Vincent : une exposition événement au Musée des Beaux arts de Tours

NCENT La leçon de labourage

François-André VINCENT – La leçon de labourage. 1793-1798 – Huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts.

 

Jusqu’au 19 janvier et en avant-première de sa présentation au musée Fabre de Montpellier, le Musée des Beaux Arts de Tours accueille la première exposition consacrée au peintre François-André Vincent (1746-1816), un « artiste entre Fragonard et David ».

Si l’histoire de l’art est une grande galerie d’oublis, l’exposition qui vient de s’ouvrir au Musée des Beaux Arts de Tours, reconnue d’intérêt national, vient très opportunément nous faire découvrir un artiste majeur de la fin du 18ème siècle, jusque-là trop négligé.

Il a fallu la passion et la persévérance de Jean-Pierre Cuzin, ancien conservateur général du département des peintures du Louvre, pour mener à bien cette entreprise qui donne également lieu à la parution d’une importante monographie consacrée à François-André Vincent (édition Arthena). Prix de Rome à 22 ans en 1768, celui qui fut le contemporain – et d’une certain façon le rival en peinture – de David, présente une œuvre dense et variée.

Vincent tient une place essentielle dans la peinture française comme promoteur de sujets empruntés à l’Antiquité comme ceux pris à l’Histoire de France (voir notamment le monumental « Molé et les factieux » exceptionnellement prêté par l’Assemblée Nationale à cette occasion). Il est aussi un dessinateur magnifique et un portraitiste magistral. Ses toiles, qui offrent une matière picturale savoureuse et manifestent parfois un timbre caravagesque, témoignent de références explicites de l’artiste à ses maîtres comme avec ce laboureur de « La leçon d’agriculture » (voir illustration) qui évoque le geste d’un Dieu le Père de Michel Ange tombé du plafond de la chapelle Sixtine.

En découvrant l’étendue de son talent, on comprend aisément que plusieurs de ses toiles aient pu être attribuées à des peintres aussi différents que Fragonard, David, Géricault ou Delacroix…

L’oubli de l’œuvre de François-André Vincent a duré presque deux siècles mais il suffit d’une heure à découvrir cette exposition pour redonner à cet artiste, néo-classique et précurseur du romantisme, sa juste place dans l’histoire de l’art.

Olivier Rousseau

François-André Vincent : Un artiste entre Fragonard et David, à voir au Musée des Beaux Arts de Tours (18 place François Sicard) jusqu’au 19 janvier 2014.

http://www.mba.tours.fr/index.php?idtf=5190&TPL_CODE=TPL_EXPOSITION&EXPOSITION=10






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