Orléans Jazz, c’est la note finale !

Magcentre vous l’avait annoncé il y a dix jours , (voir Magcentre:Le Festival de Jazz 2015 en ballotage ? ), Orléans Jazz sera bien la variable d’ajustement du plan de rigueur du maire d’Orléans (Plan de rigueur à Orléans). Malgré le “c’est faux” catégorique de Nathalie Kerrien, son adjointe à la culture, Serge Grouard a donc décidé de supprimer la vingt-cinquième édition du Festival de jazz au Campo Santo pour 2015, et par la même occasion, le Jour J, la programmation place de Loire, les Concerts Intimistes et le Tremplin Jazz, pour faire place à “Jazz à l’Évêché”, festival à l’ambition et à la programmation à l’évidence nettement plus limitées.

Explication de Serge Grouard à propos du Festival: « il est intéressant, sympathique mais il n’a pas acquis une grande notoriété », et oui, c’est le glissement sémantique entre culture et événementiel, peu importe les dizaines de milliers de spectateurs orléanais que l’ensemble du festival attirait, Orléans Jazz n’est pas rentable en terme de retombées médiatiques… sur la base de ce critère, il est certain que l’Election de Miss France est plus prometteuse !

Un festival de sous-préfecture

En dépit de ses ambitions de capitale régionale, Orléans va ainsi perdre sa seule manifestation musicale d’importance et se retrouver, quelque soit les efforts des futurs programmateurs* de “Jazz à l’Évêché “, avec un événement musical digne d’une sous préfecture.

Il est loin le temps où Orléans attirait un million de visiteurs avec ses Floralies, et il est somme toute affligeant, de constater que nos petites voisines comme Bourges avec son Printemps ou Blois avec ses Rendez-vous de l’Histoire, ont su créer des événements culturels d’envergure nationale.

Et il faudra sans doute beaucoup d’imagination à la ville d’Orléans, pour enrichir le contenu de ses Fêtes de Loire, si la ville veut se donner une image un peu moins passéiste entre gabare, friture  et chants de marins…

Gérard Poitou

*A propos, qui seront-ils, entre Stéphane Kochoyan, actuel programmateur du Campo Santo, Jean Louis Derenne président d’ O’Jazz, ou Gérard Bedu de Un Nuage en Pantalon ?

Commentaires

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  1. c’est assez affligeant, en effet de s’en prendre à ce rendez-vous culturel majeur de la ville d’Orleans. Annuler ce festival plutôt que les fêtes de Jeanne d’Arc qui fleurent bon le royalisme et l’huile de friture mérite des félicitations! Voilà une politique culturelle responsable et intelligente. Je suis ravi de ne plushabiter Orleans, et donc de ne plus payer le moindrecentime d’impôt dans cette ville.

    • Orléanais de naissance, j’ai quitté ma ville pour Montpellier il y a 15 ans, (raisons professionnelles). Je suis sidéré du gouffre culturel qui ne cesse de se creuser entre ces deux villes.
      Pour ne pas vous affliger, je n’évoquerai pas en détail la centaine d’évènements de rang national auxquels j’assiste chaque année (classique, jazz, danse contemporaine, théatre), et encore je me censure dans mes sorties.
      Que les décisionnaires réfléchissent bien : on ne permet à une aire économique de bien fonctionner que si le cuturel l’accompagne; sinon les gens vont vivre ailleurs.

  2. Totalement navrée d’apprendre cela. C’était un rendez vous incontournable de notre bonne ville d’Orléans, le Campo Santo, un lieu magique de rassemblement pour les fan de jazz donc je suis! Quand je pense que même sur l’Ile de Ré , il y a un festival de jazz ! parce qu’il y a maintenant plus de people que de rétais ??
    Qu’est ce qui manque donc à Orléans Jazz pour que cet événement acquiert la notoriété qui lui fait apparemment défaut ?

