Orléans: les salariés de FagorBrandt mettent la préfecture sur le grill

IMG_4254Environ 300 salariés de l’usine FagorBrandt de Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret) ont manifesté vendredi à Orléans, au lendemain de la mise en redressement judiciaire de leur entreprise. Le personnel, soutenu par des élus locaux, s’est rassemblé en fin de matinée sous une pluie battante devant la cathédrale et la préfecture, où une délégation intersyndicale a été reçue par le préfet et le commissaire au redressement productif.

80 millions en attente

Malgré les difficultés actuelles de FagorBrandt, l’humeur des manifestants était plutôt sereine. “Nous sommes inquiets, bien sûr, mais nous avons bon espoir. Je suis depuis trente ans dans l’entreprise, nous en avons vu d’autres, et je ne crois pas à la disparition du site“, explique un salarié, traduisant un sentiment assez général. Selon le personnel 80 millions d’euros de produits à fabriquer serait en attente.

La délégation des Fagor arrive à la préfecture de région.

La délégation des Fagor arrive à la préfecture de région.

A l’issue de la rencontre avec les syndicalistes, le préfet Pierre-Etienne Bisch s’est félicité de l’excellent climat de l’entretien et la souligné “la qualité de l’outil industriel” local. “Ma mission première est de maintenir la cohésion des acteurs locaux pour tirer dans le bon sens”. Un administrateur judiciaire a pris la choses en main pour les sites français et il reste six mois pour trouver une solution. Tout en étant prudent, le préfet de région n’exclue  pas que l’Etat puisse soutenir un projet de reprise par l’intermédiaire de la BPI (Banque publique d’investissement).

L’usine FagorBrandt de Saint-Jean-de-la-Ruelle, la plus grande du groupe en France, fabrique des appareils de cuisson (four, tables de cuisson, cuisinières) et emploie environ 530 salariés.

 

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Réactions

De Christian Foiret, conseiller municipal (PC) de Saint-Jean-de-la-Ruelle:

 “les salariés doivent être écoutés et associés aux décisions. plusieurs élus communistes / Front de Gauche et des militants du PCF étaient présents parmi les salariés d e Fagor, le 8 novembre 2013 à Orléans. Nous partageons leur colère et leur inquiétude quant au devenir de leur entreprise et de leur emploi. Les salariés attendent des financements pour le redémarrage au plus vite de l’activité des sites dont celui de St Jean de la Ruelle. La clarté sur les choix stratégiques et les modes de gestion de l’entreprise et de ses ramifications est une absolue nécessité. Les salariés et leurs organisations doivent être associés à ces contrôles. A l’heure actuelle, il semble bien que le drame des 3000 emplois menacés est une conséquence de la guerre économique à laquelle se livrent les grands groupes (ici dans le domaine de l’électroménager). La mondialisation de l’économie dans le contexte de financiarisation totale

n’apporte que malheurs aux peuples et ne profite qu’aux grands groupes (ceux-ci se faisant aussi la

guerre). Les salariés dénoncent le fait qu’ils soient en concurrence, par exemple, avec les salariés chinois puisque les produits de Chine arrivent moins chers que les leurs sur les étals français. Les savoir-faire, les innovations technologiques (dont les salariés de Fagor sont fiers) sont pillés sans qu’ils ne puissent rien dire. Le sort des salariés, le destin des fruits de leur travail, se décident sans qu’on leur demande leur avis. Ils sont pourtant utiles au pays, à leur ville, aux milliers de personnes que cela fait vivre, au développement humain. Il est urgent que les décisions au plus haut niveau prises dans ces entreprises soient concertées avec les salariés et leurs organisations.Nous suivrons avec attention les développements de la lutte des salariés et les réponses de l’état, de ses élus, et des responsables de l’entreprise.”

 

 






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