Orléans : l'hôtel Dupanloup, un écrin à 13,6 millions d'euros, pour quelques chercheurs en résidence

Les élus sous la conduite de Paul Vigny, président du Studium.

L’escalier monumental, un des clous de Dupanloup..

 

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Les élus sous la conduite de Paul Vrigny.

Dans le temps le parquet de la vieille bibliothèque d’Orléans craquait dans la grande salle de lecture. Des générations d’étudiants et de profs orléanais y ont usé leur culotte.  Les nostalgiques de l‘hôtel Dupanloup, l’ancien évêché de la ville, se presseront sûrement ce week-end aux portes du bâtiment rénové.

Enfin, les 900 qui ont réservé leur place. Pour les autres, il faudra attendre. Plafonds blancs à moulure, murs gris, parquet en bois, un superbe tableau monumental (de Natoire) au sommet de l’escalier d’honneur, la restauration de ce sublime bâtiment a permis de le conserver dans son jus, tout en le dotant d’une touche de contemporain. Très bien. Mais ce petit bijou, cette Villa Médicis orléanaise ( Julie Gayet ne fait pas partie du jury!) a un coût tout de même démesuré à l’heure où le gouvernement réclame des économies aux collectivités locales: 13,6 millions d’euros avec un fonctionnement estimé à 150 000€ par an!

Environ 25 chercheurs étrangers

Les meubles de la collection "exceptionnelle" de Jurgen Bey.

Les meubles de la collection “exceptionnelle” de Jurgen Bey.

A quoi et à qui vont servir ces 2 382 m2 qui, sans cette restauration seraient tombé en lambeau, après vingt ans de friche? A une poignée de chercheurs: 300 m2 seront dédié au Studium (l’agence régionale de recherche), 915 m2 affectés à l’Université, 1 174 m2 en usage commun. 25 chercheurs étrangers de haut niveau bénéficieront donc de cet outil luxueux durant leur contrat limité à deux ans. Des chercheurs salariés du Studium qui seront, par ailleurs, logés au château de la Motte Sanguin, un autre écrin magnifiquement restauré. Jusqu’ici ils demeuraient dans des appartements en ville, parfois avec femmes et enfants, payés par l’université.

IMG_5192Des voix commencent à s’élever pour trouver que, pour les collectivités locales (et l’Etat) et sans verser dans le poujadisme, la facture est quand même plus que salée. 13,6 millions d’euros c’est à peu près la facture du FRAC (Fonds régional d’art contemporain). “Il faut absolument l’ouvrir sur le public” confiait l’autre jour François Bonneau, le président de région, comme pour s’excuser d’être le premier financeur avec une enveloppe de 5,8 m€, la ville a mis 3,6 m€ et l’Etat 4,2. Alors bien sûr le « coup » était parti bien avant la crise et les plans d’économie. Mais le ministère de la Culture a même rajouté 120 000€ aux 300 000 prévus pour l’achat d’une collection de meubles contemporains qualifiée « d’exceptionnelle » conçue par le célèbre designer Jurgen Bey. Une équipe est d’ailleurs venue spécialement de Hollande pour le montage de ce mobilier dont une chaise baptisée « Dupanloup ». Pour le Studium, des mobiliers spécifiques ont été conçus par Fariba Nourdeh, architecte d’intérieur.

Dupanloup et le rayonnement d’Orléans

L'hôtel Dupanloup où oeuvra Georges Bataille.

L’hôtel Dupanloup où œuvra Georges Bataille.

 “Nouveau visage d’Orléans universitaire » ce Dupanloup revisité sera suivie par l’ancien hôpital porte-Madeleine, autre équipement de l’université en centre ville. « Bâtiment classique en cœur de ville », « volonté d’accompagner l’université dans son développement » et encore “rayonnement de la capitale régionale”, tous les poncifs seront sans doute convoqués lors de l’inauguration samedi par Serge Grouard, le maire d’Orléans, François Bonneau le président de région, le président de l’Université, …

Fallait-il mettre 13,6 millions d’euros pour rénover ce bâtiment où Napoléon passa la nuit en 1808 sur la route de Bayonne? N’y avait-il pas moyen de faire plus simple… ? Ne pouvait-on lui trouver, pour un tel prix, une vocation plus “grand public” (musée, bibliothèque de centre ville, conservatoire…) ? Ce centre international de la recherche fut en son temps une belle bibliothèque dirigée par un certain Georges Bataille dans les années 50. Droite et gauche ayant financé il y a peu de chance que “la guerre” soit déclarée pour Dupanloup. Et puis le grand public bénéficiera, mais dehors, de la belle façade du jardin de l’Evêché. Lors du Festival de jazz. Ce qui n’est déjà pas si mal…

Ch.B

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Rosetta, à la poursuite de la comète

Pour faire mentir les bougons… A l’origine réservé uniquement aux scolaires, le Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement et de l’Espace (LPC2E), laboratoire spatial de l’université d’Orléans et du CNRS, accueillera exceptionnellement tout public : Lundi 20 janvier 2014 de 13h30 / 16h30,  – portes oiuvertes, Rosetta, à la poursuite de la comète, au Centre International Universitaire pour la Recherche (Hôtel Dupanloup). 

L’équipe du LPC2E composée d’une quarantaine de chercheurs, enseignants-chercheurs et ingénieurs, et quelques collègues du Centre de Biophysique Moléculaire (CBM), animeront des ateliers autour de l’exploration spatiale, de l’observation de l’Univers et de l’observation du climat. Ils vous feront découvrir la mission Rosetta, comment fabriquer une comète, manipuler un spectromètre de masse, observer des mini aurores boréales, découvrir et écouter les pulsars, écouter la chute de météores, observer des bactéries fossilisées au microscope, et bien d’autres…

 

 

 

 

 

 

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