Six personnes interpellées avant la manifestation des Gilets jaunes à Orléans condamnées à de la prison ferme

Deux femmes et quatre hommes étaient jugés ce lundi 13 mai après avoir été interpellés vendredi soir dernier, avant la manifestation des Gilets jaunes. Ils étaient notamment en possession de cocktails Molotov, de balles de ping-pong explosives, de planchettes de bois cloutées… Les six personnes ont été condamnées à des peines allant de six mois à dix-huit mois ferme.

Manifestation de Gilets jaunes – Photo d’illustration.

 

L’audience aura duré plus de sept heures. Deux femmes et quatre hommes étaient jugés en comparution immédiate ce lundi 13 mai devant le tribunal correctionnel d’Orléans. Ces six personnes se sont déjà croisées, à l’occasion de manifestations de Gilets jaunes. Il sont originaires du Loiret, sauf celui qui se revendique comme étant un black bloc. Il est venu d’Alsace. Vendredi soir dernier, la veille de la fête de Jeanne d’Arc des Gilets jaunes, deux couples sont interpellés en flagrant délit dans le centre-ville d’Orléans. Après avoir effectué un repérage, ils disséminent des cocktails Molotov dans des bacs à fleurs, sur la place du Martroi notamment. Deux autres hommes sont ensuite interpellés dans un Renault Kangoo, garé sur le boulevard Alexandre Martin. À l’intérieur : cocktails Molotov, lance-pierres, planchettes cloutées, bombes de peinture, vêtements sombres, cagoules… Plus tard, lors d’une perquisition effectuée au domicile d’une des deux femmes, des balles de ping-pong explosives et un t-shirt orné du sigle anti-police Acab sont, entre autres, saisis.

“Je pensais qu’il y avait des excréments dans les bouteilles”

Mais à quoi était destiné tout cet arsenal ? Et ces cocktails Molotov cachés dans les massifs végétaux du centre-ville, alors que le rassemblement de Gilets jaunes était prévu au sud de la Loire ? Interrogé par la présidente sur ces armes incendiaires Éric, 47 ans, répond : “Ils n’avaient pas d’utilité particulière. C’était au cas où il y ait des débordements.” Pour Anthony, ce Chalettois de 33 ans, il s’agissait de “se défendre”. “Je participe à quasiment toutes les manifestations depuis le 17 novembre et j’ai souvent été attaqué“, avance-t-il. Lorsque la présidente questionne Sophie, 49 ans, sur sa présence lors des faits, celle-ci réplique : “Je pensais qu’il y avait des excréments dans les bouteilles.”

Nicolas Besonne, le procureur de la République d’Orléans est catégorique : “On a évité le pire”. Même si les prévenus sont “au départ des honnêtes hommes”, il dit ne pas vouloir que “Orléans devienne les Champs-Élysées”, avant de requérir des peines allant de un an avec sursis à deux ans ferme. Elles iront finalement de six mois à dix-huit mois ferme. Cinq personnes ont été incarcérées après l’audience. Des sanctions qui ont provoqué l’ire dans la salle, alors que des Gilets jaunes étaient venus en nombre assister à l’audience. “Elle est où la justice ?”, pouvait-on entendre. “C’est politique !”, s’est insurgé un homme. Une femme a été victime d’un malaise. La salle a finalement été évacuée par les policiers, qui ont ensuite formé un cordon devant le palais de justice.

 

Lundi 13 mai, à la sortie de l’audience :

Un document crée la polémique

Dans une note rédigée par les Renseignements territoriaux et communiquée par le procureur de la République lors de l’audience, on découvre que l’un des prévenus “l’artificier”, un autre “le gitan”. La défense assure ne pas avoir été informée de l’existence de ce document à diffusion restreinte avant qu’elle soit rendue publique. “Aucun élément ne permet de justifier l’emploi de ces surnoms. Nous n’avons pas les éléments de procédure” s’est exclamé un avocat. L’ensemble de la défense a demandé un ajournement du procès, ce que la présidente du tribunal a refusé.
 
 
Yohann Desplat
 
 
 

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