuite Trévise en 59 et Münster en  1960. 

” Nos enfants apprennent à l’école la vieille Alliance”, a dit Mme Hood. “Les jumelages permettent aux élèves d’avoir une expérience des autres cultures”, a encore indiqué Mme Hood dans un Français parfait mais qu’on a eu du mal à entendre. Quatre maires seulement avaient fait le déplacement johannique. Seul le maire du Bénin, remplacé par un adjoint en costume traditionnel, avait un motif impératif pour sécher Orléans. “Il est interdit aux maires de quitter leur poste” nous a indiqué par mail Charles Toko, suite à la situation tendue que connait le Bénin et Parakou en particulier après des élections législatives mouvementées.

Premier jumelage avec Dundee en 1946

Dans son allocution, Olivier Carré a énuméré à l’adresse de ses invités et pour rappeler au Orléanais présents comment la ville, “…s’inscrit dans une longue tradition d’amitiés internationales.”
“En 1946, la ville écossaise de Dundee signe le premier accord de jumelage avec Orléans. La première alliance des temps modernes perpétuait la « Old Alliance  conclue en 1295 et qui permis aux écossais de prêter main forte à Jeanne lors de la délivrance d’Orléans. Je remercie chaleureusement Mme Evelyn Hood, seule citoyenne d’honneur d’Orléans étrangère, d’avoir accepté d’être en cette journée la porte-parole de toutes les villes ici représentées”. 

Décidément rien de nouveau sous le soleil, les Ecossais d’aujourd’hui encore luttent toujours contre les Anglais à l’heure du brexit.

A l’heure où les Français vont avoir dans trois semaines à choisir entre le repli sur soi ou une plus forte intégration européenne, Olivier Carré a estimé que  “le destin de notre ville, le destin de notre métropole, est de faire d’Orléans une ville ouverte sur le monde, d’en faire une terre d’échanges culturels, économiques, éducatifs, scientifiques, sportifs ; et cela depuis toujours.
Sur le même registre il a poursuivi, ..”Alors que pointe la tentation du déni, nous ne devons pas nous résigner. Et, en nous inspirant de Jeanne, nous devons résister. Nous devons dire non au repli sur soi, non à l’intolérance, non à la résignation. Et cela, nous devons le faire ensemble, au sein d’une Alliance. En construisant des villes, des métropoles ouvertes et conquérantes pour faire face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain.”

Penser global, agir local

Les villes plus fortes que  les Etats pour innover, échanger? “Le temps n’est plus dans le « penser global ». La cause est entendue. Nous en sommes partout dans le « Agir local ». Nous sommes dans le temps de l’action et il faut accélérer. Les solutions s’inventent tous les jours dans nos villes.”

“En dépassant les limites imposées par nos Etats, nos liens de solidarité matérialisent tout ce que peut apporter la diplomatie des villes, porteuse de valeurs profondément humanistes et fédératrices dans un monde inquiet et incertain.”

“Car dans chaque ville, qu’elle soit européenne, américaine, asiatique ou africaine, quel que soit son régime politique, nos habitants ont les mêmes préoccupations de qualité de vie, de sécurité sanitaire, d’intégration, de développement, de gestion des risques. Nous sommes tous, a fortiori les plus jeunes, convaincus de devoir assurer à nos villes un développement urbain maîtrisé et soucieux de son environnement.  En les interconnectant, en coopérant ensemble, nous nous
aiderons.La confiance que nous avons construite au fil du temps facilite les échanges et grâce à ces liens privilégiés, ensemble, nous irons plus vite. C’est cela la force de nos jumelages et qui les rend particulièrement actuels.” a conclu Olivier Carré.

Treize villes amies d’Orléans

Après le jumelage avec Dundee, le premier en 1946, Olivier Carré a rappelé l’historiques des autres jumelages:

Trévise, ville située non loin de Venise, est notre second jumelage, témoin du traité de Rome, le jumelage fut signé en 1959 dont nous fêtons aujourd’hui les 60 ans,
En 1960, Orléans signe un accord de jumelage avec la ville allemande de Münster.
En 1973, c’est le tour de la ville norvégienne de Kristiansand et la ville américaine de Wichita.
1978, Tarragone, ville espagnole, concrétise les nombreux échanges étudiants en signant son jumelage.
1986, la ville du Cantal, Saint-Flour, lie son culte de Jeanne d’Arc à celui d’Orléans par un accord de jumelage inédit.
1989, il y a exactement 30 ans, la ville d’Utsunomiya, située à 130 kilomètres de Tokyo, signait un accord fructueux
de coopération avec Orléans.
En 1992, Cracovie, seconde ville de Pologne, rejoint notre cercle de villes jumelles.
Depuis 1993, une convention de coopération nourrit d’intenses échanges entre la ville béninoise de Parakou et Orléans.
1994, la signature du jumelage avec Lugoj, ville roumaine, à quelques kilomètres de Timisoara, concrétise des années de solidarité d’Orléans à l’égard des habitants de cette ville libérée en 1989.
24 ans plus tard, en 2018, ce sont les villes américaine de la Nouvelle-Orléans et chinoise de Yangzhou qui sont devenues jumelles d’Orléans, portant ainsi à 13 le nombre de villes avec lesquelles Orléans a tissé des liens particuliers. 13 histoires particulières d’amitiés et d’échanges. 13 marques d’estime et de bienveillance. 13 attachements forts à nos fêtes johanniques”.

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