Amazon, l’enfer du décor…

amazon-Le journaliste Jean Bernard Malet* publie dans l’édition de novembre du Monde Diplomatique une longue enquète menée à  travers le monde sur la florissante entreprise Amazon, intitulée “Amazon, l’envers de l’écran”.

Conditions de travail, montage financier, méthodes commerciales, cet article décortique la planète Amazon dont la devise pour tous est “Work hard, have fun, make history“… (“travaille dur, amuse-toi, écris l’histoire”). Rappelons qu’Amazon exploite un de ses quatre sites français à  Saran (Loiret) près d’Orléans où travaillent 900 salariés dont une centaine s’étaient mis en grève en juin 2013 pour réclamer de meilleurs salaires.

A lire absolument avant de passer commande…

Extraits:

“Le sourire sur le colis n’est pas le notre !” lance  M. J. B. employé depuis 2003 (…) Comme chaque salarié dans le monde, son contrat lui interdit strictement de s’exprimer à  propos de son emploi auprès de sa famille, de ses amis ou de journalistes. “Le silence que l’on nous impose, précise-t-il, ce n’est pas pour protéger des secrets industriels auxquels nous n’avons pas accès: c’est pour taire l’extrème pénibilité de nos conditions de travail”.

“Le syndicat de la Librairie Française a mesuré que, à chiffre d’affaires égal, une librairie de quartier génère dix huit fois plus d’emplois que la vente en ligne. Pour la seule année 2012, l’association des Libraires Américains évalue à  quarante deux mille le nombre d’emplois anéantis par Amazon dans le secteur. (…) En outre, tout oppose les postes disparus et ceux créés dans les entreprises logistiques. D’un coté s’évanouit un travail qualifié, diversifié, durable situé en centre ville, mêlant manutention, sociabilité, contact et conseil. De l’autre émergent en périphérie urbaine des “usines à  vendre” où la production continue de colis en carton échoie à une main d’œuvre non qualifié, recruté au seul motif qu’elle coute actuellement moins cher que les robots…”

“Qu’un livre soit acheté en Espagne ou un aspirateur en France sur le site d’Amazon, la commande sera facturée au Luxembourg par l’entreprise Amazon.eu. Avec seulement deux cent trente cinq salariés, cette société a réalisé en 2012 près de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, mais, grâce à  un savant montage financier, seulement 20,4 millions de bénéfices. Qu’importe, la filiale française d’Amazon logistique, qui gère les entrepôts et emploie plus d’un millier de salariés en France, a déclaré un CA en 2012 de 75 millions d’euros et un bénéfice imposable de 3,2 millions d’euros… Lors de la création du troisième entrepôt français à  Chalons sur Saône, encouragée et défendue par le ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg, elle a bénéficié de subventions publiques. En plus des subsides de l’Etat et du Conseil Général de Saône et Loire, le Conseil Régional de Bourgogne, présidé par le socialiste François Patriat a versé 1,125 million d’euros à Amazon pour l’embauche de deux cent cinquante salariés en CDI. “Le pire, commente un ancien manager de la société, c’est que ces élus ne veulent pas voir qu’Amazon, à  travers des projets très sérieux, investit massivement dans la robotisation. Ces emplois, inéluctablement, disparaitront.”

*auteur de «En Amazonie: Infiltré dans le “meilleur des mondes”» Fayard

Le Monde Diplomatique de novembre 2013 en kiosque

ou en Edition électronique: http://www.monde-diplomatique.fr/

 

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