Orléans: Baptiste Chapuis (PS) se positionne déjà pour… 2020

Baptiste Chapuis, avec Corinne Leveleux-Teixeira et Michel Brard lors de la primaire.

Baptiste Chapuis, avec Corinne Leveleux-Teixeira et Michel Brard lors de la primaire.

Après ses déclarations mercredi matin sur France Bleu Orléans, Batiste Chapuis, qui n’a pas été reconduit au conseil municipal d’Orléans, regrette à: nouveau dans un long communiqué de ne pas avoir fait organiser des primaires citoyennes. Cela aurait-il pu changer le résultat? En tous cas, Baptiste Chapuis qui avait choisi le camp de Michel Brard et l’a payé par une 18 ème place sur la liste de Corinne Leveleux-Teixeira, se positionne déjà pour 2020. Dans un premier temps il analyse les raison de la défaite.

“Je tiens à préciser en introduction que je ne suis ni politologue ni statisticien, ma démarche est celle d’un militant de gauche, élu d’opposition pendant 6 ans, qui souhaite commencer à comprendre cet échec afin que l’histoire ne se répète pas.  

Les résultats dans un premier temps, la participation tout d’abord.

Seuls 33 643 orléanais(e)s (sur un total d’inscrits de 62 414) se sont déplacés pour venir voter ce dimanche 23 mars soit à peine plus de 53% de participation. La moyenne nationale est de 63,55%. Pour rappel en 2008, à Orléans la participation s’élevait à 56,10% (35949 votants) tandis qu’en France ce taux s’élevait à 66.54%.

 Un constat tragique, la fracture civique augmente inexorablement à chaque élection. Pour mémoire, nationalement 60 à 65% des jeunes de 18 à 24 ans ne sont pas allés voter au premier tour, une situation alarmante. Mais ce n’est pas l’objet de mon billet.

 Au premier tour, au seul tour, la liste « Orléans à 100%, à laquelle j’appartenais, a réuni 7 622 voix (soit 23.22% des votants) alors que dans le même temps la liste du maire sortant Serge Grouard (UMP) réunissait 17 603 voix (soit 53.64% des votants).

 Pas un bureau d’Orléans n’a placé la liste « Orléans à 100% » en tête, seul un bureau du quartier de La Source a mis la gauche en tête avec la liste emmenée par le binôme Dominique Tripet / Michel Ricoud. Et ce malgré la « stratégie » d’un porte à porte important et ciblé sur les bureaux de vote « abstentionniste de gauche ».

 En 2008, la gauche rassemblée avait réuni 15 749 voix (45.06%) au premier tour et 18 257 (48.63%) au second. 1/3 des bureaux avaient placés la liste de gauche en tête notamment (et pas exclusivement) dans les quartiers dits populaires (La Source, l’Argonne, Brossières)

 Les causes, raisons et début d’explications.

Il s’agit comme j’ai déjà pu le dire et l’écrire d’une défaite collective, chacun a sa part de responsabilité dans cet échec, moi compris. Néanmoins, il est nécessaire de commencer à en identifier les causes.

 

Des causes nationales : Les orléanais comme de très nombreux français nous ont envoyé un sévère avertissement. Ils ont exprimé leur inquiétude dans l’avenir de notre pays mais surtout pour leur quotidien (pouvoir d’achat, chômage, sécurité…). Nos responsables politiques nationaux doivent entendre cette inquiétude. Au-delà du changement d’équipe gouvernementale, c’est une nouvelle étape du quinquennat qui doit s’ouvrir s’appuyant sur les fondamentaux de la campagne présidentielle de François Hollande de 2012.

 Des causes plus locales sont également à trouver pour expliquer l’ampleur de cette défaite. Certains avancent le manque de « rassemblement » autour de la candidature de la tête de liste. Faire reposer la seule responsabilité de la défaite sur les épaules du PS c’est oublier tout le travail effectué par ses nombreux militants depuis 6 ans pour permettre à nos candidats de se présenter en 2014. (Actions militantes, groupe de travail thématique….) Modestement, j’y ajouterai le travail des élus de l’opposition pour faire avancer nos propositions et construire des échanges quotidien avec les associations de notre ville.

 

Baptiste Chapuis.

Baptiste Chapuis.

En effet, les militants socialistes pourtant nombreux et dynamiques lors des élections précédentes ont été moins nombreux à se mobiliser, certains se sentant mis à l’écart d’une campagne qui leur échappait d’autres arguant d’un contexte national difficile. Les militants socialistes n’ont été que trop peu associés voir écartés des choix stratégiques de cette campagne (Projet de ville, propositions, débauchage de centristes…) A cela s’ajoute des conditions du rassemblement qui n’ont pas été remplies. On compare parfois notre modeste primaire interne avec la primaire citoyenne de 2011. En effet, Martine Aubry, que je soutenais, une fois battue au second tour a fait pleinement la campagne de François Hollande. Mais, il ne faut pas oublier qu’à l’époque, le rassemblement s’était effectué en toute transparence et dans le respect de chaque candidat.

