Yan Levionnois à Orléans , magnifique violoncelliste à la flamme angélique

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Placé sous la direction de Jean-Jacques Kantorow, décisif, l’Orchestre d’Orléans vient d’ouvrir, ce vendredi, au Théâtre d’Orléans, sa saison Russie éternelle avec un concert exclusivement consacré à la musique de Tchaïkovski . Un bonheur. D’emblée on ne peut qu’admirer la couleur profonde et moirée du pupitre des violoncelles dans l’Ouverture de « Roméo et Juliette ». Belle respiration des violons. Douceur à vif de la petite harmonie nichée aux cimes de l’orchestre. Ici, voici bel et bien des tourbillons de romantisme qui nous enlacent à merveille. Le choc, côté coeur de ce concert, réside dans ce coup d’âme que nous offre le jeune violoncelliste Yan Levionnois dans les “Variations sur un thème Rococo”.

C’est tout simplement un pur instant de grâce. Ce jeune violoncelliste fait naître la palpable densité du silence d’une salle. Cette dernière, comme rarement, demeure suspendue à l’interprétation sans cesse sur le fil d’une’ évocation du sensible indicible et qui nous ravit. Dans ces “Variations”, le soliste qui connait quelques visages de ses partenaires, puisqu’il a joué sous la direction de Jean-Marc Cochereau avec l’Orchestre régional des jeunes du centre il y a quelques années , se lance dans un merveilleux dialogue avec l’ensemble. Tension, vibrato, cadence éloquente, respiration: Yan Levionnois, jeune virtuose d’une lumineuse modestie, artiste qui joue un violoncelle de Patrick Robin de 2005 ainsi qu’un archet de Yannick Le Canu de 2009, se révèle d’une poignante sobriété avec un angélisme qui fait absolument chanter l’instrument dans tous ses registres.

A l’écoute de la sève

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Jean-Jacques Kantorow.

Place ici à la subtilité et à la pudeur, à la profondeur. Notamment dans ce Britten donné vendredi en rappel. Levionnois, d’une limpidité évidente, est à l’écoute de la sève de son instrument pour en extraire en osmose le moindre flux intense. C’est touchant, simplement fondamental et remarquable. Une promesse. Saluée par de nombreux rappels est enfin la Symphonie de Tchaïkovski en si mineur, surnommée la Pathétique qui clôt un beau concert chamarré d’exigence et qui impressionne. Cors, basson, trombones, cordes qui sonnent à merveille, flûtes aux lueurs affûtées et chantantes: tout est beau, au rendez-vous, subit, authentique et généreux. Vendredi soir, Jean-Jacques Kantorow ne n’y trompe pas : « J’aime l’esprit de ce bel orchestre, son esprit de cohésion, sa dynamique, sa couleur de son, son émotion, son engagement, cette respiration ensemble ». Un bonheur. Impressionnant, émouvant et saisissant.

Jean-Dominique Burtin

 

L'Orchestre d'Orléans et son chef, Jean-Jacques Kantorow (à droite  et trompette levée) ,  fêtent malicieusement lors d'une répétition à Orléans,  la Sainte -Cécile, patronne des musiciens. (Photo: Jean-Dominique Burtin).

L’Orchestre d’Orléans et son chef, Jean-Jacques Kantorow (à droite et trompette levée) , fêtent malicieusement lors d’une répétition à Orléans, la Sainte -Cécile, patronne des musiciens. (Photo: Jean-Dominique Burtin).

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