Véronique Fenoll (UMP) à Bourges : histoire d’une candidature

 

Véronique Fenoll à sa permanence de campagne à Bourges.
Véronique Fenoll à sa permanence de campagne à Bourges.

La candidature de Véronique Fenoll, maire-adjoint (UMP) en charge de l’urbanisme à Bourges a pu surprendre les Berruyers.

En tout cas tous ceux qui la connaissent mal. Autrement dit, la population en général, en dehors des « accros » des réunions de quartier qu’elle a fréquentées assidûment depuis 2001. Depuis son premier mandat consacré aux travaux.

Longiligne faussement frêle, souriante faussement naïve, effacée faussement soumise, il paraît bien que la dame cachait une main de fer dans un gant de velours. Sa poignée de main vive et franche en atteste. Moins d’ailleurs que ses déclarations d’intention. Ce docteur en économie mathématique et économétrie diplômée ingénieur E.S.T.P – Paris, ne s’embarrasse pas de circonvolutions verbales. Elle dit ce qu’elle a envie de dire et signale sans plus d’ambages ce qu’elle ne souhaite pas qui soit répété…Mais qui est quand même dit ! Pour preuve…

La mairie de Bourges, ce n’est pas une idée qui lui a traversé l’esprit lors de son dernier footing (qu’elle pratique très régulièrement). En mars pour tout dire, le soir même de la déclaration du maire actuel de vouloir quitter son fauteuil (son trône ?). « Avec Alain Tanton (UDI), on s’est dit que l’on était trois à pouvoir prétendre à la succession…Dont deux un peu plus légitimement que le troisième. On avait vu venir de loin Pascal Blanc ».

C’est que le « dauphin » désigné faisait depuis belle lurette un porte-à-porte un rien ostensiblement surjoué par rapport à sa délégation aux travaux. « Nous avons posé des questions au maire sans obtenir d’autres réponses que celle-ci : « Il est le mieux placé ».

Ben voyons ! « De fait le maire nous avait éliminé ».

La cathédrale de Bourges classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

La cathédrale de Bourges classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Après cinq mois de réflexions (de mars à août) et quelques impressions convergentes –« les parlementaires et la plupart des adjoints étaient de notre côté et l’on sentait une certaine incompréhension d’une partie de la population » – Véronique Fenoll, qui dans un premier temps avait laissé le champ libre à Alain Tanton commence sérieusement à penser que son heure est venue : « Alain Tanton et Pascal Blanc sont UDI et nous avons commis l’erreur de demander au national de trancher… »

Alain Tanton recalé d’en haut, fallait tout reprendre par le bas. « Nous avons proposé à Pascal Blanc le poste de premier adjoint. Ce qu’il a décliné ».

Voici donc deux listes en cours de constitution à droite…Et peut-être une troisième derrière Franck Thomas-Richard qui vient d’enfiler à nouveau son costume d’électron libre…Histoire de savoir s’il a grossi…En voix ?

Une liste “Bourges à coeur”

Situation qui pourrait rappeler 1977 quand la droite divisée avait ouvert la brèche à la liste menée par le communiste Jacques Rimbault.

« Il est certain que l’on avait tout pour réussir et que ces dissensions risquent de nous pénaliser » reconnaît Véronique Fenoll qui compte sur la gauche pour partir elle aussi en formations dispersées (PS, Front de Gauche et peut-être Parti écologiste).

Serge Lepeltier lors d'un Printemps de Bourges  tréès arrosé en 2012. (Photo JD.Burtin).

Serge Lepeltier lors d’un Printemps de Bourges tréès arrosé en 2012. (Photo JD.Burtin).

Une réserve de politesse. Sa liste « Bourges à Cœur » prête d’être bouclée, la tête a déjà programmé un mandat « pour une ville ambitieuse, humaine et solidaire ». Les coups de canif déjà écorchent les trois mandats Lepeltier « essentiellement urbanistiques…Peut- être un peu trop ».

Et puis…De toute évidence « il n’a pas eu le temps d’être l’ambassadeur de la ville ».

Et voici ce solitaire craignant la solitude, trônant sur son cabinet comme un roi Ubu sans femme, accusé d’avoir confisqué les finances à tel point qu’au lendemain des élections, Véronique Fenoll a d’ores et déjà prévu de demander un audit. Le nombre d’adjoints sera revu à la baisse (« 12 à 15, pas plus, ce serait bien ») pour ce maire qui se voudra « disponible menant une gestion prudente ».

De philosophie décidément UMP « car pour libéralisme raisonné et raisonnable », de préférence lectrice de romans policiers, elle accepte de donner deux derniers indices : « J’ai voté aux primaires Coppé au regard de l’attitude de son adversaire lorsqu’ils sont venus à Bourges ». Et elle laisse le Front National à un Franck Thomas-Richard « qui se prend pour Jeanne d’Arc ».

Effacée Véronique Fenoll ? Non, pas vraiment. Il lui reste à gommer les aspérités de son camp.

  Patrick Martinat

 






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