 Et pourtant, certes moins nombreux, mais les militants socialistes présents ont fait cette campagne avec énergie et dynamisme mettant un mouchoir sur leur amertume et leur regret. Je tiens à nouveau à saluer leur engagement.

 Beaucoup m’ont interrogé sur mon absence lors de cette primaire interne, j’ai soutenu Michel Brard et je ne le regrette aucunement. Le seul regret que j’exprime aujourd’hui, est de ne pas avoir été assez convaincant afin d’organiser des primaires citoyennes ouvertes à tous. Un élan citoyen qui ne nous aurait pas fait gagner, mais qui nous aurait au moins créé de meilleures conditions pour mener cette élection, avec plus de transparence dans la démarche de désignation et de responsabilités vis-à-vis des citoyens pour le rassemblement.

 Notre campagne n’a pas réussi à défendre notre conception du bilan de Serge Grouard, jugé par de trop nombreux orléanais comme positif. Malgré les efforts de communication, nos propositions pour la ville et nos quartiers n’ont pas été entendues à l’exception de la passerelle sur la Loire. Le sens politique de notre projet politique est resté peu lisible. Et malgré le dynamisme et l’engagement du directeur de campagne, la campagne s’est essoufflée très rapidement. La réussite du dernier meeting de campagne n’a pas été suffisante pour remobiliser les équipes.

 Pour finir, mon plus grand regret avec cette défaite est de quitter le Conseil Municipal et d’y voir rentrer le Front National. Mon combat contre leurs idées nauséabondes est un des fondements de mon engagement politique qui a commencé lors de la mobilisation populaire suite à l’alliance entre la droite et l’extrême-droite pour les élections régionales de 1998. Ce combat je continuerai à le mener en dehors du conseil municipal, soyez en sûr.

 Le temps est à la reconstruction, au rassemblement et non à la compétition ou l’ambition personnelle. L’élection municipale de 2020 est encore loin. Le Parti Socialiste orléanais doit retrouver sa place sur l’échiquier politique local, s’ouvrir aux talents de notre ville, rester à l’écoute des associations. Nos relations avec nos partenaires de gauche devront se retisser peu à peu, apprendre à se faire confiance et à travailler ensemble. Je prendrais toute ma part à cette tache collective.

 Dans le même sens, la rénovation de nos pratiques politiques est indispensable pour envisager l’avenir de notre ville. Le moment venu, je défendrai pour les élections municipales de 2020, comme je l’ai fait pour les élections 2014, l’organisation de primaires citoyennes ouvertes à tous les citoyens de gauche d’Orléans. Je défendrais également la construction citoyenne d’un projet pour Orléans. Orléans a besoin d’innovation, de créativité. Nous devrons oser un Orléans solidaire, ouvert, original et résolument humain ! Ces deux préalables seront indispensables pour la reconquête de notre ville.”

 

 

 

 

 

 

Commentaires

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  1. Tu vas toi aussi recevoir un message sur ton portable pour ton manque d’humanisme Baptiste Chapuis!!!!Viens me rejoindre dans le camp de ceux qui ne sont pas dignes de ceux dont ils se sentent porte-voix. On va être si nombreux qu’on va finir par le former ce fameux vrai front citoyens de gauche d’opposition et de construction sur Orléans!!

    Yves Bodard,électron libre en attente d’être atomisé.Pan!

  2. Électron libre, parfois engagé (si motivé) auprès de gens de qualité sans tenir compte de leur couleur politique.
    Je ne décolère pas ! …de ce qu’ont pu faire les socialistes locaux et leur candidate rose bonbon…
    Comme disait Marchais “c’est un scandale”
    Bien que n’appartenant à aucune famille “politique”, libre selon les qualités d’un candidat de voter à gauche et ou bien à droite, ce qui n’est pas un péché mortel, messieurs les donneurs de leçons !
    Surtout pas par rejet de l’un ou de l’autre, ” par choix” pour ce qui est bon pour ma ville ou bon pour mon pays.
    Je salue le retour de Ségolène Royale aux commandes, piétinée honteusement par les mêmes inconscients.
    Baptiste Chapuis doit être en première ligne pour incarner l’opposition dans les meilleurs.
    il est évident que l’opposition doit être forte, qu’elle soit de gauche ou à de droite, c’est en tout cas l’idée que je me fais de la démocratie…

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