Fagor: chronique d’une catastrophe annoncée pour les 600 salariés orléanais

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Sur le site de Saint-Jean-de-La-Ruelle (Loiret) qui emploie environ 600 personnes c’est l’incompréhension. “On savait qu’il y avait des difficultés depuis plusieurs mois dans les usines de Vendée, mais chez nous, c’est récent. Nous fabriquons des appareils de cuisson de qualité, nous avons de bons carnets de commande et nous ne voulons pas perdre la confiance de nos clients. Mais nous sommes victimes d’erreurs de gestion et de problèmes de trésorerie qui nous dépassent”, déplore une déléguée syndicale CFTC.

L’intersyndicale a été reçue mercredi par Christophe Chaillou, le conseiller-général maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle. Celui-ci tient informées les autres collectivités concernées par ce qui pourrait être une catastrophe sociale sur l’agglomération d’Orléans, Jacques martinet pour l’agglo, l’ADEL pour le Conseil général et les services du conseil régional.

A Saint-Jean-de-la-Ruelle, comme dans les autres usines de Fagor Brandt, la production est à l’arrêt depuis deux semaines, mais les salariés orlélanais, contrairement à leurs collègues vendéens, étaient jusqu’alors restés très discrets, espérant, peut-être, que leur usine serait sauvée dans la perspective d’une éventuelle restructuration menée par la maison mère. Il est vrai qu’elle dispose de vrais atouts, comme la présence d’un centre de recherche qui compte une soixantaine de salariés. Mais avec le dépôt de bilan en ligne de mire, la situation est toute autre.

Un  enchevêtrement de sociétés

Il semblerait que l’on se dirige vers la cessation de paiement mais un proche du dossier explique que “l’enchevêtrement de sociétés est telle qu’une procédure de redressement judiciaire ou un scénario de reprise par une entreprise, sont des solutions encore lointaines“. En attendant, l’Etat français peut-il financer une solution transitoire?

fagorOn en saura plus lundi. Ce jour-là aura lieu un nouveau comité central d’entreprise crucial au siège de Rueil Malmaison au cours duquel le dépôt de bilan pourrait être officialisé, l’intersyndicale se rendra au cabinet d’Arnaud Montebourg, un rendez-vous pris il y a une quinzaine de jours. Vu l’urgence, les syndicats attendent de l’Etat qu’il s’implique directement dans le dossier. “Pour nous c’est absolument essentiel. Il faut que l’Etat refinance la dette pour faire redémarrer la production, qu’il contacte les fournisseurs, puis qu’il trouve des solutions de réindustrialisation ou de reprise”, détaille un délégué CGT du site de La Roche sur Yon.

De son côté, la direction de Fagor Brandt assure que “de nouvelles discussions ont débuté” en Espagne pour trouver d’autres partenaires financiers après la décision du groupe coopératif Mondragon, mercredi, de ne pas renflouer sa filiale Fagor Electrodomesticos, et dément que le dépôt de bilan soit à l’ordre du jour du prochain CCE.

 Selon les chiffres officiels, Fagor Brandt, en France, emploie 530 salariés à Orléans (appareils de cuisson) plus des intérimaires, 230 à Vendôme (hottes de cuisson), 360 à La Roche sur Yon, 106 à Aizenay (Vendée), 360 au siège, 240 à Cergy au service après vente, et 40 à Lyon (vestige d’un ancien site qui a été cédé et qui continue de fabriquer des lave-linge en sous-traitance, avec environ 400 salariés concernés, je crois).

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La filiale polonaise en cessation de paiement

Jeudi soir, la direction de Fagor France publiait un communiqué dans lequel elle indiquait à propos de sa filiale polonaise “Fagor a déposé le 30 octobre auprès du tribunal de commerce de San Sebastian (Pays Basque espagnol) une déclaration de cessation de paiements concernant sa filiale polonaise Fagor Mastercook S.A. La cessation de paiement de la filiale polonaise n’affecte pas la maison mère espagnole, Fagor Electrodomésticos, car cette dernière est légalement protégée depuis qu’elle est rentrée le 16 octobre dernier dans un cadre juridique lui permettant d’ouvrir des négociations pour parvenir à un accord préalable de restructuration de sa dette. La situation en Espagne et en Pologne n’a pas d’impact direct sur la filiale française. FagorBrandt a convoqué une réunion extraordinaire du Comité Central d’Entreprise le mercredi 6 novembre dans le cadre de l’information régulière des institutions représentatives du personnel sur la situation financière de l’entreprise.”

 

 

 

 

 

 






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