Jean-Michel Guérineau (PCF-Front de Gauche) : histoire d’une profession de foi

JM GuérineauJean-Michel Guérineau, le candidat Front de gauche aimerait bien mettre ses pas dans ceux de ses deux prédécesseurs communistes, ancien maires de Bourges, Jacques Rimbault et Jean-Claude Sandrier.

Par Patrick Martinat

 

Ce mercredi matin, costume cravate impeccable sous un grand manteau anthracite, Jean-Michel Guérineau est allé faire la rentrée des écoles. « Malgré le froid ». Il était à la grille des Pijolins. Avant celle d’Auron le lendemain et de Turly le sur- lendemain. Il cause avec les parents, leur propose un questionnaire (rythme scolaire, restauration, accueil…) en dix points. « Une bonne trentaine ont répondu. ». La collecte a commencé il y a 15 jours et à la fin de cette semaine il compte en recueillir entre 5 et 600. Un fond de réflexion pour cet ancien instit’ par vocation qui ne s’est jamais vraiment défroqué dans sa tête. Pas comme la politique qui s’est presque imposée à lui progressivement.

La mairie de Bourges en se rasant

Une chose est sûre, c’est que ça ne date pas d’hier que Jean-Michel Guérineau pense à la mairie de Bourges en se rasant. C’était tellement ancré dans son esprit qu’il avait peine à dissimuler son intention. Comme si ça allait de soi. Et si en clin d’œil de Moscou on s’amuse à évoquer le troisième homme, n’allez pas croire que c’est parce qu’il arrive après Pascal Blanc (UMP) et Franck Thomas-Richard (DVD), ses mâles adversaires, mais parce qu’il s’imagine plus qu’un appelé, un élu. Après Jacques Rimbault en 1977 et Jean-Claude Sandrier en 1993, les deux maires communistes qui ont occupé le fauteuil qu’il convoite. Cet ancien matheux (bac C à 17 ans) aura remarqué que sur la sinusoïde rouge il accuse un retard de 4 ans. Mais quand on a la foi du charbonnier…Parce que pour aller au charbon, Jean-Michel Guérineau n’a de leçon à recevoir de personne.

JM Guérineau2Le fantassin a fait ses classes chez les Francas. Il y a découvert le communisme, « la haine de l’injustice », cette injustice qui peut mettre en colère ce grand calme. Il peut même faire pleurer sa mère lorsqu’il quitte après trois semaines l’école Supérieur d’électronique de l’ouest, à Angers. Il a 18 ans et ne sera pas ingénieur mais instituteur. Comme elle. C’est les Francas qui lui ont fait découvrir l’animation auprès des enfants l’été précédent. De toute façon, il ne se voyait pas « faire des maths toute la vie ». Le rebelle (on croirait pas comme ça !) se paie une année sabbatique et multi culturelle avant de passer le concours interne de l’école normale. Logiquement, ce Tourangeau y rencontre sa future épouse, une Berruyère.

Guérineau l’ancien Francas

C’est ainsi qu’elle et les Francas (encore eux qui l’ont mis à disposition dans le Cher) l’ entraînent à Bourges. En 1986. Il est au PCF depuis 4 ans. L’homme de la base va passer homme de base via Marguerite Renaudat, alors seule conseillère générale et première adjointe au maire PCF Jacques Rimbault. La petite histoire retiendra que c’est pendant ses vacances que Jean-Michel Guérineau est chaque fois enrôlé. La première fois en 1989 (il est au ski) et il devient conseiller municipal dans le dernier mandat de Jacques Rimbault. La deuxième fois il doit interrompre son séjour en Ariège, en 1997. Jean-Claude Sandrier, ancien maire PCF de Bourges (1993-1995) sonne le rappelle juste après la dissolution de l’assemblée nationale par Jacques Chirac. Un mois et demi plus tard, le voici assistant parlementaire du nouveau député communiste. Plongé « dans le grand bain ». L’homme redevenu instituteur (1993-1997) après une prise de distance vis-à-vis des Francas, met un terme prématuré à 4 ans « exceptionnels ». Depuis 2 ans il est secrétaire de la section de Bourges (« mais jamais permanent »).

Mais voici Jean-Michel cœur fidèle faire Front de gauche. « Soutenu par le Front de gauche » nuance-t-il.

Mais Front de gauche quand même, parce qu’il est convaincu que ce Front rassemble au-delà du PCF. Et seul comme un grand. Pour la première fois depuis 1977, les cocos ne partiront pas avec la rose. Dans les tiroirs, après la déception des « municipales que la gauche aurait dû gagner en 2001», les mauvais souvenirs de celles de 2008. Les divergences avec le PS qui a mené Irène Félix en tête à la défaite ne se sont pas estompées… « Nous n’avons pas la même vision de la ville. Je considère que Bourges a vocation à être une grande ville. Elle a été capitale, ne l’oublions pas ! Elle ne peut être simplement  une ville moyenne où il fait bon vivre » comme l’ambitionne la tête de liste PS. Tout ça promet un « Embrassons nous Folleville ! » au second tour…Lui dit que ça ira.

Un socialiste au petit déjeuner

L’ancien conseiller régional, aujourd’hui premier vice-président du conseil général, se sent en tout cas poussé par « une dynamique ». Au point de s’autoriser un rêve un peu fou, celui qui mettrait en mars, face à face, non pas les deux favorites a priori (ndr : Véronique Fenoll, UMP et Irène Félix, PS) mais deux hommes. Et il se verrait bien l’un de ces deux marsiens. En septembre dernier, il a été désigné par les 235 cotisants du PCF de Bourges. Un plébiscite : 126 pour sur 132 exprimés. C’est un début. Il fait Front de Gauche, tout en se démarquant de son leader national « qui a tendance à sortir du cadre ». On se demande même ce qu’il peut lui trouver le Jean-Michel au Jean-Luc. L’écharpe rouge ? Non, mais « sa démarche ». Pas celle du Schtroumpf râleur qui aujourd’hui « mange un socialiste chaque matin au petit déjeuner », mais celui « qui a dit des choses pendant la présidentielle ».

Jean-Michel Guérineau, combien de divisions ? Il répond par l’addition « des incertitudes, nationale et locale. Les repères ont explosé ». Le maire ne se représentant pas et s’amusant « à glisser des peaux de bananes » dans son propre camp…L’équation ne manque pas d’inconnues.

PM

 

 

Commentaires

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  1. Bravo Jean -Michel mais pour être élu pour avoir la place de J R tu dois te présenter en deuxième position par rapport à Irène Félix
    sachant que beaucoup de Berruyers n’aime pas Irène Félix tu as des chances de passer il faut la jouer malin .

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