Serge Lepeltier ( Parti Radical Valoisien) à Bourges : histoire d’un désamour

En manif avec la droite au conseil régional.

En manif avec la droite au conseil régional.

Le maire quitte son trône et dans son camp c’est la foire d’empoigne. Il a voulu imposer un dauphin, croire au fait du prince. Et c’est la Fronde.

Par Patrick Martinat

Les Nouvelles de Bourges, son périodique – celui du « maire ancien ministre » – y perdront sans doute leur sceau fleur-de-lysé, mais si Bourges y laisse des plumes ce ne sera pas la sienne. Il a promis des lendemains difficiles ? Une façon de partir en retraite plutôt qu’à la retraite. En hissant le drapeau Blanc ( et oui, Pascal Blanc est son protégé).

Déjà les questions fusent comme des vents sur une toile cirée. Après trois municipales remportées sans coup férir, croyait-il vraiment en son panache blanc ? Déjà on murmure, lui prêtant de mauvaises pensées genre « après moi le déluge ». On comprend mal qu’un ancien d’HEC se prête à un commerce de si bas calculs. Il étonne, surprend, déçoit. A l’heure où l’on compte les bouses comme dirait Montebourg, on ne sait par quel bout prendre cet homme.

Qui l’a vu débarquer un petit matin dans une salle de rédaction, avec ses lunettes à la Marcel Achard et sa fine moustache à la Errol Flynn, l’attaché-case plein de bonne volonté ne peut s’imaginer le chemin parcouru entre sa position de missionnaire du RPR et ce parti radical de se fermer comme une huître.

Lepeltier: des origines roms et chez les montreurs d’ours

Rue Jacques Coeur 341En 1990, Serge Lepeltier vient de succéder à l’ancien préfet Camille Michel dans l’opposition municipale lorsqu’Alain Juppé l’intronise secrétaire départemental du RPR. Il a 37 ans, a déjà mené une campagne dans le rude hiver de Longwy (1978), a dirigé une cave à Rasteau, avant de revenir près d’un oncle chef d’entreprise de travaux publics à Saint-Doulchard.

Cornaqué par Serge Vinçon, sénateur-maire de Saint-Amand-Montrond, l’homme a le pied sûr en politique. En 1992 le voici conseiller régional, l’année suivante député en s’affichant dans L’Espoir du Berry sous le slogan « L’efficacité reconnue ». Deux ans encore et il est maire de Bourges. Sa résistible ascension marque un temps en 1997. Battu aux législatives ce plongeur sous-marin va chercher des eaux plus profondes. Le voici sénateur (1998) revendiquant ses origines Rom et des grands-parents « voyageurs, montreurs d’ours, faisant les métiers du cirque » . Il refait ainsi surface pour reprendre sa course vers les sommets ignorant le principe de Peter. Début 2001, à peine adoubé secrétaire général du RPR, il dénonce la « balladurisation » du Gouvernement Jospin. Bonne idée pour se faire un copain de l’ancien ministre en le traitant de substantif ! Serge-la-Gaffe récidive quelques mois plus tard en se prononçant pour un maintien des candidats UMP en cas d’affrontement FN-PS aux législatives à venir.

Le soldat écologiste de Chirac

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Le maire sortant au Printemps… ambassadeur du climat, il ne fait pourtant pas la pluie et le beau temps.

Jacques Chirac préfère retenir l’un de ses rares soldats écologistes pour le récompenser en mars 2004 avec le maroquin de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durable. Ce sont les arbres (dont un orme d’espèce rare) de la place Séraucourt et ceux du Museum qui ont du se sentir une seconde fois abattus en apprenant cette nomination, eux qui étaient tombés aux chantiers de l’auteur de cette citation qui fait flores : « Il ne faut pas que l’écologie empêche l’économie de vivre ». Et il continue le bougre ! Les platanes du Prado viennent d’en faire les frais…

En 2005 le voici maire pour la troisième fois. L’année suivante se sentant désormais radical valoisien il rase sa moustache et rejoint Jean-Louis Borloo que l’on dit premier ministrable…Il doit démentir en 2006 le bruissement qui veut qu’il parte se faire élire député à Paris : « J’ai été sollicité par le Parti radical pour me présenter dans le XI ème…Mais j’ai estimé que ce n’était pas utile ni pour Bourges ni pour l’écologie ». Il pèche alors pour « une démocratie de proximité ». Puis repense à la région Centre, mais se fâche en 2008 avec l’UMP du Cher en contestant la candidature d’Hervé Novelli à des primaires (pour les régionales de 2010) où il sera laminé par ce dernier. (C’est curieux d’ailleurs pour quelqu’un originaire de l’Allier cette difficulté à conjuguer ce verbe…)

Bon gré mal gré il prend son mal en patience en assistant avec plus ou moins d’enthousiasme aux séances du Conseil régional avant d’être nommé à la succession de Brice Lalonde ambassadeur français chargé des négociations sur le changement climatique. Au nom de « la démocratie de proximité » ? Le Figaro explique que « c’est NKM et Borloo qui lui ont obtenu sa nomination »…Jusqu’au sommet de Doha en décembre 2012. Pas sûr que l’on ait mis le drapeau vert en berne…Mais cette fois, c’est sûr, il s’en va. Il n’a pas dit encore pourquoi. Une rumeur ferait écho à des sons sous-marins…Tandis qu’à Bourges le drapeau noir flotte sur quelques dossiers inachevés…

PM

 

 






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