Les arts de la table ne sont pas dans leur assiette malgré la télé-bouffe

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Le secteur des arts de la table qui tient congrès à Orléans, souffre avec un chiffre d’affaires qui a encore baissé de 2,5% en deux ans. Pourtant les chaînes de télé mettent la cuisine à toutes les sauces. Top Chef, Master Chef, Un dîner presque parfait: on ne compte plus les émissions à succès. “La cuisine renvoie à des valeurs de partage auxquelles la crise a redonné une place centrale”, répond Tristan Benhaïm, vice-président du groupe de conseil Sociovision.  Mitonner de bons petits plats pour les copains est donc devenu tendance. Paradoxe: le marché des arts de la table, n’en profite pas. Selon une récente étude , les ventes au détail, soit les trois quarts du total, ont baissé de 4,5% en deux ans, et la poussée dans le domaine de l’hôtellerie restauration (+4%) ne compense pas ce recul.

Le poids de la Chine

La liste de mariage ne fait plus recette, son chiffre d’affaires est en chute libre, en repli de 14,5 % en deux ans, alors qu’il atteignait encore 260 millions en 2007. Par contre, le poids de la Chine dans les importations françaises creuse le déficit commercial du secteur. Elle progresse encore dans le petit électroménager, le textile, la faïence ou la vaisselle plastique.

gienRésultat, le secteur s’est contracté de 2,5% depuis 2010, à 4,8 milliards d’euros. Le leader mondial, Arc International, a réduit son périmètre et vu son chiffre d’affaires baisser de plus de 11% l’an dernier. Quant à la balance commerciale, elle reste dans le rouge du fait des exportations chinoises, avec un déficit d’environ 400 millions d’euros, comparable à 2010. 

Le nombre de fabricants en France ne cesse de baisser, et leur chiffre d’affaires, à 990 millions d’euros, a reculé de 17% depuis 2010.

L’avenir des e-boutiques

awrt2Le web, fil conducteur du 4 ème colloque des arts de la table organisé cette semaine à Orléans, sera-t-il la planche de salut? Les fabricants en sont convaincus, même si tous n’avancent pas au même rythme. Chez Arc, l’heure est à la réflexion, pour trouver la meilleure rentabilité. “Nous pourrions choisir de nous adosser à des sites multi-produits déjà existants comme Amazon, Delamaison, La Redoute, etc.”, indique Gwenaëlle L’Henoret, directrice marketing Europe. Guy Degrenne, lui, a pris une longueur d’avance. Tourné à 90% vers le marché français, il réalise déjà 8% de ses ventes sur le net, grâce à une équipe et une logistique dédiées. Sa e-boutique, lancée il y a deux ans et demi, s’est enrichie de nouveaux services, comme “une réservation en magasin, une livraison en 48 heures, une aide à la gestion des stocks pour les détaillants, ou un devis en ligne pour les professionnels”, explique le président du directoire Thierry Villotte.

Passer à la vitesse supérieure avec le web

gien2D’autres, comme la faïencerie de Gien qui a refondu son site l’an dernier, enregistrent des chiffres de vente plus limités, mais l’ambition est tout aussi forte. “Il faut passer à la vitesse supérieure, pour générer des ventes, et surtout faire bouger la marque dans l’esprit du public. C’est capital pour notre survie”, plaide Aude de la Rivière, directrice marketing. “Mais nous devons batailler, notamment auprès des détaillants qui y voient parfois une concurrence déloyale alors que c’est au contraire un plus, pour eux aussi!

De fait, le réseau des commerçants indépendants, très tourné vers des valeurs “patrimoniales”, reste à la traîne, avec à peine la moitié d’entre eux présents sur la toile. Pourtant, “ils n’ont plus le choix”, observe Guy Bourgeois. A terme, c’est en en effet 10% des ventes du secteur qui seront réalisées sur le web.

 

 

 

 






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