Le prix Jean Zay décerné à Boualem Sansal pour « Gouverner au nom d’Allah »

 jean zayBoualem Sansal, une des grandes voix de la littérature algérienne, s’est vu décerner le prix Jean Zay pour son engagement en faveur des valeurs républicaines.

Il y avait foule dans les salons Beaufrand du Palais du Luxembourg, du beau monde, des politiques, des gens de l’édition, des chroniqueurs connus et Catherine et Hélène, les filles de Jean Zay. On y trouvait en grande conversation Yvan Levaï, Caroline Fourest, Alain-Gérard Slama, Frédéric Naud, Yvette Roudy et Roger-Gérard Schwartzenberg, pour ne citer qu’eux. Ils étaient tous là pour la remise du prix Jean Zay 2013, prix littéraire créé à l’initiative du Parti radical de Gauche en 2005 à l’occasion du centième anniversaire de la pantheon3loi de séparation des Eglises et de l’Etat. L’auteur récompensé pour son engagement en faveur des valeurs républicaines et laïques reçoit un chèque symbolique de 1905 euros, année où fut votée la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, étape fondatrice dans l’établissement des valeurs républicaines.

L’Entrée au Panthéon

gouverner2Dans son discours introductif, Jean-Michel Baylet, président du PRG a souhaité l’entrée au Panthéon de Jean Zay, figure éminente du radical –socialisme, humaniste, membre de la section d’Orléans de la Ligue des Droits de l’Homme, ministre de l’Education nationale du Front populaire, assassiné par les miliciens en 1944, fondateur du Festival de Cannes.

Le jury auquel appartient Jean-Pierre Sueur a retenu « Gouverner au nom d’Allah » (Gallimard) pour les prises de position courageuses de son auteur, Boualem Sansal, une des grandes voix de la littérature algérienne. Parlant des islamistes il écrit , « nous les avons accueillis avec sympathie, un brin amusé par leur accoutrement folklorique, leur bigoterie empressée, leurs manières doucereuses et leurs discours pleins de magie et de tonnerre. Ils faisiaent spectacles dans l’Algérie de cette époque, socialiste, révolutionnaire, tiers-mondiste, matérialiste jusqu’au bout des ongles, que partout dans le monde progressiste on appelait avec admiration « la Mecque des révolutionnaires ». Quelques années plus tard nous découvrîmes presque à l’improviste que cet islamisme qui nous paraissait si pauvrement insignifiant s’était répandu dans tout le pays ». Il s’interroge sur les Etats prosélytes, les élites opportunistes, les intellectuels silencieux, les universités, les médias, « la rue arabe », sur l’échec de l’intégration dans les pays d’accueils des émigrés. Il propose une synthèse engagée, précise, documentée tout en restant fidèle à ses positions humanistes qui l’ont conduit à dénoncer à la fois le pouvoir militaire algérien et le totalitarisme islamiste.

F.C.

 






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