  3. Je ne peux que seconder le propos d’Éric.
    C’est à la fois affligeant et désolant..

  4. Dans le livre “Rencontre(s), Augustin Cornu homme de culture et militant passionné” * j’ai souhaité avoir le témoignage d’Armand Meignan qui fut directeur artistique d’Orléans Jazz de 1998 à 2001.
    Son témoignage, dans lequel il explique pourquoi en 2001 il n’a pas souhaité continuer à aujourd’hui, valeur de symbole…
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    Le premier festival de Jazz d’Orléans, régi par une association, date de 1991.
    En 1997, afin de le dynamiser, Augustin avait mandaté Anne Perrot, directrice de l’action culturelle de la ville d’Orléans, pour rechercher une personne en phase avec un nouveau projet. Cette dernière me contacte et me parle brièvement des souhaits de la ville.
    Ma connaissance du festival d’Orléans tel qui est ne correspond pas à ma conception.
    Malgré l’argumentation donnée cela m’a conduit à répondre qu’impliqué avec l’Afijma* dans d’autres lieux je ne suis pas très enclin à le faire. Ce qui m’amène, par politesse, à lui proposer de venir au Mans pour me présenter tout cela.
    Quelle n’est pas ma surprise, peu de temps après, de voir arriver dans mes locaux M. Cornu, Adjoint à la Culture accompagné de la directrice de l’action culturelle.
    Augustin me développe ses arguments et son souhait que la programmation donne une plus grande place aux différents courants de jazz, que le festival ouvre les portes d’autres lieux en centre-ville. Il veut aussi que “son” festival prenne plus racine au niveau local. Il veut un festival qui soit un véritable acte culturel. Il veut un festival populaire, de qualité, intelligent…
    La passion avec laquelle il porte son projet, sa grande culture personnelle du jazz, le fait qu’il connaissait ma conception avant de me rencontrer… me séduisent.
    J’ai envie d’aller voir ce qu’est le fameux “Campo-Santo”*, lieu dans lequel se tient le festival ! Notre aventure commune durera quatre ans !

    Je quitte à regret cette direction artistique après le festival 2001 lorsque que la nouvelle équipe en place me présente les orientations qu’elle souhaite donner au festival.
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    * le livre est disponible dans les libraires “Passion Culture” et “Les Temps Modernes”

  5. Je ne comprends pas très bien ces choix. On supprime le bien aimé et intelligent Festival de Jazz et on garde l’artificiel et quelconque Festival de Loire … De même l’on réduit le coût du traditionnel et familial “Embrasement des Tours” de la Cathédrale le 7 mai au soir (son et lumière) pour lui préférer la bruyante boîte de nuit en plein air (baptisée pudiquement “set électro”).

    Grosso modo on sacrifie la culture et on promeut l’ “attraction” car on ne peut même pas à proprement parler de “divertissement” (du moins collectif car certaines adorent sans doute les bateaux amenés sur Loire par camions et d’autres les boîtes de nuit …).

    Orléans c’est de plus en plus une sorte de Disney Land pour jeunes alcoolisés (centre ancien) et populasse abêtie par des attractions sans aucun intérêt … Bientôt le programme Culturel de la Ville va ressembler au programme TV de NRJ12 …!

  6. Je suis né ici. J’ai envie de partir. C’est compliqué à faire, matériellement, mais il n’y a plus rien pour me séduire ici et on ne reste pas dans une ville juste parce que des pavés ont été posés. Ils sont d’ailleurs dans un état inquiétant. Marre de payer autant d’impôts locaux pour au final avoir seulement les services de base, chers et régulièrement défaillants. Merde merde et remerde.

  7. Les Orléanais sont attachés à ce festival et ce serait un énorme gâchis de le voir disparaître.
    Un gâchis d’énergies et de compétence depuis 25 ans pour construire un festival qui aujourd’hui fait la notoriété d’Orléans au niveau national – En matière de notoriété du festival de Jazz d’Orléans, je pense que M. Grouard est parfaitement incompétent en la matière. sans vouloir mettre en concurrence culture et sport, c’est bien M. Grouard et son équipe qui nous font dépenser des centaines de milliers d’euros depuis des années dans une équipe de basket qui ne fait absolument pas d’Orléans, la ville du basket !
    Je crois au contraire que la culture hors les murs des lieux institutionnels comme Orléans Jazz, est à soutenir et à développer. Je suis convaincu que la culture demeure la meilleure source d’émancipation de tous, et que c’est le rôle du politique d’y contribuer.
    Il est triste de voir ce que veut faire finalement l’équipe de M. Grouard après déjà 2 mandats – Outre le fait que rien n’annonçait ces projets dans le programme de campagne de l’équipe Grouard, c’est un no-man’s-land culturel à Orléans que notre maire construit petit à petit.
    Espérons que cette nouvelle marche arrière au niveau culturel marque la prise de conscience des Orléanais !
    Une mobilisation est nécessaire et urgente !!

