Son musée vient d’ouvrir à Chazelles-sur-Lyon: chapeau la Loire!

 IMG_3172Il est toujours aux premières loges, en tête de gondole, à Roland Garros ou au  Grand prix de Diane. Qu’on l’appelle “bibi” ou “galure”, “couvre-chef” ou “haut de forme”, le chapeau est plus qu’un accessoire de costume, c’est un supplément d’âme.

IMG_3163Il manquait un musée pour le raconter et lui rendre un hommage mérité. Un coup de chapeau. C’est fait et de belle façon à Chazelles-sur-Lyon, là haut tout au nord du département de la Loire. Au coeur des doux vallons des monts du Lyonnais, le conseil général a injecté 9 millions d’euros pour faire revivre l’usine Fléchet, et l’âge d’or des années 1930, lorsque Chazelles abritait 28 fabriques et employait 2.500 ouvriers. Soyons fou remontons jusqu’à la légende des origines du chapeau à Chazelles-sur-Lyon.

Retour de croisades, les chevaliers de Maltes auraient mis du poil de chameau dans leurs bottes pour éviter les meurtrissures. Le frottement et la chaleur auraient donné le feutre… Plus tard, ce sont les lapins qui ont payé de leurs poils un lourd tribut au chapeau (trois chapeaux par lapin).  Les chapeliers étaient à Chazelles, les grossistes en mode étaient à Lyon.

Une cheminée de 35 mètres

IMG_3209A l’arrivée dans la cour fermée de cette usine en pierres de taille de granit, la hauteur de la cheminée (35 mètres) dit bien la puissance des Fléchet, uns dynastie qui fournissait les marques françaises les plus prestigieuses, Gelot, Lanvin, Cardin, Hermes, le haut du panier pour le haut du chapeau. 

 C’est aujourd’hui un bel endroit mais où la classe ouvrière naguère a souffert devant des machines bruyantes, brûlantes. « L’atelier le plus pénible c’était celui des fouleuses, réservées aux femmes qui parlaient fort pour couvrir le bruit des machines ». dit Yvan Perreton, responsable de la communication et du centre de formation, notre guide.

Quand les chapeaux sont bichonnés

IMG_3252De la cloche au chapeau, tout le processus de fabrication est montré avec les grosses machines restées dans leur jus ou presque. Tout est détaillé aussi à l’appui de fresques photographiques en noir et blanc en guise de mode d’emploi, de mannequins pour illustrer ces jolis mots de carreleteuse, gingueuse de bords, gingueuse de tête, abatteuse de bord, apprêteuses.

Et ces ustensiles qui fleurent bon le rétro, cuillère à teinture, trébuchet, trépied, fumerettes, avaloirs, ovaliseurs…Vous saurez pourquoi et comment l’on bichonnait un chapeau. Ca donne envie, mais la réalité était moins… enviable !

Au fil des salles, le visiteur peut jeter un œil sur la boutique d’un chapelier détaillant et un mobilier de rangement superbe, comme ces armoires à glace, balaises, venues d’un chapelier de Saint-Etienne. La dernière fabrique a fermé en 1998 à Chazelles, mais au cœur du musée qui a ouvert au début du printemps, une jeune  chapelière-modiste perpétue l’art du chapeau et le processus de fabrication, des finitions au garnissage, qui sont montrés au visiteur.

Parfois dans de petits ateliers travaillaient des chapeliers qui étaient l’aristocratie de la classe ouvrière. Des ateliers qui fournissant les grosses fabriques. « Ils gagnaient plus que les gueules noir de Saint-Etienne au sud du département ». Comme dans les corons du nord, l’employeur pratiquait le paternalisme, assurant la vie sociale. Un temps bien loin où le capitalisme créait –aussi- de la richesse.dans les terroirs « Ici l’on était modéré, à mi-distance de Lyon et Saint-Etienne » déjà rivales bien avant les derbies de foot entre les  gones et les Verts.IMG_3215

IMG_3227Alors que la dernière fabrique a fermé en 1997 à Chazelles-sur-Lyon, au cœur du musée, la chapellerie continue de battre grâce à une jeune modiste, Marion Clément qui travaille devant le visiteur, des finitions au garnissage des chapeaux, exécute des commandes pour la Sainte Catherine et pour le théâtre…

 Le conservatoire de la chapellerie

IMG_3248Centre de formation, fonds documentaire,  atelier de production complètent le musée en lui-même et font de l’usine Fléchet le conservatoire de la chapellerie en France.  Des vitrines sont aussi consacrées au chapeau à travers les âges et les continents. Comment un tel endroit aurait-il  pu ne pas pas rendre hommage à ces chapeaux de talent  qui ont coiffé de têtes célèbres, ceux des politiques, de François Mitterrand et son large feutre à la Bruand à Antoine Pinay (enfant de Saint-Chamond non loin de Chazelles) et son drôle de petit chapeau rond comme un nouveau Franc, ceux des people, de Grace Kelly dont le chapeau portait bien son prénom, à Maurice Chevalier, des scientifiques de Cousteau et son bonnet rouge à Marie Curie et ceux des toqués, les « gastros » comme Marc Veyyrat, Troisgros (des voisins eux aussi à Roanne), Bocuse…

Une pépinière autour du musée

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Didier Laforest.

