A Tours, Jean Germain, fragilisé, devra batailler pour son 4ème mandat

Le sénateur-maire de Tours, Jean Germain.

Le sénateur-maire de Tours, Jean Germain.

Par Xavier Renard

Second à l’issue du premier tour, Jean Germain devra mobiliser des électeurs de gauche déboussolés, pour espérer virer en tête dimanche prochain. Alors qu’une triangulaire se dessine, ces élections municipales à Tours sont plus ouvertes que jamais.

C’est un scénario sur lequel peu de personnes auraient parié. Encore moins après le récent sondage France 3, qui gratifiait Jean Germain (PS) d’une avance confortable sur ses poursuivants, Serge Babary (UMP) et le candidat d’EELV Emmanuel Denis. Selon ces mêmes estimations, le FN de Gilles Godefroy n’était même pas qualifié pour le second tour. Dimanche soir, les électeurs de Tours ont dessiné une tout autre élection, riche d’enseignements. Contre toute attente, Serge Babary sort en tête de ce premier tour avec 36,5 % des suffrages, devant Jean Germain qui – visiblement usé par ses trois mandats consécutifs à la mairie de Tours – n’atteint pas la barre des 30% (27,8 %). Le FN jouera finalement les trouble-fêtes. Crédité d’un retentissant 12,93 – un score jamais vu dans la capitale ligérienne – Gilles Godefroy s’invite pour la première fois au deuxième tour des municipales à Tours. On ne sait, en revanche, pas encore ce que fera Emmanuel Denis (EELV), également en position de se maintenir au second tour. Entrés en négociation avec l’entourage de Jean Germain, les Verts Centre appelaient hier soir «à la responsabilité pour réussir les fusions et les ralliement aux forces de progrès. »

Claude Bourdin (NPA/PG/Ensemble) n’atteint, quant à lui, pas les 10%. Il réussit néanmoins son pari, mobilisant autour de sa liste plus de 8% des électeurs. L’ancien conseiller municipal a d’ores et déjà annoncé que son engagement était devenu incompatible avec le projet du maire sortant: « Nous avons toujours dit qu’il n’était pas question d’accord de cogestion avec Jean Germain, qui a dans sa liste d’anciens élus UMP », rappelait hier Fanny Puel, colistière de Claude Bourdin, qui « ne ferme pas la porte aux Verts ».

Une ère nouvelle à Tours

babaryLes résultats cumulés de la gauche joueraient plutôt en faveur de Jean Germain au second tour. Cette triangulaire tombe aussi à pic pour le sénateur-maire, qui a perdu 20% des suffrages par rapport à 2008, où il caracolait en tête au soir du premier tour (46,74) devant Renaud Donnedieu de Vabres. Et, à droite, les réserves de voix semblent relativement faibles. Mais pour Serge Babary, qui  su déjouer tous les pronostics, il faudra aller « chercher les suffrages de ceux qui n’ont pas voté hier », s’appuyant sur une dynamique de campagne qui a tourné à son avantage. « C’est une toute autre élection qui commence. Croyez-moi, je ne ferai pas le même score qu’au premier tour », prédit-il. Au deuxième tour, la partie sera, sans nul doute, plus serrée que ce qui était annoncée depuis des mois. Et quand bien même Jean Germain réussirait la passe de quatre, il devra composer avec une opposition largement regonflée et des alliés plus percutants que jamais. Quoi qu’il se passe dimanche prochain, l’élection de 2014 marque le début d’une nouvelle ère à Tours.

X.R.

 

Ailleurs, en Indre-et-Loire

Dans le reste du département, l’impressionnante montée en puissance du FN dans la capitale ligérienne se vérifie non loin à Joué-lès-Tours. Dans ce bastion du PS, le FN fait une entrée fracassante avec 18% des voix. Affaibli, le maire sortant Philippe Le Breton arrive néanmoins en tête à l’issue de ce premier tour (40,39%) devant l’UMP Frédéric Augis (36%). Il devrait – non sans mal – être reconduit.

BeaufilsAilleurs, quelques surprises et beaucoup de confirmations. Philippe Briand (UMP) et Marie-France Beaufils (PC) sont réélus dans leur fief de Saint-Cyr-sur-Loire et Saint-Pierre-des-Corps. Tout comme le socialiste Pierre-Alain Roiron à Langeais. L’ancien ministre du tourisme Hervé Novelli est réélu sans surprise à Richelieu. À Loches, Marc Angenault, l’ancien premier adjoint de Jean-Jacques Descamps, l’emporte sur Jean-Marie Beffara, le suppléant de Marisol Touraine à l’Assemblée nationale, obtenant 58% des suffrages. À Chinon, la liste Divers droite conduite Jean-Luc Dupont n’est pas loin de faire basculer la ville à droite, après 25 ans de règne socialiste. Un mini-séisme. En revanche, Amboise, Montlouis-sur-Loire et La Riche devraient rester à la gauche.

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