  8. Restons calmes !!!!
    Bien sûr que les fêtes johanniques sont de tradition orléanaise. Ceux qui veulent comprendre savent qu’il s’agit d’honorer et perpétuer un vœux fort ancien de la population en hommage à leur combattante mystique guidée par un Dieu qui n’appartient qu’à quelques uns. Mais depuis le XV e siècle, de l’eau à coulé dans la Loire et il semble important (aux yeux de certains) de conserver sa mémoire au moins vis à vis d’une population apathique en terme de commémoration positive. (ce sont bien les culottes de peau qui commémorent les millions de morts de la guerre… Tataratata, fermez le ban).
    Blois, comme la rappelle G.P., n’a pas manqué son rendez-vous culturel. Nous, à Orléans trainons un misérable défilé fleurant bon la Troisième République Revancharde. Il eût peut-être été préférable de favoriser, puisque récession oblige, un ensemble de réflexions/séminaire/colloque sur ce phénomène historique dont les mémoires de Régine Pernoud et de certains de ses collègues (faussaires et falsificateurs) devraient être exclus. Cette initiative génèrerai sans doute une aura culturelle plus prestigieuse et moins coûteuse que le sempiternel défilé de musiques mercenaires. Mais ” Panem et circenses” reste un maître sens en terme de politique démagogique.
    Première piste, la pensée et l’intelligence, c’est gratuit !

    Restons calmes !!!!
    Bien sûr que les Orléanais sont des poètes et qu’ils aiment leur Loire. Bien sûr qu’ils préfèreraient se promener sur des quai tels qu’à Briare où l’on peut parler de navigation. Plutôt que de se hâter sur un boulevard sinistre pour rejoindre une “capitainerie” qui ne fleure pas bon les horizons lointains. Sauf peut-être aux jours bien attendus de la “Fête” majuscule. “Et il faudra sans doute beaucoup d’imagination à la ville d’Orléans, pour enrichir le contenu de ses Fêtes de Loire, si la ville veut se donner une image un peu moins passéiste entre gabare, friture et chants de marins…nous dit G.P.” Encore une fois, la nostalgie du XIXe s. masque l’esprit aventureux de nos décideurs (et guides culturels).
    En effet, qui en dehors des dates sacrées comprises dans le calendrier évènementiel de notre belle ville, se préoccupera de donner du sens à ces lieux, donnera à chacun l’envie d’y faire autre chose que de faire pisser le chien.
    Deuxième piste, la poésie ne coûte rien.

    Restons calmes !!!!
    Il est inutile de retracer l’histoire du Festival de Jazz d’Orléans qui bien sûr n’apporte pas la notoriété médiatique attendue avec impatience par notre Mr le Maire. Il est à noter que cette notoriété lui est déjà acquise (page 5 du Canard enchainé du 22 octobre sous le titre “Ton maire en maillot de bain”.
    Bien évidemment, les IBRAHIM MAALOUF / GREGORY PORTER / YOUN SUN NAH / AVISHAI COHEN / TIKEN JAH FAKOLY / WINSTON MCANUFF & FIXI / Daniel Humair / AHMAD JAMAL/AL JAREAU sont des régionaux de l’étape. C’est sûrement pour cela que nos édiles ont pensé que ce festival coûte cher et ne sert à rien.
    Dans l’absolu, un feu rouge ne sert à rien… sauf que.
    La Loire non plus, surtout aujourd’hui, sauf à couler quelques fois dans son lit.
    Un chômeur ne sert à rien… et encore moins s’il est immigré, sauf à creuser le trou de la Sécu…
    Et je serai tenté de dire que la parole ne sert à rien… sauf pour ceux qui s’en servent pour endormir.
    alors comprenons bien que la Musique a du soucis à se faire.