Autour de l’usine, cinq ateliers d’artisans d’ art ont été conviés par le conseil général sous forme de pépinière.  Créatrices de mode, sculpteurs, modistes, ils sont dans l’artisanat d’art contemporain. 

Didier Laforest , à l’origine sculpteur sur bois, se consacre de plus en plus à retrouver l’art du formier, celui qui fait les formes en bois sur lesquels se modelle le chapeau.

Il  travaille des commandes comme pour le prix de Diane à partir de vieux patrons. Il fait aussi des présentoirs. « Le dernier formier a fermé en 1975. S’installer ici c’est un pari sur l’avenir de la chapellerie.” De nos jours les chapeaux sont fait pour la plupart en République tchèque.

 Jamais prise de tête

chepo2 001Quelle que soit son âge, ne pas rater, l’exposition temporaire des photographies de Willy Maywald, des photos noires et blancs de 1936 à 1968, un vraie régal de bibis signés Balmain, Jacques Heim, Dior, qui disent toute une époque et même plus. 

A Chazelles,  ces variations, industrielles, artistiques,  culturelles, sur le thème du chapeau, ne sont jamais « prise de tête ».  La muséographie exceptionnelle vous fait rentrer dans le sujet sans jamais lasser.  Ceux qui l’ont conçu et animent ce musée méritent bien sûr un …grand coup de chapeau.

Christian Bidault.

 

 

 

 

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La Bâtie d’Urfé, “l’autre” château de la Loire, a failli disparaître

 

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Un citoyen du Val de Loire se sent ici en terre connue. La galerie du château de la Bâtie d’Urfé saute aux yeux des coutumiers de la Renaissance.  Elle fait songer tout de suite à celles qui ceinturent les châteaux du Clos Lucé à Amboise, de Blois, mais en plus modeste. Nous sommes à quelques pas du fleuve royal, au nord ouest du département de la Loire, une douce plaine entre Roanne et Montbrison, coincée entre les monts de la madeleine, du Forez et du Lyonnais.

IMG_3421En ce sens ce château méconnu est un «château de la Loire », planté bien en amont de ses confrères du Blaisois et de Touraine. Claude d’Urfé son bâtisseur, un « visiteur du soir » de François 1er, rapporta ces inspirations de la Renaissance italienne du fameux concile de Trente où l’avait envoyé le roi de France. Ainsi le sphinx qui médite au bas de la rampe cavalière, a son original au Capitole à Rome.

Pillé par les brocanteurs (et les antiquaires), dans les années 1 900, la Bâtie d’Urfé a failli être détruite . Sauvé par une société savante de Montbrison puis remis sur pied grâce aux subsides du conseil général. Ceint d’un élégant parc, le château d’Urfé a inspiré le petit-fils de Claude Honoré pour l’écriture de l’Astré, ce roman plus que fleuve, deux cents personnages, cinq tomes et 5.000 pages, qui conte les aventures passionnées d’Astrée et Céladon, sur les bords du Lignon.

Une grotte de rocaille unique

Mais la richesse, là encore très méconnue de la Bâtie d’Urfé, est une grotte de rocaille, du 16 ème, unique en France avec celle de Fontainebleau dont les seuls spécimens connus en Italie sont à Mantoue et à Rome.

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Construite pour se rafraîchir, cette grotte bâptisée « salle des rocailles » est décorée de sables colorés, coquillages et galets. Véritable anti-chambre païenne qui met en scène Bachus, entouré de naïades nymphes et cariatides, la grotte, rénovée en 2008, précède une chapelle qui abrite aussi quelques trésors comme l’autel et qui a été entièrement faite en Italie.  Les boiseries sont au Métropolitan à New York.

 

 

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 Le baba cool qui tordait les fourchettes a fini place Vendôme

IMG_3445Il a commencé en tordant une fourchette. Qui est devenue bracelet. A l’époque, un peu marginal sur les bords, Philippe Tournaire roulait en Deuch, vivait au pays à Saint-Germain Laval, portait le cheveux long façon “baba” et se façonnait une carrière de « sculpteur sur métaux précieux ». Gosse il « adorait aller chez le maréchal-ferrand” C’est dire si l’homme qui le raconte ne se prend pas au sérieux. Aujourd’hui pourtant, il tient boutique place Vendôme et son présentoir à l’entrée de sa boite à Montbrison, est une Jaguar coupée en deux. « J’ai un style qui ne ressemble pas aux autres, je ne suis pas passé par le conservatoire ».

