Réforme territoriale: le Centre va continuer à "draguer" les Pays-de-la-Loire

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C’est “plié”, au moins “pour cette lecture”, réagit Valérie Corre, députée PS du Loiret, après le vote de l’assemblée sur la nouvelle carte des Régions? La Région Centre restera t-elle “célibataire” à vie et ne pourra-t-elle jamais épouser sa copine et voisine des Pays-de-la-Loire, au moins en partie? “Nos avons tout l’été jusqu’à octobre pour faire oeuvre de persuasion” poursuit Valérie Corre. En effet, le texte voté par l’Assemblée va revenir au Sénat en seconde lecture, un Sénat qui, d’ici là, aura sans doute changé de majorité après son renouvellement de fin septembre. Enfin, le projet de loi reviendra à l’Assemblée nationale, vers la fin octobre pour le vote définitif.  

Valérie Corre (au centre) à la Régiion, avec Corinne Leveleux, Agnes Quatrehomme et Olivier Frézot.

Valérie Corre (au centre) à la Régiion, avec Corinne Leveleux, Agnes Quatrehommes et Olivier Frézot.

Philippe Vigier (UDI) conserve lui-aussi un mince espoir. Il veut continuer à se battre à travers son association et le site internet qu’il a lancé pour cette grande région Val de Loire. A la région Centre on ne baisse pas les bras (de Loire) complètement, après que les “Ligériens” du Centre ont été mis en minorité vendredi matin. Les amendements demandant la fusion Centre-Pays-de-la-Loire, qu’ils émanent de la gauche socialiste ou de l’UMP, ont été repoussés par 57 voix contre 25. Parmi ces 25,  il y avait les députés de la région Centre renforcés par des députés bretons.                                                                               

Poursuivons le combat

Jean-Marie Beffara, député PS d'Indre-et-Loire

Jean-Marie Beffara, député PS d’Indre-et-Loire

« Nous poursuivons notre combat » indique l’exécutif régional par la voix de Jean-Marie Beffara, premier vice-président PS, qui a déposé cet amendement. Il souligne qu’“il a obtenu un soutien massif des parlementaires de gauche de la région Centre, et du groupe Europe Ecologie les Verts, auxquels se sont joints un certain nombre de parlementaires de l’opposition.”
Pour François Bonneau « le combat qui est le nôtre en faveur d’un rapprochement des
régions Centre et Pays de la Loire est désormais partagé par un nombre croissant de
parlementaires, au-delà des clivages politique. A la suite de l’examen du projet de loi en
première lecture à l’assemblée nationale qui s’achèvera dans le courant de la semaine
prochaine, nous poursuivrons notre combat en direction du gouvernement, des députés et
des Sénateurs, dans la perspective des débats qui interviendront à nouveau à l’automne au
Sénat et à l’Assemblée Nationale. ».

La Loire-Atlantique en Bretagne?

Philippe Vigier, député d'Eure-et-Loir.

Philippe Vigier, député UDI d’Eure-et-Loir.

Philippe Vigier estime lui, que le Président de Région n’a pas fait son boulot.  Ce qui est de bonne guerre puisque le député d’Eure-et-Loir est candidat à la succession de François Bonneau en 2015. Il n’exclut pas -“mais ce sera long”– une ouverture offerte par l’article 3 discuté hier soir à l’Assemblée. C’est le “droit d’option” qui permettra à un département de sortir d’une Région pour aller vers une autre. Tout le monde pense bien sur à la Loire-Atlantique qui pourrait rejoindre la Bretagne. Et la Mayenne et la Sarthe pourraient alors opter pour la Région Centre. L’article 3 lève l’obstacle du référendum qui verrouillait ce mercato territorial.

Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, l’a précisé vendredi soir à l’Assemblée, les départements (ou les Régions qui peuvent aussi convoler) auront trois ans pour décider après les élections de 2015. “Il faut prendre le temps, il y a de la place pour toutes les options mais laissons faire le temps” a t-il poursuivi.

Une fenêtre de tir pour le grand Val de Loire ou de nouveaux débats pour amuser la galerie? En tus cas, si la région Centre veut continuer à draguer les Pays-de-la-Loire, il faudra cette fois sortir le grand jeu de la séduction.

