Touraine: des primaires PS sans surprise mais Jean Germain rit jaune

Jean Germain.

Jean Germain.

Jeudi dernier, les militants PS d’Indre et Loire étaient appelés aux urnes pour désigner les premiers des socialistes aux prochaines élections municipales de mars 2014. Pas tous les militants d’ailleurs puisqu’il n’y aura pas un candidat PS dans chaque commune d’Indre- et-Loire, beaucoup de petites communes étant dirigées par des maires non encartés ou sans étiquettes.

Dans les 16 villes concernées, on ne peut pas dire qu’il y avait beaucoup de suspense puisqu’un seul candidat se présentait. Deux exceptions cependant : Saint Pierre des Corps où Jean-Marc Pichon l’a emporté d’une voix sur son challenger Cyrille Jeanneau. Et Chinon où les affaires sont plus compliquées : Jean-Pierre Duvergne, actuel maire, a bien été désigné par les militants. Bernard Sicot, jusque là membre de l’équipe municipale (débarqué depuis quelques jours) a fait savoir aux militants qu’il mènerait une liste concurrente à celle du maire sortant mais qu’il n’acceptait pas le principe des primaires car il en contestait l’organisation. Il y a donc de l’ambiance dans les rangs de la gauche chinonaise.

Naufrage attendu à Chinon

Chinon.

Chinon.

Entre un maire peu charismatique et peu aimé et un adversaire du même bord aussi inamical, il y a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête du pauvre Yves Dauge, qui avait tenu « sa » ville avec tant de fierté et d’efficacité avant de passer le flambeau à son successeur. Il se dit d’ailleurs en coulisses que l’ancien sénateur, ancien conseiller de François Mitterrand aurait été approché, mais en vain, pour se représenter afin de sauver la ville du naufrage qui l’attend très certainement.

Dans la plupart des autres communes, l’unique candidat PS était désigné avec 100% des voix. Par ci par là, un vote blanc ou nul abaissait le score à 98 % ou 95% des voix. Pas de quoi faire rougir l’élu en question.

Tours: 21 votes blancs et nuls

Une seule ombre au tableau, le cas de Tours. Bien sûr Jean Germain, là encore unique candidat, a été désigné par les militants mais si l’on regarde d’un peu près ce scrutin, il est moins reluisant que partout ailleurs. Le taux de participation de 58,79% était à peu près conforme à d’autres votes similaires, mais ne montrait pas d’engouement particulier dans cette circonstance : 107 votants pour 183 adhérents à jour de leur cotisation, on ne peut pas parler d’un chiffre massif. D’autre part, le candidat n’a pas rassemblé 100% des suffrages comme dans les autres villes, loin s’en faut. 80,37% des suffrages exprimés sont allés sur son nom, seulement. 17 votes blancs et 4 nuls montraient un refus de certains de soutenir une candidature qui risque de devenir assez controversée. Bien sûr il y a l’affaire des mariages chinois avec une mise en examen qui pend très certainement au nez du premier magistrat de Tours. On ne peut pas dire à ce sujet que son passage dans l’émission d’Harry Rozelmack ait beaucoup amélioré son image et sa crédibilité dans cette affaire ! On peut même parler de bourde en terme de communication car en refusant de s’exprimer auprès de la presse locale pour aller ensuite sans crier gare se répandre dans une émission comme 7 à 8, Jean Germain se met à dos les journalistes locaux qui jusque là avaient été plutôt gentils avec lui mais chez lesquels on sent une grogne monter inexorablement.

Même le nouveau tramway…

La mairie de Tours, toujours déstabilisée par l'affaire des mariages chinois.

La mairie de Tours, toujours déstabilisée par l’affaire des mariages chinois.

Et puis il y a tout ce qui pèsera en plus sur lui, de son fait ou non : le mécontentement général devant la mise en place des nouveaux rythmes scolaires qui ne se fait pas sans douleur, la colère face à la soit-disant réforme fiscale, le ras le bol d’une grange majorité de gens devant l’accélération des plans sociaux (nous sommes gâtés en Touraine avec le cas Michelin), l’attachement des Français au non cumul des mandats, mis à mal par le fait de briguer ce nouveau mandat alors qu’il vient d’être élu sénateur, etc… Et même le tramway, tout juste mis en service depuis deux mois, et dont chacun s’accorde à trouver qu’il est très beau, pourrait bien jouer un mauvais tour à celui qui en a fait son cheval de bataille. S’il sert bien tous ceux qui habitent et travaillent sur son tracé, il complique la vie des autres dont les trajets s’allongent en distance et en temps.

Pas de quoi donc pavoiser pour le maire de Tours qui ne part pas vraiment dans cette bataille avec tous les atouts en main. Si en plus, à droite, le trio donné partant finissait par se déclarer clairement et sans couacs entre ses différents membres, on rentrerait en réelle phase de campagne. Bien malin qui pourrait dire aujourd’hui qui en sortira gagnant.

AM Delahaye

 






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