Marius Stieghorst: “Kantorow est un homme réfléchi et surtout très noble”

 

orchestre orléans

En juin prochain Marius Stieghhorst prendra la direction de l’Orchestre d’Orléans. Un bel ensemble qui va devoir, en interne, faire clairement le point sur son fonctionnement.

Jean-Jacques Kantorow, chef et directeur artistique de l’Orchestre d’Orléans, l’un des plus grands violonistes de ce temps et l’un des chefs charismatiques comme les plus intelligents et les plus réclamés d’aujourd’hui,  vient d’annoncer au conseil d’administration de l’Orchestre symphonique d’Orléans qu’il ne re renouvellerait pas son contrat , pour « raisons personnelles », au terme de cette saison  qui, bâtie avec accord et collégialité, se clôturera en juin 2014.

C’est avec un immense regret et infiniment d’amertume , comme cela a été déjà écrit  sur notre site, que ce maître de musique quitte, pour des raisons non politiques mais artistiques, cet ensemble orléanais dont certains musiciens  lui auront déjà rendu hommage. Nul homme qui s’offre en partage ne peut ainsi, en effet, s’en aller. Marius Stieghorst, l’un des grands protagonistes de l’Opéra de Paris , chef permanent invité par  l’Orchestre, chef radieux qui dirige l’Orchestre des Jeunes du Centre ,  a décidé,  sur la proposition de Jean-Jacques Kantorow et  en accord avec  le bureau de l’Orchestre d’Orléans présidé par Jean-Pierre  Fraiseau,  de présider désormais aux destinées de l’Orchestre Symphonique d’Orléans . Joint ce dimanche par téléphone Marius Stieghorst a volontiers répondu à nos questions tout  en respectant le droit de réserve qui est le sien jusqu’à sa nomination définitive officielle .

P1140681Quelques mots  de celui qui vient de diriger chœur et orchestre dans le Rossini de Noël à Saint-Pierre du Martroi:

« Ce n’est pas compliqué  d’entrer avec cet orchestre dans le détail.  Je dirais même qu’avec ces musiciens c’est la joie permanente d’entrer dans le détail. Il se passe ici quelque chose d’exceptionnel et de formidable, surtout cette manière de trouver la  liberté dans le son très importante. Cela dit, je ne connais pas l’orchestre dans tous les répertoires. Quoi qu’il en soit  je suis très heureux, je dis un grand merci à Jean-Jacques Kantotorow et je vais encore l’appeler pour parler avec lui”

Quant à la relation avec l’orchestre ?  

« Il va falloir discuter de beaucoup de questions avec les musiciens. Je prends beaucoup de décisions mais il est important que l’orchestre reste un groupe et que chacun s’écoute. Je veux discuter avec eux. C’est un long chemin. Jouer des bonnes notes, avoir un avis sur tout, c’est une grande charge. Il va falloir réfléchir.”

Avez-vous eu une rencontre avec Jean-Jacques Kantorow pour cette passation de baguette  ?

« Absolument pas . Nous nous sommes rencontrés avec bonheur en mai et nous n’avons aucunement évoqué son départ. Nous avons beaucoup échangé sue le fait d’établir un système et comment on éclaire la musique. Nous nous accordions totalement.  A la fin de notre rencontre,  j’avais l’impression qu’on ne ne voulait pas se quitter et que nous parlions des mêmes choses globales . Non, nous n’avons a aucun moment parler de son éventuel départ.  J’avais simplement devant moi un homme très réfléchi et surtout très noble.”

Comment percevez- vous son au-revoir?

Il va diriger encore, pour l’Orchestre d’Orchestre d’Orléans , deux programmes intéressants. Et il est beaucoup sollicité. Bon. Mais vous savez, dans la musique nous sommes des voyageurs, on arrive et s’en va. Chacun d’entre nous le sait. Moi aussi. C’est cela notre vie. On ne sait jamais de quoi demain sera fait. Mais à chaque fois,  ce qui compte , c’est que les musiciens et les chefs auront beaucoup appris les uns des autres.” 

Jean-Dominique Burtin

Photos: Répétitions à Saint-Pierre du Martroi du concert de Noël Rossini. Photos: J.-D. Burtin.






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