    La parole non plus ne sert à rien

  9. Vous savez quand vous gérez une ville et que vous préférez dénigrer votre population pour avoir votre tête a la télé, c’est que vous n’avez rien a faire la.
    En gros ce que je comprend c’est mieux vaut pas beaucoup de gens qui payent pour un truc qui sera médiatisé et de plus complètement has been (dites moi svp le % de gens qui connaissent le nom de miss France et sa région qu’on rigole un coup) mais ou Grouard peut s’admirer plutôt que des milliers d’Orléanais qui ont enfin quelque chose a faire et qui peuvent un peu profiter d’Orléans la nuit mais ou Grouard n’en obtient que le remerciements des habitants, ce qui ne semble même pas l’intéresser.
    Je vis rue Jeanne d’arc et j’ai eu le malheur de voir le défilé avec un Grouard dépité transpirant la jalousie et traînant un Stephane Bern enjoué et adulé par son peuple… Malgré ses grands sourires a la caméra ce fut vraiment navrant, ça aurait être du être lui que le public acclame pour sa réélection!! Quelle mentalité!!
    L’année prochaine on aura surement quelqu’un qui lui fait moins d’ombre…
    Et puis après on enlèvera la fête de la musique et les fêtes de Loire parce que ça passe que sur France 3..
    Puis quand tout sera arrêté LA ON PASSERA SUR TF1 “Orléans ville de l’ennui, pourquoi ses étudiants partent vers d’autres villes plus agréables et culturelles? Pourquoi les commerces ont complètement été ruinés? Le maire a t il enfin compris que frustrer son peuple va le mener a sa perte?”

    Bon après ce n’est qu’un réflexion personnelle mais en général quand on ne prône pas la culture dans son mode de vie c’est qu’on a très peu et c’est ce que l’équipe de Grouard nous montre exactement ici.

  10. De quelle notoriété parle-t-on ? Ray Charles (1995) Ahmad Jamal ou Earth Wind and Fire, plus près de nous en 2012… Qui était la Miss France 2012 et la miss 1995 alors ? Comment croire que privilégier l’événementiel plutôt bas de gamme d’ailleurs, ringard comme l’élection des Miss ou le côté fête à neu-neu du Festival de Loire, va accroître l’attractivité de la ville, en termes de retombées économiques, d’emploi, d’implantations d’entreprises innovantes ?
    Confondre fréquentation et notoriété, notoriété et attractivité, comment croire qu’un maire d’une capitale régionale soit naïf à ce point. Il s’agit seulement de priorités. A ce propos quelles sont les retombées économiques de l’OLB ? Et entre Limoges et Orléans, qui gagne le match de la notoriété ? et auprès de qui ?

  11. Je suis heureux de voir enfin les retombées de cette triomphale élection municipale !!
    Viva Sergio !! Viva Fritura !! Viva Grassouille, concon et boumboum !!

    VIVA DISNEYLAND !!!!!!

    Le premier qui me lance des cacahuètes quand je sort de chez moi, je le mords !

  12. Cette histoire de notoriété c’est un peu une fausse barbe pour enterrer un évènement que l’on n’aime pas … mais les gouts et dégouts c’est une affaire personnelle avant tout.

    Alors si on est un minimum honnête pour juger la notoriété d’un événement (par exemple un festival de jazz), il faudrait soit être un peu amateur , soit se faire conseiller par d’autres …

    Dire que ce festival est juste “sympathique” avec des artistes du calibre de Gregory Porter, Ibrahim Maalouf ( qu’on a pas vu …), Pat Metheny, Avishai Cohen , Youn Sun Nah … et je ne parle pas de ce qui s’est passé à l’Evêché et sur les scènes Place au Jazz /Nuage en pantalon, c’est vraiment ne rien connaître de la scène jazz actuelle.

    A la fin, on aura tous compris que c’est d’abord une question de sous et que notre maire en veut pour “son” argent qui est d’abord le notre (contribuable).

    Du coup , question ratio coût/image on pourra poser la question de la notoriété apportée par l’OLB , de l’USO foot en Ligue 2, de l’élection de Miss France, de la fête de la St Fiacre, etc.

    Vraiment un beau gâchis …

  13. “Les Orléanais sont attachés à ce festival” . Ce n’est pas flagrant. Peut-être pour une certaine bourgeoisie du centre ville mais allez voir dans les quartiers si les gens ( en bien plus grand nombre qu’au centre ville) en ont quelque chose à faire du festival de Jazz. En plus ce n’est vraiment pas la musique qu’on y écoute.

  14. Attention, quand la culture fout le camp (et ce n’est pas nouveau à Orléans!), les extrêmes se font plus présents. Mais de cela, le premier magistrat de la ville semble l’ignorer.
    Retrouvons-nous cet été à Cheverny le dernier we de juin. Il y a un excellent festival de Jazz et l’an dernier nous avons même pu y entendre Ibrahim Maalouf…

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