Thierry Vinçon (UMP) à Saint-Amand-Montrond (Cher) : histoire d’un frère de…

Serge et Thierry Vinçon 001 (1)

Serge Vinçon (président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense et des Forces armées, accueillant son frère Thierry, conseiller sécurité à l’Elysée, au Sénat en 2006

Par Patrick Martinat

 Thierry Vinçon est le frère de Serge, l’ancien sénateur-maire de Saint-Amand-Montrond décédé fin 2007. Même si les deux frangins n’accusaient que 13 ans de différence, ça vaut « fils de… », tant le Serge ici c’était quelqu’un. En politique on dirait un « baron de province ». Dans le Saint-Amandois, un « chic type ». Ses hommes disaient ça du lieutenant Charles Péguy. Un autre régional (Péguy était D’Orléans). A sa manière, Serge est tombé au champ d’honneur. Comme Charles. Avec la même bravoure face à la maladie. Tous les deux pour la France. Aussi tricolore que poète, l’homme attirait sympathie et confiance, dégageait un fort taux d’intégrité et de fidélité. Qualités rares en politique.

Alors chausser ses bottes portées pendant plus de 24 ans ! Frères mais non jumeaux, on n’a pas forcément la même pointure. Ce n’est peut être pas juste mais c’est comme ça.

Cinq jours après la disparition du sénateur-maire, Le Berry républicain titrait en gras de sa Une : « Qui prendra la suite ? ». Sous-entendu : « Qui osera ? ».

Tandis qu’une gestion de transition était assurée par Geneviève Bobin, première adjointe mais « femme de l’ombre » selon sa propre expression, un nom a bientôt circulé. Plutôt un prénom. Derrière lequel la presse locale s’était aussitôt interrogée : « Qui est Thierry Vinçon ? ».

Thierry Vinçon.

Thierry Vinçon.

’était ce benjamin, alors inconnu de la population, mais ne sortant pas de n’importe coulisse de ministère. A 45 ans, il passait pour avoir déjà effectué « une brillante carrière dans les plus hautes sphères de l’Etat ». Pas moins ! Signe commun avec son grand frère, la Défense. Serge au Sénat, Thierry entre Matignon et l’Elysée. De Rocard à Chirac puis à Sarkozy il était le spécialiste de la sécurité et du renseignement. Plus éminence grise que tribun, il a aussi occupé quelques sous-préfectures. Ses passions avouées, l’Histoire et langues ‘O. Les frères n’étaient pas jumeaux.

Mais en mars 2008 il se sent un peu obligé de se lancer. L’urbain se met en campagne. Elle sera courte selon les chroniqueurs locaux, « peu lisible » pour les observateurs, très incertaine pour les pronostiqueurs. Contre toute attente, ses espérances modestes lui réservent un bon 40%. Mais avec une abstention qui en dit plus qu’on veut bien lui faire dire. Le Centre et le PS qui devaient le taquiner vont rester à l’affût. En attendant 2014 ? Nous y voici.

Six ans plus tard, à deux mois du renouvellement, que s’est-il passé au pied des ruines de Montrond, ultime bastion du Grand Condé ?

Saint-Amand une pépite?

Son premier adjoint l’a traité de Thierry-la-Fronde en lui balançant sa démission comme un sac de pierres à 4 mois des municipales. Mésentente sur fond d’incompréhension. Entre « le coup de poignard dans le dos et le coup d’épée dans l’eau » minimise le maire sortant. Pas faux. L’affaire a fait « pschitt ».

St-Amand

St-Amand

Pour le reste…Le bilan est ce qu’il est et les projets ceux qu’ils sont ; une étape du 100 ème Tour de France et la sauvegarde des urgences chirurgicales d’un côté. Le lac de Virlay bien mal nommé en la circonstance…Tandis que le E-Commerce, le M 20 City et la 4 G d’un autre côté font penser à une promo de logiciels.

« Ces 30 dernières années, le visage de Saint-Amand a repris des couleurs » affirme le maire qui a choisi comme slogan : « Il fait bon vivre à Saint-Amand ». Circonstance atténuante, c’était lors de son discours de vœux. On peut oublier ces soirs-là que Saint-Amand a été la capitale de la gourmette, réputée pour ses imprimeries (Bussière, Clerc) et ses liqueurs (Fournier-Demars)…de profundis.

Quant à l’opposition, elle a perdu la foi du Charbonnier (Jean-Pierre de son prénom, PS de conviction, en retrait des élections) mais conserve le Centre avec Michel Mrozek (deuxième tentative).

Dans cette ville érigée en « centre des forces spirituelles de la planète » par Jean Giraudoux (Siegfried et le Limousin) et où l’enseigne d’un restaurant nommé « La Rotonde » s’est enracinée Place Carré, tout paraît possible…Même de résoudre la quadrature du cercle des qualifiés pour le second tour.

P.M

 

 

 

 

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