Jean-Paul Delevoye (CESE) et Brignoles: “réveillons la citoyenneté”

IMG_3938

Les relais démocratiques, les courroies de transmission entre le peuple et les politiques, partis, syndicats, associations, sont-ils en panne? Tenaillés par la dureté de la vie quotidien, les Français peuvent-il encore entendre ceux de leur représentants qui œuvrent dans la prospective comme le CESER (Conseil économique, social et environnemental régional)? Lundi à Orléans, celui-ci recevait Jean-Paul Delevoye, président national du CESE, ancien ministre de la Fonction publique et de l’aménagement du territoire, puis médiateur. Il s’est exprimé sur les missions de la société civile et à l’occasion d’un point presse avec Xavier Beulin, le président du CESER Centre, a répondu à une question de Magcentre sur le résultat de la cantonale de Brignoles (Var). Jean-Paul Delevoye a été ministre de la Fonction publique, de l’Aménagement du territoire et de la Réforme de l’État dans les deux premiers gouvernements Jean-Pierre Raffarin. Puis, il a été Médiateur de la République et depuis 2010, il préside le Conseil économique, social et environnemental (CESE) national.

“Je ne supporte plus les partis dits républicains s’accuser les uns, les autres pour fuir leurs responsabilités et vouloir marginaliser, voire condamner ceux qui votent Front national. Le vote Front national est à la hauteur de le désespérance et du reproche qui est fait aux partis républicains.. Quand  l’offre est mauvaise on devrait s’interroger. Ce qui s’est passé avec Pépé Grillo en Italie et ce qui se passe avec Marine Le Pen n’est pas, me semble t-il, une adhésion aux thèses, c’est un vote anti-système. Vous avez des désespérés à droite et des désespérés à gauche. Avec l’alternance, on a entendu des gens dire blanc quand ils étaient dans l’opposition et dire noir quand ils sont dans la majorité, et l’inverse. Donc, les électeurs en concluent qu’ils n’ont pas de conviction.

Des électeurs se disent “moi je suis en situation de survie, je ne vois pas pourquoi vous me demander mon sentiment sur votre jouissance du pouvoir. Ce qui m’intéresse c’est quel projet vous avez.” On en revient à la notion de vision et de l’hypocrisie de l’offre politique: à gauche,  ils s’entendent pas mais ils s’entendent pour le pouvoir et à droite ils ne s’entendent pas mais ils s’entendent pour le pouvoir donc l’électeur dit “ça suffit”. Et le seul qui apparaît cohérent avec un chef, un projet, un parti, c”est le Front national. Je souhaiterais que le résultat de dimanche soit un appel à la prise de conscience sur le fait que l’opinion nous dit “donnez-nous les perspective d’un avenir auquel on peut croire…”. On ne souffre pas d’un excès de politique on souffre d’un excès politicien, on ne souffre pas d’un excès de religion mais d’un excès de manipulateurs. Le 20 ème siècle était celui de la différence raciale et du  nationalisme, le 21 ème siècle c’est celui de la différence religieuse.

Réveillons la citoyenneté. De plus en plus de gens sont des consommateurs de la République…Il faut qu’on retrouve le souffle politique…Lorsqu’on est en crise on ne fait pas parler le comptable on fait parler le patron qui a un cap qui a un cap , une vision, une mobilisation un projet…” .

Recueilli par Ch.B.






Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail