Stéphane Le Foll et la PAC version 2014-2020: “les 50 premiers hectares seront surdotés”

 

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture.

Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture.

Défense de l’élevage, maintien des chefs d’exploitations et de l’emploi, encouragement au verdissement

 

Entre 2014 et 2020 la part française de la politique agricole commune (PAC) sera de 9,1 milliards d’euros annuels. Bien que cette dotation soit en léger recul, 2%, par rapport à la période précédente, elle demeure la plus élevée de tous les pays de l’Union européenne. L’agriculture française devra se répartir une enveloppe de 7,7 milliards d’euros accordée au titre des aides directes à laquelle il faut ajouter 1,4Md€ au titre du « second pilier » dédié au développement rural.

Défense de l’élevage

A la veille de son départ pour l’Afrique du Sud où il devait accompagner le président de la République dans sa visite d’État, le ministre de l’Agriculture a pris le temps de recevoir la presse quotidienne régionale pour expliquer ce que furent les négociations françaises dans ce domaine pendant plus d’un an avec le reste de l’Europe et les résultats qui en découlent. ‘ Tous les éleveurs, caprins comme bovins, vont voir leurs aides augmenter », a bien précisé Stéphane Le Foll . Cet objectif clairement affiché se traduira par une augmentation de 10 à 15% des aides couplées à la production, à la mise en place d’une prime laitière et à l’encouragement à l’autonomie fourragère. Viendra s’y ajouter, prélevé sur le second pilier, le doublement de l’enveloppe actuelle consacrée à la mise aux normes des bâtiments d’élevage.

Maintien des chefs d’exploitation : 52 premiers hectares « surdotés »

IMG_0007« Nous voulons consolider le nombre d’agriculteurs et de chefs d’exploitations. Derrière cette démarche se profilent la filière, les salaires et l’emploi », a dit le ministre. « Les 52 premiers hectares d’une exploitation seront surdotés. Cela représentera à partir de 2015 avec une montée en puissance jusqu’en 2018 jusqu’à 20% des aides directes, soit 1,5Md€. C’est un engagement fort comme les emplois d’avenir qui s’appliquent également à l’agriculture », a martelé le ministre. Chaque membre d’un Gaec (groupement agricole d’exploitation en commun) pourra percevoir la surdotation car les hectares apportés seront pris en compte pour chacun et non décomptés globalement. A ce stade de la négociation les EARL (exploitation agricole à responsabilité limitée) en sont exclus. « Nous avons voulu privilégier une dynamique collective d’agriculture sans fermer la porte à la compétitivité et à la performance » a expliqué Stéphane Le Foll.

                                                                          Verdissement

Du producteur au consommateur.

Du producteur au consommateur.

Il s’agit de suspendre le versement de 30% des aides directes au maintien des pâturages permanents, de trois cultures distinctes et de réserver une zone à l’écologie (haies, arbres…) hors prairie permanente. Le sujet est polémique mais le ministre espère l’incitation assez forte pour vaincre les résistances même chez les plus réfractaires. « Il n’est pas vrai », dit-il « comme je l’entends trop souvent que lorsque l’on veut faire de l’écologie on perd de l’argent. On peut faire de l’agro-écologie rentable si l’on s’en fixe l’objectif ».

Françoise Cariès

 

 






Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail