“La Traversée”, ouvre le mois du documentaire aux Carmes (Orléans)

la traversée
 
Mardi 5 novembre, 20h / Séance dans le cadre du mois du film documentaire
 
LA TRAVERSEE
 
Film réalisé par Elisabeth Leuvrey (France, 1h12, 2011)

Chaque été, ils sont nombreux à transiter par la mer entre la France et l’Algérie, entre Marseille et Alger. Des voitures chargées jusqu’au capot… des paquetages de toutes sortes… des hommes chargés de sacs et d’histoires. En mer, nous ne sommes plus en France et pas encore en Algérie, et vice-versa. Depuis le huis-clos singulier du bateau, dans le va-et-vient et la parenthèse du voyage, la traversée replace au cœur du passage ces femmes et ces hommes bringuebalés.
« Ici et là-bas. Aller et retour. Dans le ferry Marseille-Alger, les mots se confondent, les identités se superposent. Dans le vrombissement des moteurs, le bouillonnement des vagues, la Méditerranée devient une frontière invisible, en flottaison entre les mondes. De couloirs encombrés en bastingages venteux, Elisabeth Leuvrey a tourné l’un des plus beaux films sur l’immigration de ces dernières années. Dans ce documentaire, il n’y a pas de touristes. Ceux qui font la traversée — pour les vacances, la famille, le travail — appartiennent aux deux côtés de la mer. Exilés nulle part, ou partout, ils tentent de réunir ce qui, en eux, a été divisé.

A mille milles des débats médiatiques boursouflés et des clichés, la réalisatrice profite de ce périple quasi rituel, avec bambins et bagages, pour recueillir une passionnante brassée de témoignages. Ces conversations, saisies au détour d’une coursive ou dans une cafétéria bondée, créent une polyphonie du déracinement, de l’intime bataille pour se trouver une place, un accueil, des repères. Jeunes ou vieux, prolos et poètes, rêveurs ou hâbleurs, tous ces passagers, captivants, se livrent avec force et générosité. L’écoute de la cinéaste, l’intelligence de son montage transforment la traversée en véritable agora. Elle réussit un film politique au sens le plus noble, tant il s’agit de comprendre sans simplifier : le choix d’appartenance à un groupe social (l’un des protagonistes cite même Rousseau !), tout comme le rapport, à la fois essentiel et pesant, à la filiation et aux traditions. Dans la souffrance, le sentiment de rejet ou d’amour que suscitent les deux « terres », c’est, aussi, l’histoire des relations étroites et passionnelles entre la France et l’Algérie qui se raconte dans ce non-lieu, cet entre-deux ou la parole est libre, où l’on ne sait jamais vraiment où l’on va, ici ou là-bas, aller ou retour.»

Cécile Mury. Télérama


http://www.youtube.com/watch?v=blliVSGauRo
 
Cinéma des Carmes 7 Rue des Carmes, 45000 Orléans02 38 62 94 79
 
– Séance en partenariat avec l’ASLA (Association de Solidarité Loiret Algérie), dans le cadre du mois du film documentaire.





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