D’abord artiste, façonneur génial de matière, Philippe Tournaire malgré son statut de “maître artisan d’art joailler” n’a jamais été tout à fait admis dans les cénacles des grands joailliers.

IMG_3508Il a continué contre vents et marées à fabriquer dans ses ateliers de Montbrison, “afin de garder la maîtrise d’un style unique” des bijoux baroques, pétris d’histoires et de voyages. .  “Mes bijoux font peur , il faut une accoutumance mais une fois que les gens ont adhéré, ils me suivent…”.

Comme Johnny Halliday, pour lequel il a fait un bracelet serti de diamants noirs et un ceinturon, et qui a contribué à la réputation de Philippe Tournaire. “J’ai eu la chance de ne pas apprendre et d’avoir le temps” dit cet homme de 63 ans, qui a gardé de son Montbrison natal,l’empathie des gens de la Loire pour leur prochain.

De Moscou à Saint-Tropez

Dans sa collection “architecture”, il reproduit sur une bague les monuments du monde, de Notre-Dame à Sainte-Basile à Moscou, en passant par la Tour de Londres et Saint-Tropez. Sur le marché chinois Philippe Tournaire est associé à Dupont, un autre symbole du luxe à la française.

Et puis comme Philippe Tournaire, malgré le succès, reste fleur bleu, il vient de créer pour son fils qui les commercialise, une série de cadenas, comme ceux que les IMG_3521amoureux accrochent aux ponts, du Ponts des arts au pont Charles à Prague, mais à enfermer autour du cou.

 Ch.B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Loire: les bonnes adresses

www.loire.fr 

  www.loiretourisme.com

M. Fléchet.

M. Fléchet.

La Chapellerie, atelier-musée du château, à Chazelles-sur-Lyon, 31 rue Martouret. 04 77 94 23 29.

www.museeduchapeau.com

Ouvert tous les jours de 14 à 18h, fermé le lundi. En juillet et août de 11h à 18h 30. 

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Une styliste qui bénéficie de la pépinière.

Tarifs: 6€ (réductions seniors, enfants, groupes…). Pépinière artisans d’art, rue Marguerite Gonon, à Chazelles-sur-Lyon.  Julie Bonnard créations (vêtements) , 06 62 08 35 25. Lydie Thonnerieux (sculpture) 06 48 65 62 29. Bibi fanfreluche (bijoux, sacs, accessoires…), Didier Laforest, Laforest des formes, 32 rue André Ruel, Saint-Etienne, 42 000, 04 77 79 83 89. 

Le château de la Basti d’Urfé, à Saint-Etienne-le-Molard

Ouvert d’avril à septembre, tous les jours de 10h à 19h, d’octobre au 1er avril de 10h à 13h et de 14h à 17h.  Du 1er décembre au 15 mars les samedis et sur réservation en semaine. . 04 77 97 54 68

Le prieuré de Pommiers (près du château de la Basti d’Urfé, à 7 km) mille ans d’architecture de puis le Moyen-âge), expositions, concerts, visites thématiques, à voir absolument.  04 77 65 46 22. prieure-pommiers@cg42.fr programme sur www.loire.fr

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 Le bijoutier, architecte du bijou

Dans l'atelier de bijoux à Montbrison.

Dans l’atelier de bijoux à Montbrison.

Philippe Tournaire, a. à Montbrison, 8 rue Tupinerie, 04 77 96 08 84 à Lyon Confluence et à Paris, place Vendôme. 

WWW.philippetournaire.com

 

 

 

 

 

Un chocolatier, Philippe Bel

Philippe Bel dans son atelier de Montbrison.

Philippe Bel dans son atelier de Montbrison.

Chocolatier, , MOF à Montbrison, lauréat 2012 des “c                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    roqueurs de chocolat”, chocolats fourrés de ganache nature du Pérou ou menthe poivre vert. 33 rue Tupinerie à Montbrison.

www.chocolatphilippebel.fr

  

Séjourner.

La Charpinière à Saint-Galmier. Un hôtel haut de gamme, avec piscine, spa, salle de sport, cours de gym, remise en forme, classé “Relais du silence”, restaurant, brasserie, salle de séminaire.  La Charpinière à Saint-Galmier. Une bonne adresse. 

Chambre à partir de 135€. Jurnée d’étude, chambre single, 1/2 pension, 197€.

www.lacharpiniere.com

 Se restaurer.

A l’Atelier-musée du chapeau, au Chapelier gourmand, 04 77 06 92 83. Bonne cuisine traditionnelle, environ 20€.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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