Ch.B

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 Le texte du fameux article 3 de la réforme territoriale, le “droit d’option”.

 Article 3 

– Suppression de la condition de consultation obligatoire des électeurs en cas de modification des limites des régions et des départements, ainsi qu’en cas de fusion (fusion de régions, fusion de départements, fusion entre une région et les départements qui la composent).
– Modification de la procédure de transfert d’un département de sa région d’origine vers une région limitrophe (procédure dite du « droit d’option des départements ») : possibilité de transfert par décret en Conseil d’État après délibérations concordantes du conseil départemental concerné et du conseil régional de la collectivité de rattachement (sans consultation de la région que le département se propose de quitter). 

 

 

 

Commentaires

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  1. Si le rapprochement de La Loire Atlantique avec la Bretagne ne se faisait pas, il restera pour l’Indre & Loire de saisir ce droit d’option pour quitter cette région centre ringarde et d’aller vers les Pays de La Loire…

    • Il n’y a bien que des élus en place, satisfaits de ne pas être dérangés dans leur train-train, pour accepter la catastrophe renouvelée du maintien de la région “Centre” en l’état. C’est bien sûr le cas de Mr Grouard, qui se soucie comme d’une guigne des autres départements du moment que sa bonne ville d’Orléans continue à monopoliser les emplois régionaux. Ce monsieur a le mérite de l’honnêteté et de la transparence, ce qui devrait normalement dessiller les élus des autres départements de la région “centre”
      N’importe quelle solution autre (fusion avec les Pays de Loire ou avec l’Ile de France) serait préférable. A défaut, l’Indre-et-Loire (voire le Loir-et-Cher) devrait effectivement envisager de demander son rattachement aux Pays de la Loire, et l’Eure-et-Loire à l’Ile-de-France. Ce sera l’occasion d’établir des coopérations avec des villes proches aux problématiques proches, comme Angers et Le Mans.

  2. Le maire de Chartres évoquait très récemment l’hypothèse Normandie, mais je ne sais pas si il faut prendre tout cela bien au sérieux car précédemment il ne jurait que par l’Ile-de-France…il a arrêté d’en parler depuis que ça pouvait devenir concret ! Je pense qu’il n’a pas apprécié également les déclarations du Maire d’Orléans, les 5 départements de la Région Centre (hors Loiret) ne sont pas la propriété d’Orléans.

    De toute façon hormis éventuellement (très hypothétique) le cas de l’Eure-et-Loir, le démantèlement de la région Centre n’a aucun sens puisque tous les départements auraient vocation au final à rejoindre les Pays-de-la-Loire !!

    L’Ile-de-France n’accueillera personne ou alors l’Oise au grand maximum, et je vois mal le Loiret ou le Cher rejoindre la Bourgogne-Comté ou l’Indre rejoindre l’Aquitaine…

    Donc l’enjeu, c’est bien un rassemblement autour de la Vallée de la Loire, que cela plaise ou non au Loiret (qui au demeurant joue un peu contre son camp, puisque cela pourrait être le “jackpot” pour eux et aucune capitale régionale actuelle ne sera totalement “déshabillée” de toute façon)

  3. Un projet qui fait consensus dans la Région : faire une grande région centrée sur l’axe ligérien, au coeur de la France, à partir de l’ossature actuel de la Région Centre + ceux qui le voudront. Si la tâche parait compliquée avec des fusions en bloc, je suis sûr que la région peut s’avérer très attractive pour des départements qui pourraient se sentir marginalisés dans de nouvelles grandes régions : Sarthe, Nièvre, Yonne, Maine-et-Loire, Creuse, Vienne (voire Deux Sèvres, Vendée), Allier, Orne.

    Ils sont tous les bienvenus !

  4. Une bonne partie du département de la Nièvre est beaucoup plus proche géographiquement de la Franche-Comté que de l’Eure-et-Loir. Un exemple, Château-Chinon-Dole par la route, c’est 150 km , Château-Chinon-Dreux , c’est 370 km !
    même pour Nevers,à l’extrême ouest du département : Nevers-Dole 215 km, Nevers-Dreux 310 km.
    je doute que les nivernais se sentent plus de points communs avec la Sarthe, le Maine-et-loire, l’Eure-et-Loir…, bien plus lointains pour eux, qu’avec le Jura, bien plus proche.

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