Marc Vergnet, l’ex-patron orléanais de Francis Collomp, “un immense soulagement, c’est moi qui l’avais embauché”

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Marc Vergnet, l’ancien patron de Francis Collomp, dans son entreprise lors de la visite de Delphine Batho, ancien ministre de l’Environnement.

Francis Collomp, l’otage français détenu depuis un an au Niger, s’est semble t-il enfui à la faveur d’une opération militaire menée par l’armé nigériane. Très discret jusqu’alors pour des raison évidentes de sécurité, Marc Vergnet l’ancien  patron de l’entreprise orléanaise pour laquelle il participait à la construction d’une ferme de 30 éoliennes, parle pour la première fois à Magcentre de ce collaborateur qu’il avait  lui-même embauché.

Francis Collomp, l'otage du Nigéria a réussi à s'évader.

Francis Collomp, l’otage du Nigéria a réussi à s’évader.

Pour Marc Vergnet, que nous avons joint dimanche en fin de matinée, la libération de Francis Collomp est “un immense soulagement, c’est merveilleux, lorsque je l’ai appris je n’arrivais pas à y croire mais l’hypothèse selon laquelle il s’est enfui est tout à fait crédible”. Marc Vergnet, c’est l’ancien patron de l’entreprise orlénaise d’énergies renouvelables, qu’il a fondée, qui porte toujours son nom et pour laquelle travaillait Denis Collomp lors de son enlèvement le 19 décembre 2012, au Nigéria.

Cet ingénieur n’était pas un salarié de Vergnet, il travaillait pour son propre compte et sur le chantier de Katsina, il effectuait une prestation pour le groupe d’Orrmes près d’Orléans. “C’est moi qui l’avait embauché” raconte Marc Vergnet, “il avait une vraie compétence dans les réseaux électriques, il était capable de tirer des lignes dans des conditions  difficiles et en plus il connaissait l’éolien”. Marc Vergnet avait connu Francis Collomp à la Réunion, cet ingénieur “qui allait de pays en pays et qui aimait cette vie, il avait besoin de bouger, c’est moi qui l’avais embauché pour cette mission” avait travaillé en Afrique sur  des chantiers en Ethiopie, au Nigéria, en Mauritanie. 

Enlevé dans sa maison

Contrairement à ce qui a pu être dit à l’époque de son enlèvement par Ansaru, un groupe islamiste probablement lié au groupe nigérian Boko Haram, et qui avait revendiqué l’opération, invoquant notamment le rôle de la France au Mali, Francis Collomp, 63 ans n’a pas été enlevé sur le chantier.

Francis Collomp avait un comité de soutien.

Francis Collomp avait un comité de soutien.

Le parc d’éolienne que construisait Vergnet dans cette zone très dangereuse (30 éoliennes, 10MGW) “était sécurisé par l’armée” confie Marc Vergnet. Il a été capturé dans la maison où il habitait avec un autre ingénieur, un salarié de chez Vergnet. Et l’ancien patron de l’entreprise (qui a été rachetée mais il possède toujours une petite partie du capital), de révéler qu’à l’origine les terroristes “avaient prévu enlèvement des deux hommes…Mais l’autre ingénieur miraculeusement, est parti deux jours avant”. Un ingénieur qui travaille dans l’entreprise orléanaise et qui est domicilié aujourd’hui sur l’agglomération.

Pas de demande de rançon au départ

Marc Vergnet explique le fonctionnement de ses éoliennes "spécial tornade" à Mme Batho. (archive).

Marc Vergnet explique le fonctionnement de ses éoliennes “spécial tornade” à Mme Batho. (archive).

Autre révélation que nous a fait Marc Vergnet, à sa connaissance “il n’y a pas eu de demande de rançon au départ de la part des ravisseurs”. L’otage avait été enlevé par une trentaine d’hommes armés et avait fait deux morts.

Dimanche midi, malgré une toux tenace, Marc Vergnet s’est dit prêt à partir à Abuja capitale administrative du Nigéria ou Francis Collomp devrait revenir dans les heures qui viennent. Et d’ajouter, ” ce que je ne supporte pas, c’est que ce soit les gens qui bossent, les petits qui sont enlevés et non pas les patrons, c’est moi qu’ils auraient du enlever”.

Christian Bidault

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 François Hollande exprime sa gratitude au Nigéria

C’est François Hollande qui a annoncé dimanche la libération de Francis Collomp, qui était retenu en otage au Nigeria depuis décembre 2012 et se serait enfui à l’occasion d’une opération de l’armée nigériane. Le chef de l’Etat, qui a exprimé «toute sa gratitude aux autorités du Nigeria (…) pour l’action décisive qui a été la leur, a demandé à Laurent Fabius de se rendre immédiatement au Nigeria pour accueillir Francis Collomp». Francis Collomp a profité d’une opération de l’armée nigériane contre le groupe islamiste Boko Haram, pour s’évader, a appris dimanche l’AFP de source proche du dossier.

 Il s’est enfui pendant un échange de tirs entre l’armée nigériane et des membres du groupe Boko Haram, la porte de sa cellule n’étant pas fermée.

 Dans son communiqué, le président Hollande a «salué avec joie» cette libération, en soulignant que «la France n’a(vait) cessé de déployer tous ses efforts pour parvenir à ce dénouement heureux».

 

 

 






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