Nicolas Sansu (PCF) à Vierzon : histoire d’un enracinement

 Par Patrick Martinat

 

Nicolas Sansu le maire de Vierzon.

Nicolas Sansu le maire de Vierzon.

Nicolas Sansu, le député-maire communiste sortant de Vierzon, c’est d’abord en 2008 une des trois exceptions municipales à l’échelle nationale, avec Dieppe et Saint-Claude. Trois candidats PCF qui reprennent une mairie, et ce, dès le premier tour !

Du jamais vu depuis l’effondrement d’un mur. Localement, c’est une histoire de famille. Une de ces revanches qui inspirent des scénaristes de films d’aventures. Genre La vengeance d’Harry Potter (pour les lunettes et le côté espiègle du héros qui avouait alors « pratiquer le footing comme un autre Nicolas mais en un peu plus vite !!! »). Ou encore A la reconquête d’un fief perdu style Spielberg. Le tout en nicolascope.

Nicolas –tout le monde ici l’appelle par son prénom – a un côté Tsar de Berry. Il a de la souche (père enseignant coco conseiller municipal à Vierzon pendant plus de 35 ans, grand père maternel maquisard tué à Venesme) et comme une marque du destin : « Je suis né le 17 juin 1968, le jour de l’arrêt de la grève chez Renault Billancourt ! ». Du tempérament aussi. A peine son bac C en poche qu’il monte au créneau contre la loi Devaquet, pour faire face « sur l’Esplanade des Invalides à la fameuse charge des CRS ». Un baptême du feu qui le prédispose à ses premiers galons brodés UNEF et PCF.

La “fourberie” de Vierzon

mairie de VierzonMais pendant qu’il bataille à Lille et à Paris, se trame une « fourberie » sur ses terres. En 1989, Jean Rousseau, secrétaire de la section socialiste alors la plus forte du département du Cher, et président du groupe socialiste dans la municipalité communiste de Fernand Micouraud, fourbit les armes de la rébellion. Trente ans de règne PCF sur la ville vacillent, la rose défie le marteau et la faucille. L’année suivante, Jean Rousseau, le « traître » aux yeux du PCF, « l’indiscipliné » aux yeux du PS (qui va l’exclure), prend la mairie. Sur la liste concurrente (communiste), en quatrième position, apparaît le nom d’un adjoint aux sports. Michel Sansu (le père) compte déjà quatre mandats dans la majorité PCF-PS. Il se prépare à deux mandats dans l’opposition. Désigné en 1992 à la succession de Fernand Micouraud aux cantonales, ce fidèle était déjà conseiller municipal de Vierzon trois ans avant la naissance de son fils, Nicolas.

Le PCF n’a jamais digéré cette révolution de 89. Pas plus que Jacques Rimbault, député-maire PCF de Bourges, ancien maire-adjoint de Vierzon, devenu la figure emblématique du PCF du Cher. Ce présidentiable en 1988, condamne le « hold-up politique » d’une réplique prémonitoire : « Ainsi, la droite est de retour à Vierzon…». Jean Rousseau était cette année-là soutenu par l’UMP…Malade, Jacques Rimbault appelle Nicolas en 1993 comme « secrétaire particulier » pour préparer sa succession. L’ancien khâgneux aiguise sa plume au service des sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen.

A vingt-cinq ans, il devient directeur de cabinet de Jean-Claude Sandrier qui assure la succession de Jacques Rimbault à la mairie de Bourges, puis attaché parlementaire du même qui présidera bientôt le groupe communiste à l’Assemblée nationale.

Quand il revient au bercail en 1993, c’est pour en découdre. Nicolas essuie les déconvenues souvent rituelles lors des premières tentatives électorales : aux municipales de 1995 à Vierzon (en position inéligible), puis de 2001, année où, à la faveur d’une démission d’un conseiller général frappé par le cumul des mandats, il se présente contre Jean Rousseau, toujours maire de Vierzon.

Un Front de gauche en béton

Aux cantonales de 2004, il participe au basculement à gauche du département et devient d’emblée un vice-président fougueux en charge des transports et des infrastructures. En 2008, aux municipales, il prend cette fois la revanche que son parti attendait depuis 20 ans, en sortant le maire sortant. Pour cet amoureux « des virées dans les Ecrins », un nouveau sommet se profile déjà. En 2012 il est élu député.

Cet ancien « chargé des questions économiques et financières du groupe communiste républicain et citoyen du sénat » a reconduit pour cette campagne une liste composée du Parti communiste, du Parti socialiste, d’Europe écologie les Verts et du Parti de gauche. Un Front de Gauche en béton face à des adversaires dispersés qui paraissent démunis : des déçus du PS, une MoDem soutenue par Jean Rousseau, l’ancien maire qui croit à l’éternel retour ( Et oui Madeleine, on est à la lisière de la Sologne…), un Mouvement citoyen indépendant, un UDI solitaire, auxquels pourraient se mêler Lutte Ouvrière et le Front National.

 P.M

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