Rencontre avec Mike Leigh à la médiathèque d’Orléans

<> on February 7, 2011 in London, England.En ce moment difficile de passer à côté du célèbre Mike Leigh à Orléans. Le réalisateur de Secrets et Mensonges est dans le secteur cette semaine à l’occasion de l’interprétation de sa pièce, Abigail’s Party au Centre Dramatique National d’Orléans.

Il était ce jeudi à la Médiathèque accompagné d’Arthur Nauzyciel, à l’origine de la mise en scène de la pièce en Norvège, et de la romancière Marie Darrieussecq qui s’est occupé du sur-titrage, la majorité d’entre nous ne parlant pas norvégien couramment.

Abigail’s Party est une pièce assez singulière qui se distingue par la banalité de ses dialogues. Elle met en scène des personnages de la classe moyenne britannique dans les années 70, époque de la disco mais aussi du matérialisme triomphant.

Marie Darrieussecq est revenue en détail sur les conditions particulières de cette traduction et sur le sur-titrage, travaillé à partir du texte original anglais. Ce sur-titrage a pour ambition de délivrer un minimum d’informations pour la compréhension globale de la pièce.

Très vite, la question de l’utilité véritable de ce sur-titrage s’est posée, Arthur Nauzyciel faisant part notamment de son expérience de spectateur à l’occasion de spectacles en langue étrangère, expérience « laissant place à l’imagination », et source d’enrichissement personnel. Procédé surréaliste utilisé entre autres par Man Ray, en plein milieu d’un film, lorsqu’il n’était pas convaincu. Il inventait alors des vies aux personnages, brisant alors la trame narrative mais n’enlevant rien à l’intérêt des jeux d’acteurs.

Avec beaucoup d’humour, Mike Leigh a évoqué également la carrière d’avant guerre de la comédienne française Sarah Bernhardt à Londres. Le sur-titrage n’existait pas et il est peu probable que tout le monde, dans les salles pleines à craquer, parlait français.

02Quoi qu’il en soit le sur-titrage d’Abigail’s Party est indispensable, ne serait-ce que pour bien situer les personnages, aspirants à une appartenance sociale supérieure. Mais aussi pour prendre la pleine mesure de l’importance des trivialités proférées. Discours des uns, discours de tous. Les sur-titres se regardent du coin de l’œil, et mettent en avant la virtuosité des acteurs. Jusqu’à se concentrer presque uniquement sur celle-ci.

Doucement, la pièce se déroule sous nos yeux et termine comme elle a commencé : dans le grand silence de la communication.

Nicolas Pons

 Abigail’s Party de Mike Leigh au Centre Dramatique National d’Orléans

Avec Arthur Nauzyciel et Marie Darrieussecq

2h30

 http://www.cdn-orleans.com/2013-2014/






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