Orléans: un bilan du logement social très Carré

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La Maison de l’emploi.

Olivier Carré (UMP) a t-il un grand avenir à Orléans? Vendredi fut en tous cas un grand jour pour l’adjoint à l’urbanisme du maire sortant. Tant sur l’office HLM que sur l’urbanisme, il a fait presque l’unanimité, en conseil municipal. On aurait dit Manuel Valls au sein du gouvernement Ayrault. Plébiscité à gauche comme à droite. En ce qui concerne Olivier Carré, député UMP, c’est plutôt dans le sens inverse. Même Serge Grouard qui rêve éveillé en conseil municipal de consensus, a du envier son adjoint.

 6 500 logements dans les Résidences

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La rédentialisation, change l’image du quartier, sans conteste.

L’exercice logement social consistait à faire le point sur les Résidences de l’Orléanais, l’organisme HLM de la ville. Sur les 60 000 logements que compte Orléans, 6 500 sont gérés par les Résidences de l’Orléanais. Quelques chiffres: 4 400 logements sont à une moyenne équivalent T3 de 250€ par mois soit 60% en dessous des prix du marché.

La résidentialisation (la protection des immeubles avec accès sécurisée) a concerné 2 794 logements, 3 553 sont équipés de vidéo-protection (40% du patrimoine), au total 200 millions d’euros ont été consacrés à la qualité des logements en douze ans. A noter un dispositif original, le blocage du loyer à 20 % du revenu pour les locataires de plus de 62 ans. Autre motif de satisfaction pour Olivier Carré, les locataires ne quittent plus leur logement par défiance pour le quartier ou le logement. Quant aux impayés, ils ne sont que 3% contre 9% en 2001. “On prend en compte les problèmes, on n’envoie pas l’huissier”, explique Olivier Carré.

 65% de personnes seules

“Nous logeons dans les Résidence de l’Orléanais les plus bas revenus de l’agglomération”, constate l’adjoint à l’urbanisme qui dresse un portrait des nouveaux locataires: 65% sont des personnes seules, alors qu’il n’y a que 26% de T1 et T2. Il y avait 450 logements vides à la Source au début du GPV (Grand projet de ville) piloté par le même Olivier Carré.

IMG_4052Même le communiste Michel Ricoud, président de la CNL (Confédération national du logement) et qui siège au conseil d’administration des Résidences de l’Orléanais le dit: “Orléans n’a pas à rougir de sa politique du logement social”. Juste un bémol, Michel Ricoud trouve quand même qu’il y a “plus de plaques d’immeubles de grand standing en centre ville que de logement social”. Et que les charges continuent de grimper. Dominique Lebrun (PC) relève aussi que le pourcentage du loyer dans les revenus augmente de plus en plus (jusqu’à 1/3).

Toute la misère de l’agglo…

carreReste que chacun en convient, le GPV a complètement changé le visage de la Source.  Ceux qui ont connu des îlots de pauvreté qu’étaient les allées Adélaïde de Savoie et autres voies laissées à l’abandon le reconnaissent. Le patron de l’agglo, Charles-Eric Lemaignen, a rappelé, lui, que la moyenne des logements sociaux sur l’agglomération est de 22% , alors qu’elle monte à 25% sur Orléans… Pour sa part, Michel Brard (PS) s’est interrogé sur le différentiel entre les loyers des Résidences de l’Orléanais et ceux des autres bailleurs sociaux.

Orléans ne peut pas loger toute la misère de l’agglomération. Quand les autres communes prendront-elles leur part normale de logement social? Pas de caricature, a lancé Charles-Eric Lemaignen, ce ne sont pas forcément les communes du sud, “bourgeoises”, Olivet et Saint-Jean-le-Blanc, mais Ingré et Chécy pour les villes de plus de 5 000 habitants, qui remplissent le moins leur quota.

Le GPV a changé l’image réelle de la Source, mais, prévient Ghislaine Kounowski (PS), “attention de ne pas déplacer les problèmes plus au sud”, au-delà de la Bolière par exemple.

Reste de fait, l’image fantasmée, encore véhiculée par le quartier de la Source, qui malgré les logements résidentialisés, les équipements sociaux réussis (Maison de l’emploi, médiathèque, chaufferie biomasse, jardins, collèges…) reste celle de “banlieue” à problème. Elle  repose sur quelques dealers qui zonent à deux pas du commissariat, un container qui explose, deux voitures brûlés un soir d’été, et une délinquance résiduelle…

Les maisons qui restent à vendre, des années durant, dans les zones pavillonnaires résidentielles proches, prouvent que cette image de “quartier à problèmes” ne change que très lentement.

Ch.B

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Une maison médicale enfin

La future Maison médicale sera implantée dans le quartier de la médiathèque.

La future Maison médicale sera implantée dans le quartier de la médiathèque.

Dans le désert médical orléanais, la Maison de Santé pluridisciplinaire ((MSP) a enfin trouvé un terrain à la Source. Là encore, comme en témoigne une actrice du dossier, Olivier Carré a pris les choses en main et accéléré les procédures. Résultat, une implantation à proximité des Genets, près de la médiathèque, au rez-de-chaussée d’un immeuble réservé aux personnes âgées. 400 000€ de subvention de la ville, 225 000 de l’Etat, 225 000 de la Région et un emprunt de l’OPHLM de 618 000€ et le tour de table est bouclé. Douze praticiens vont s’y installer, il y avait urgence, justement pour que les patients ne se retrouvent pas aux urgences du nouvel hôpital, faute de généralistes…Sont prévus cinq généralistes, quatre infirmières, deux orthophonistes, un pédicures. Livraison en 2015.

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L’impérialisme supposé d’Orléans

Le plan local d’urbanisme d’Orléans, également présenté par Olivier Carré, s’impose t-il aux autres communes de l’agglomération? C’est ce qu’a estimé Corinne Leveleux-Teixeira, leader de l’opposition municipale. L’adjoint  au maire d’Orléans a beaucoup insisté sur le concept de “ville jardin”.  Quelques chiffres qui ressortent d’un document ,de 25 000 pages dont l’élaboration a commencé en 2011: 3.500 habitants de plus à l’horizon 2025, 7 700 trajets par jour Orléans-Paris, 500 logements construits par an, 7,3 hectares de plus de zone naturelle…

Pour Corinne Leveleux-Teixeira ce document “parfois confus, n’est pas à la hauteur des enjeux” et elle a regretté une faible consultation. Elle a d’autre part souligné “l’absence de cohérence avec les projets des autres communes de l’agglomération “. Et avec le SCOT (Schéma de cohérence territoriale d’agglomération). Exemple: le projet de trame verte avec Olivet, le projet Dessaux avec Fleury…Etonnant, Charles-Eric Lemaignen n’a pas pris la parole pour répondre sur cette “impérialisme” supposé d’Orléans.

 

 

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