Congrès des maires : difficile dialogue entre les élus et le gouvernement

AyraultVenus des quatre coins de l’hexagone et d’outre mer, les maires de France, réunis au Parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris pour leur congrès annuel, ont exprimé sans détour leurs craintes, leurs inquiétudes et leurs récriminations à l’égard du gouvernement mais en y mettant les formes. En ouverture de la séance plénière, Jacques Pélissard (UMP), le président de l’Association des Maires de France (AMF) avait appelé la salle à « une écoute mutuelle et respectueuse de l’autre » et avait été entendu.

Aussi,,à son arrivée dans l’auditorium précédé par une musique entraînante, le Premier ministre a évité une bronca mais pas un accueil froid. Prudent et conscient d’avancer en terrain miné, Jean-Marc Ayrault a entamé son très long discours par une séance de calinothérapie qui n’a pas séduit son auditoire « Je sais à quel point vos fonctions sont exigeantes. Je les ai exercées moi-même pendant près de 35 ans dont 23 à Nantes », a-t-il dit.

Réforme scolaire

Mais il n’a pu éviter quelques quolibets et même des sifflets lorsqu’il a défendu la réforme des rythmes scolaires, contestée dans le monde éducatif et par une partie des élus locaux . Sur ce point, le chef du gouvernement s’est montré déterminé à poursuivre rappelant le “gachis national” que représente un taux d’échec de “20% des élèves”.Il s’est simplement montré ouvert au dialogue, prenant “l’engagement de rechercher avec vous (les maires) une solution” au-delà de la rentrée 2014 sur la prise en charge du coût de la réforme .Il s’est prononcé pour des “taux d’encadrement assouplis” pour accompagner les enfants dans le temps périscolaires. “Il s’agira d’étendre le financement des Caisses d’allocations familiales à l’ensemble des activités périscolaires“, a-t-il dit. Par ailleurs il a promis que « le fonds d’amorçage sera prorogé. Quant aux communes qui en bénéficient déjà cette année, elles continueront également à percevoir cette aide l’an prochain pour l’année scolaire 2014-2015 ».

Sans plus de précision il a rappelé qu’il avait annoncé une remise à plat du système fiscal avec pour « objectif la simplicité et l’égalité de notre fiscalité….la révision des mécanismes de péréquation et une simplification des normes » fortement réclamées. Appelant à son secours Mendes-France, il a dit comme lui que « gouverner c’est choisir » et qu’il s’en tenait à ses choix. Un discours volontariste qui est loin d’avoir convaincu. « Nous voulons des actes », déclaraient beaucoup de maires en quittant la salle.

Françoise Cariès

 






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